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 Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)

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Bøøty
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Date d'inscription : 09/08/2010

MessageSujet: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Jeu 12 Aoû - 21:27

Au-delà de la tombe


(Al-Azif, nom de code du personnage principal, est d'après Lovecraft un mot arabe qui désigne le bruit que font les insectes la nuit et qui serait en réalité le hurlement des démons.)

Je tiens à préciser que le premier récit de l'histoire de Roka ne me plaisait pas énormément et par conséquent je recommence tout depuis le début.


Prologue :

J'ai le coeur lourd et plein de peine.
Entends-tu le gémissement de mon âme ?
La longue plainte d'un esprit qu'on enchaîne.
Entends-tu l'appel de mon être infâme ?
Ô Chérubins, anges, séraphins.
Connaissez vous la peine ? Connaissez vous la mienne ?
Celle qui hante mon être dans ses sombres recoins.
Connaissez vous la peine ? Connaissez vous la mienne ?



Penché sur le corps sans-vie de sa pauvre sœur, le gamin affolé sanglotait tout en passant sa main dans la souple chevelure brune de la défunte. Les petites mains du bambin tremblait et il secouait frénétiquement la tête comme pour nier d'avance. Ses longs cheveux noirs retombait sur son visage terrifié, paralysé par une indicible horreur qui à jamais le hanterait. Dans ses yeux félins, rivés sur la cadavre de celle que la vie avait exilé, se mêlaient l'épouvante, le regret, et la fascination. Cela faisait maintenant deux heures que celui-ci pleurait la disparition de son unique sœur, son unique sœur qui toujours lui avait fait confiance et l'avait aimé, son unique sœur qu'il avait tué sans vraiment le vouloir.

Le sang de cette dernière se répandait sur le plancher et se faufilait entre les lattes de ce vieux bois abîmé de l'ancienne demeure familiale, celle-ci surplombant la plus haute colline d'une forêt sans âge aux pins noueux et rongés par les intempéries continuelles. Au dehors, la nuit, froide et gracieuse chassait les dernières lueurs du jour, le crépuscule semblait annoncer la fin d'une époque heureuse et le prélude à l'ascension d'un âge bien plus sinistre. Quatorze ans depuis peu que le pauvre gamin était sur cette terre, deux heures maintenant, s'étaient écoulées depuis que la mort avait lâchement fauché la vie de celle qu'il pleurait, tout ça quelques minutes seulement avant le retour de ses parents. Tout cela était son oeuvre, il avait pendant un peu plus de deux ans, étudié de vieux grimoires traitant de magies interdites qui avaient causés la perte d'un être qu'il aimait par dessus tout. Pendant plusieurs années il s'était adonné à ce genre de pratiques occultes et défendues, tout ça sous l'oeil attentif de son abominable grand-père, pendant des années il avait fait le dithyrambe de ces apprentissages ésotériques et dangereux. Impliquant sacrifices rituels et autre agissements obscurs.

Elle est morte.
Et rien ne pouvait la faire revenir. Ni les prières qu'il adressait à quelques divinités oubliées, ni les caresses qu'il lui faisait, ni les larmes qu'il versait sur ses plaies. Il était aussi conscient du fait qu'on n'oublierait jamais cet acte affreux, qu'en aucun cas l'amnistie serait une solution à envisager pour ses parents ou bien par n'importe quelle autre personne. Hormis son grand-père qui lui avait fait bien pire, on ne l'oublierait pas. Son visage, convulsé de terreur se pencha alors sur celui de la sœur perdue, et de ses mains tremblotantes il dégagea du minois de celle-ci les longs cheveux qui lui tombait sur le nez et la bouche, découvrant la beauté indicible de la disparue. Puis il l'enlaça dans ses bras et la serra tendrement tandis qu'il mouillait son épaule de larmes. Enfin, lorsqu'il eut fini de lui faire ses adieux, il l'allongea sur le plancher souillé par son sang, et disposa gracieusement ses mains sur sa poitrine à la manière des défuntes reines.
Une étoile s'était éteinte, et celle-ci se nommait Anara, nom qui se rapporte aux astres elles-même. Son sourire était aussi doux que le velours, et ses yeux opalins étaient des perles rares d'une grande valeur. Elle est morte. Et son âme ne s'élèvera jamais plus.

Le gamin devait maintenant se hâter pour fuir avant la tombée de la nuit. Fuir, vite ! Pour qu'on ne puisse pas le prendre sur le fait, fuir avant qu'on s'aperçoive de l'ignominie qu'il avait commise. Aussi, il se hâta de rejoindre sa chambre, une fois dans celle-ci il se muni d'un grand sac de toile souple et le chargea de vivres et de quelques livres qui lui serait indispensable. Notamment de l'incontournable Compendium des ombres, du terrifiant Tome des sorcières, et des affreux Manuscrits ésotériques d'Uwar-Mathil. De son regard impérieux et dédaigneux caractéristique il balaya des yeux son ancienne chambre avant de lui tourner le dos et de rejoindre le salon au milieu duquel la défunte gisait toujours. Il lui jeta un dernier coup d'oeil avant de se diriger vers la porte qui donnait sur le jardin de derrière et l'ouvrit en grand d'un geste violent.
Le vent qui s'engouffrait dans la maison sembla lui apporter une mélodie qui s'élevait dans les airs, celle-ci était mélancolique et amère, semblable à un requiem, semblable à une longue complainte... Bien décidé, il se mit en route et passa la clôture de vieux bois qui séparait sa propriété et le sombre bosquet. Ce dernier soupira longuement et d'un pas résolu il s'enfonça alors dans cette forêt inquiétante, sur lequel l'épais voile obscur de la nuit planait mystérieusement et semblait balayer la terre de ses yeux vicieux et cruels. Il était préférable pour lui d'éviter les routes, pour que personne n'en sache trop sur les chemins qu'il avait empruntés. Seule la lumière de la lune l'aidait à se repérer à travers ce bois obscurcit par les ténèbres profondes de la nuit. Les arbres, eux, ressemblants à des vieillards courbés, semblait lancer leurs branches griffues sur ce taciturne paria déjà torturé par le destin. D'un geste d'une nonchalance apathique et d'un dégoût prononcé il repoussa les branches et poursuivit sa route, tout en tendant l'oreille.
Au loin, un cri se fit entendre, un cri dans lequel se mêlait le désespoir et la tristesse, celui-ci s'éleva dans les airs, se tordit et résonna dans le bosquet, se mêlant à la douce mélodie qui continuait toujours. Le garçon ne se retourna point, il en savait trop sur l'origine de ce hurlement. Il accéléra machinalement le pas. La traque allait commencer, et celui-ci allait être la proie.
ACTE I : Abyssus Abyssum Invocat
Chapitre I : Déchéance

Les plus grandes faiblesses dont l'homme est la proie sont sans aucun doutes la confiance et la charité. Un homme qui à notre époque veille minutieusement à exalter la défiance et la cruauté, doit se voir un jour récompensé d'une puissance et d'une gloire incommensurable.
Par Emmet Noirbois.


L'étrange mélodie continuait, et l'enfant en déroute l'écoutait avec une stupéfaction grandissante. Surnaturelle et angélique, celle-ci s'élevait, et tout le monde semblait avoir prit un moment pour se taire et l'écouter. Celle-ci s'intensifiait et des sons d'autres instruments se firent entendre. Cela se rapprochait des percussions et des instruments à vents, leurs sons étaient cependant très différents de ceux qui existaient déjà. Puis celle-ci s'arrêta net. Les criquets se remirent alors à hurler. Les corbeaux, depuis les hautes cimes des arbres reprirent leur concert infernal de croassements. Et le vent se remit à siffler tranquillement.
Le jeune homme lui s'était perdu au beau milieu de cette forêt dense, et comme si cela ne suffisait pas, un énorme nuage se préparait à passer devant la lune, dernier rempart face aux ténèbres intenses de cette nuit sinistre. La symphonie qui s'était stoppée quelques instants reprit et triompha des hurlement des animaux éveillés, toujours aussi douce et apaisante bien que triste, celle-ci semblait être émise par la beauté même.

Spontanément il se dirigea vers l'endroit d'où provenait cette magnifique mélodie, et, plus celui-ci se rapprochait, et plus celle-ci devenait attirante et harmonieuse. Cela faisait maintenant près de dix minutes qu'il se dirigeait sans vraiment le vouloir vers le lieux d'où provenait ce chant d'un autre monde. Sa volonté l'avait complètement abandonné, ses jambes n'obéissait qu'au rythme de la mélodie qui devenait plus envoûtante, plus troublante, plus douce à ses oreilles. Et, lorsque celui-ci retrouva ses esprits il se trouvait à la lisière de la forêt, face à une vaste clairière au milieu de laquelle un grand feu était allumé. Tout autour de ce gigantesque braséro, des hommes et des femmes encapuchonné et vêtus de longues robes noires tournaient, chantaient et dansaient autour de celui-ci tandis que d'autres, assis en tailleur, tenaient dans leurs mains d'étranges instruments semblables à de longues flutes d'un bois ébène, ainsi que de gros tambours. L'enfant se souvint soudain des rumeurs qui circulaient. En effet, on racontait que le soir venu, la forêt devenait dangereuse; que des sorciers et des sorcières, sortaient de leurs logements pour rendre hommage à d'étranges divinités. Lors de ces cérémonies païennes, les ensorceleurs sacrifiaient du bétail et on avait déjà retrouvé des restes humains sur de vieux autels, érigés en faveur de ces dieux maléfiques.

La musique devint subitement plus démoniaque et gênante. Le rythme devenait de plus en plus rapide tandis que les sorciers poursuivait leur rituel autour du feu de joie. Une sensation étrange envahit le corps du gamin fasciné par cette étrange messe noire. La fumée émise par le braséro, elle, devenait de plus en plus épaisse et grandissait à vue d'oeil. Dans celle-ci semblait se dessiner d'étranges formes qui grimpaient doucement vers la voie lactée. Puis, lorsque celle-ci fut bien haute dans le ciel, il sembla se découper dans cette fumée âcre une forme singulière. Notre vocabulaire serait bien trop faible pour en faire une description acceptable, mais on aurait dit une énorme sphère noire dans laquelle s'ouvraient d'énormes gueules qui se mettaient à bêler des phrases dans une langue complètement inconnue, et qui ressemblaient plus à un appel ou à une complainte qu'à autre chose.
-"Vhu zha sheud abssoss'zry-hy-hy-ya !" Hurlait-elle avant d'être imitées par l'attroupement de sorciers.
Ces cris atroces déchirèrent la nuit et se mirent à résonner de manière surnaturelle dans la clairière et dans le bois. La peur saisit alors le gamin au cou qui s'effondra sur l'herbe humide. Cet événement ignoble et démoniaque défiait toute manifestation "naturelle". La forêt, une fois encore s'était tut tandis que l'incantation diabolique continuait sans s'arrêter, et que l'ombre du désespoir s'abattait sur le bosquet en proie à une ineffable panique. D'énormes tentacules jaillirent des gueules de l'entité qui poursuivait ses cris atroces, semblables à de colossales langues rouges et difformes celles-ci se tordaient et s'agitaient comme animés par le tempo de la musique d'un autre monde.

L'horrible créature aux milles et unes gueules s'arrêta brusquement de bêler, et un énorme oeil s'ouvrit au milieu du "corps" de celle-ci. La pupille noire du monstre hideux scruta quelques instants l'horizon avant de poser son regard sur le marmot qui gisait conscient sur le sol. A la grande surprise du gamin, l'aberration de feu et de fumée devint de plus en plus mince et imperceptible avant de s'effacer complètement dans la braséro. Un silence de mort retomba sur la plaine qui se remettait à peine des événements.
Complètement perturbé par cet incident démoniaque, le garçon ferma les yeux un instant, et, avant de s'évanouir il se souvint juste de bruits de coups de feu et d'hurlements de panique et de rage comme :
-"Crevez ! Saleté de bâtards !"
Puis les ténèbres, et rien de plus.

Lorsqu'il s'éveilla, il était dans un lit inconfortable d'un hôpital insalubre et empestant la sueur. Trois personnes étaient penchées sur lui, dont son père Nathaniel, sa mère Ezenathe et un homme portant une longue moustache noire et fine et vêtu d'un costume élégant.
-"Te voilà enfin debout, mon fils !" S'exclama sa mère, les yeux pleins de larmes.
-"Hm.. M'oui..." Marmonna le jeune garçon abasourdit.
Avant que quiconque puisse ajouter quoi que ça soit l'individu à la fine moustache dit d'un ton sec :
-"J'ai quelques questions à te poser, mon enfant." Puis il ajouta "En privé, si possible."
Nathaniel et Ezenathe quittèrent les lieux et laissèrent leurs fils seul avec le bonhomme.
-"Bien". Fit-il en sortant de sa veste de cuir un petit calepin et de tremper une longue plume dans un petit pot d'encre. "Tu te souviens des événements d'hier soir ?"
Le gamin secoua machinalement la tête.
-"Pas même de ce qui est arrivé à ta soeur ?"
-"Si, enfin, j'étais dehors quand c'est arrivé." Rétorqua le garçon.
-"Je vois. Oh ! Mais quel imbécile je fais, je ne me suis même pas présenté. Mon nom est Alrick, je travaille pour la police en quelques sortes. Et le tiens, quel est-il ?" Questionna le dénommé Alrick.
-"Je réponds au nom de heu...." Le jeune homme hésita quelques instants et se souvenant de ces lectures il ajouta "Au nom d'Al-azif."
-"Peu commun, c'est pas ce que m'ont dit tes parents... Bref. Qu'est-ce que tu faisais à la lisière de la forêt ?" Demanda Alrick.
-"Je... J'en sais rien." Répondit Al-azif tout en mettant ses mains sur son visage blême.
-"Je vois." Marmonna Alrick tout en griffonnant sur son bloc-note. "Et le sac que tu avais avec toi ? Ca faisait un bout de temps que tu te trimballais avec ça ? Tu es au courant de l'illégalité des écrits que tu avais sur toi, mon bonhomme ?"
Al-Azif se tut un instant puis déclara : "Le sac je l'ai pris quand j'ai entendu qu'il y avait du grabuge dans le salon de notre maison, vous auriez fait la même chose de toute manière alors vous n'avez pas à me blâmer pour ça. Et pour ce qui est des livres on me les a légués."
-"Tu m'avais pourtant dit que tu n'étais pas présent au moment des faits, mon bonhomme." Déclara Alrick, l'air grave.
Al-Azif souffla longuement et jeta un regard dédaigneux à l'homme qui se tenait en face de lui.
-"Bon, écoutez, je ne me souviens plus des faits. En outre je ne suis pas votre bonhomme et j'ai horreur qu'on me tutoie." Rétorqua froidement le garçon.
-"Ton sommeil a été légèrement agité, tu le sais ? Tu as marmonné des tas de trucs. J'ai tout noté sur mon calepin. Tiens." Fit-il en lui tendant le carnet.
Le jeune homme lisait avec un étonnement croissant les lignes prestement rédigées par cet espèce d'inspecteur fouineur. Plus il avançait dans cette lecture plus vite son coeur battait. Dans les écrits revenaient sans cesse une phrase énigmatique et qui en disait long :
Pardonne moi, Anara, je m'en veux de t'avoir tué.
Et celle-ci était inscrite une bonne dizaine de fois.
-"Alors ? Tu en dis quoi gamin ?" Reprit Alrick sur un ton désobligeant.
-"Où sont mes livres ?" Demanda spontanément Al-Azif sans tenir compte de la question.
-"Ils sont dans mon bureau." Déclara Alrick en jetant un coup d'oeil furtif à un grand rideau d'un bleu turquoise.
Le jeune garçon, doué d'intelligence, en déduit que celui-ci avait passé une longue nuit accablante et que par conséquent il avait oublié de les apporter à son bureau, et les avaient dissimulés quelque part derrière le long rideau.
-"Tu en dis quoi, gamin ?" Répéta Alrick.
Al-Azif, analysa rapidement la situation. Il était évident que si ses parents n'avaient pas été informés, ça ne tarderait pas. En outre, l'homme qu'il avait en face de lui était de toute évidence nouvellement arrivé au sein des services de police puisqu'il ne l'avait jamais vu. De ce fait il était fatidique que celui-ci tente d'attirer l'attention sur lui. Pourquoi pas avec une affaire résolue par exemple ? Et pour ce faire cet Alrick allait nécessairement vouloir être à l'origine de tout ce qui allait se dérouler.
-"C'est vrai, en effet. J'ai tué ma soeur." Dit astucieusement Al-azif avant d'ajouter "Mais je me dois de le dire moi-même à mes parents."
-"Hop ! Hop ! Hop ! Tu crois aller où comme ça bonhomme ? Je vais leurs dire moi-même, tu ne bouges pas. Et rends moi mon carnet !"
Puis celui-ci se mit debout et se dirigea vers la porte de sortie tout en se retournant régulièrement. Le guignol à la moustache partit il fallait agir. Aussi, il se mit debout et se dirigea vers le grand rideau qu'il tira violemment. Il y avait derrière ce tissu de toile bleutée une énorme étagère sur laquelle un grand sac était grossièrement disposé. D'un geste rapide il le saisit et avança vers la fenêtre grande ouverte placée au fond de la chambre.
Moins de trois mètres le séparait du sol, et pressé par le temps, ce dernier décida de tirer profit de cet avantage. Sans l'ombre d'une hésitation il sauta et réussi à retomber de manière admirable. Puis il se retourna, adressa un dernier coup d'oeil à cet hùpital à l'état exécrable et esquissa un sourire avant de se mettre à détaler comme un fou en direction du bois. La fraîcheur du soir envahissait le petit village. Une nouvelle fois, un cri s'éleva, dans celui-ci se mêlait la tristesse, l'horreur et la déception. Une première fois il avait réussi à tromper ses parents et les autres villageois, cependant il n'aurait plus le droit à une seconde chance. Comme à son habitude il esquiva les routes, et accéléra machinalement le pas, s'enfonçant à nouveau dans les profondeurs ténébreuses de ce dangereux bois.


ACTE I : Abyssus Abyssum Invocat
Chapitre II : Ferments de Démence

L'ignorance, elle seule, est préservatrice de la sainteté d'esprit. La folie n'est que l'aboutissement d'une accumulation de savoirs anciens trop difficiles à supporter pour le faible esprit de l'homme.
Par Roka Noirbois.

Le ciel, chargé de lourds nuages diffusait les dernières lueurs du jour qui s'efforçaient de subsister quelques instants face aux imposantes ténèbres de la nuit qui se déversaient. Les nuages prenaient la fuite, comme si eux aussi étaient terrifiés par l'avancée de l'obscurité. Plus que jamais la région tremblait, en proie à une horreur fantastique et à un mal épouvantable qui frapperait bientôt la terre. Tableau chimérique pour qui est à la recherche des horreurs oubliées. Malgré l'ambiance terrifiante qui aurait pu faire frémir les plus courageux des héros, la forêt était étrangement calme. Les serpents étaient rentrés dans leurs trous, les corbeaux faisaient silence et les criquets en avait fait autant. Les arbres guettaient la forêt, dans l'attente d'un événement tragique et fatidique.

Un épisode, cependant, vint rompre le calme infernal du sombre bosquet. En effet, un jeune homme bondit hors des fourrés et se mit à détaler comme un diable en proie à une peur ineffable. Sillonnant à grandes enjambées l'immense forêt. Il haletait et suait à grosse goûte. Les branches le giflaient, les racines le griffaient, le vent impalpable semblait lâchement le huer tandis que le misérable homme poursuivait sa course effrénée. Soudain, celui-ci trébucha sur un tronc d'arbre rongé par les termites et fit une chute affreuse. Il se heurta à quelques pierres, roula le long d'une pente avant de tomber dans un petit lac peu profond, faiblement éclairé par la lueur de la lune prisonnière des ténèbres. Le jeune garçon émergea difficilement de l'eau, étrangement celle-ci semblait collante et poisseuse, et était teintée d'une étrange couleur noirâtre qui lui donnait un aspect hideux. Des bulles d'un gaz étrange s'échappait de ce bassin noir et abject dont l'étrange substance lui collait à la peau, et que la gamin s'efforçait de retirer.

Mystérieusement, cette substance ignoble semblait avoir sa propre volonté, comme si celle-ci était vivante et pouvait à n'importe quel moment l'engloutir, et pour cause, le mouvement de ce liquide défiait toute conception naturelle, de temps en temps celui-ci s'agitait, bouillonnait ou se mettait à remuer dans tout les sens et sans aucune logique. Le bambin redoubla d'effort pour s'extirper hors de cette flaque immonde et rejoindre la berge sur laquelle il prit un moment pour s'allonger. Depuis le temps l'alerte avait sans doute été donnée et par conséquent on avait lancé des chiens et des chasseurs à ses trousses. Il se demandait maintenant si se rendre n'était pas la meilleur chose à faire, c'était ça ou vivre une vie de paria. Il avait tuer, et il allait recommencer, car c'est ainsi que ça commence, car c'est en tuant qu'on salit une âme, ça lui plaisait peut-être au fond. Il avait ressentit un sentiment nouveau devant le cadavre de sa soeur, la fierté, la puissance, le fait de savoir qu'il avait le droit de vie ou de mort sur les individus les plus faibles. Au fond de lui il avait toujours ressentit ce besoin, ce besoin de tuer. Si on lui demandait il avouerait tout, qu'aussi loin qu'il se rappelle il avait toujours rêvé de le faire et que maintenant il l'avait fait. C'était comme un appel, un murmure insidieux qui l'avait poussé à ça, même si il ne l'avait pas vraiment voulu dans un sens.

Il soupira longuement puis se releva, près à se remettre en route, il savait que la seule personne qui serait prête à l'amnistier était son grand-père, un homme taciturne, réservé et qui selon les rumeurs était un sorcier à demi-fou ou érudit. C'était un grand homme plutôt mince, il avait une longue barbe noire et broussailleuse semblable à un tissu de vieilles feuilles mortes, et d'épais sourcils en bataille. Il était voûté, comme certains arbres menaçants et ses longs doigts desséchés faisaient penser à de longue brindille. Outre le fait d'avoir un physique repoussant il avait une personnalité ombragée et assez sinistre. On le considérait comme un sorcier très compétant qui avait mal tourné et c'était intéressé aux secrets des magies les plus noires qui soient avant de sombrer dans la folie.
Il répondait au nom d'Emmet Noirbois, et habitait une magnifique demeure quelque part entre les ombres de cette sinistre forêt. Le jeune homme se releva et inspecta le grand sac de toile qu'il avait toujours avec lui, fort heureusement pour lui, les livres et autres manuscrits étaient en parfait état. Ils lui avaient été offert par son affreux grand-père qui lui même tirait sa puissance de ceux-ci, ils étaient rares et avaient presque tous été brûlés lors des grands autodafés, car ils entraînaient souvent la folie chez le lecteur et qu'ils étaient pour certains les quintessences des ouvrages démoniaques qui existent actuellement en ce monde. Machinalement, le môme se remit tristement à sillonner le lugubre bosquet, levant régulièrement la tête vers la voie lactée pour contempler les astres brillantes.

L'obscurité étendait sa domination partout dans la région, et il était maintenant difficile de voir devant sois. Les yeux verts poisons du jeune garçon étaient comme deux lanternes inquiétante qui brillaient d'un éclat terrifiant semblables à ceux d'un serpent sournois. Tout chez cet individu semblait se rapprocher du reptile, de sa manière précaire de se déplacer, à son caractère fourbe et traître. Roka Noirbois était son nom, il était un jeune adolescent plutôt taciturne et particulièrement précoce bien que légèrement gagné par une folie qu'on qualifiait d'héréditaire qui gagnait environ une génération sur deux. C'était un jeune homme de taille moyenne, pas vraiment musclé, discret et flegmatique avant tout. Son visage était doux en quelques sortes, mais il avait cependant quelque chose d'inquiétant.

Après une longue marche ce dernier se retrouva au beau milieu d'une minuscule clairière dans laquelle on avait édifier de grands blocs de pierre noire, ils étaient au nombre de cinq et se dressait fièrement. Ceux-ci étaient disposés sur de grand disques taillés dans la roche et sur lesquels étaient gravés des inscriptions très insolites rédigées dans notre langue mais semblants appartenir à un langage complètement étranger. Comme poussé par une force invisible et irrésistible il lut naïvement ces écrits à voix haute avant qu'un prodigieux événement ne se produise. En effet, un vent glacial se mit à souffler accompagné par un chant abyssal et inquiétant, similaire à celui de la nuit dernière celui-ci semblait provenir du terrible cosmos inexploré. Spontanément Roka leva tête vers les cieux et fut gagné par une peur sans nom lorsqu'il découvrit que dans la voie lactée s'ouvrait une immense faille dans laquelle se découpait deux yeux jaunes qui semblaient l'observer. Au loin on entendait un concert de hurlements de chiens succombant à la panique. Et le jeune garçon, paralysé par une indicible épouvante ne pouvait exécuter aucune action si ce n'est contempler avec horreur l'entité innommable qui le fixait de ses yeux jaunes luisants !


Journal d'un certain Al-Azif, retrouvé dans la maison carbonisé d'Emmet Noirbois après une opération militaire

C'est sous l'emprise d'une peur sans nom que j'écris ces lignes, je me souviens à peine de la nuit durant laquelle j'ai fuis mon village. Et même si je tentai de raconter ne serait-ce qu'un fragment de mon aventure celui-ci serait bien trop médiocre pour que quiconque puisse imaginer ce que j'ai réellement vécu. Notre vocabulaire est bien trop faible pour que je puisse vraiment détailler, je me souviens juste que mes cris ont attirés ceux qui étaient à mes trousses. Que j'ai fermé les yeux et que j'ai dû m'évanouir tant le poids de la peur sur mon âme était lourd, et que lorsque je les aient rouverts j'étais dans une des minuscule chambre de la demeure de mon grand-père. Et, je distinguais avec une épouvante singulière que tous les murs autour de mois jonchaient de tableau effrayants, sur lesquels étaient représentés une entité que j'avais cru apercevoir pendant ma stupéfiante aventure, et ces toiles étaient peintes avec les seules couleurs de mes cauchemars ! Récemment, je ne me reconnais plus, et mon reflet lui-même me fait peur. J'écrirai plus tard, quand j'en aurai le temps. Je suis si fatigué....

ACTE I : Abyssus Abyssum Invocat
Chapitre III : L'ordre occulte de Shudd-Abthoth

"A ce moment-là, les hommes seront devenus semblables aux Anciens : libres, farouches, au-delà du bien et du mal, rejetant toute loi morale, s'entretuant à grands cris au cours de joyeuses débauches. Les Anciens délivrés leur apprendront de nouvelles manières de crier, de tuer, de faire bombance ; et toute la terre flamboiera d'un holocauste d'extase effrénée. En attendant, le culte, par des rites appropriés, doit maintenir vivant le souvenir de ces mœurs d'autrefois, et présager leur retour."
Howard Philips Lovecraft

Un rayon de soleil traversa la longue fenêtre de la petite chambre à coucher, et se posa sur la tête du gamin qui commençait à peine à émerger. Celui-ci commença par se frotter frénétiquement les yeux avant de s'asseoir sur le confortable matelas. Il ne prit conscience de l'endroit dans lequel il se trouvait qu'après un certain temps. Cependant il ignorait depuis quand il était là, pourquoi, et surtout comment s'était-il retrouvé ici. Des bribes de souvenirs lui revinrent petit à petit en mémoire. Il se souvenait juste d'un chant suivit de hurlements, puis de deux lueurs, deux lueurs jaunâtres qui lui avait fait perdre connaissance. Le seul fait de se remettre en mémoire ces fragments de son extraordinaire aventure lui fichait un affreux mal de tête. Comme si cela demeurait interdit. Aussi il ne chercha pas à persévérer à fouiller dans sa tête en quête de quelques indices qui pourraient le mettre sur la voie. Au dehors le disque solaire accroché dans le ciel bleu brillait, annonçant le début d'une belle journée.

Le jeune homme grommela quelque chose avant de se mettre debout face à la longue fenêtre. Un inquiétant paysage s'étendait devant lui. C'était un vaste bosquet composé de grand arbre gris et voûtés, semblables à d'immenses vieillards cruels. L'herbe, elle aussi, était légèrement cendrée, comme si elle avait était brûlée par quelques hordes barbares. Le soleil, malgré son éclat étincelant, ne parvenait étrangement pas à percer les ténèbres du bois. Il ne distinguait presque aucune traces de vie humaine ou animale dans ce sinistre décor, la nature semblait avoir reprit le dessus. Hormis quelques rares fermes escaladants les collines, faites d'un matériau sombre, et dont les hautes cheminée vomissaient une légère fumée grise; ou de petites grottes incrustées dans les montagnes qui bordaient la région; -et qui servaient sans doutes d'abris à de vieux ours ou à une meute de loups sauvages- rien ne semblait trahir signes de vies.

Puis son regard se posa sur la propriété dans laquelle il logeait. Elle semblait être, d'après ce qu'il pouvait voir de sa fenêtre, un grand, un immense manoir. La maison devait bien être haute de quinze à vingt mètres et comporter au moins trois étages sinon plus. Celui-ci s'élevait, droit et fier, semblable à une haute citadelle. Posée au sommet d'une majestueuse colline sans âge, pareille au dos arqué d'un chat affolé.
La demeure était entouré de longues barrières métalliques semblables à des crocs acérés de quelques animaux sauvages. Celles-ci étaient rongées par la rouille mais elles semblaient avoir été, dans un passé lointain, peintes en noir ou en gris.
Le regard du garçon se perdit dans le jardin, distinguant quelques plantations et ouvrages agricoles ainsi qu'un cabanon délabré et une mince route de pierre blanche qui menait au portail principal.
A l'instar des grands grillages celui-ci avait quelque chose d'inquiétant, les barreaux qui le composait étaient étroits et souillés, certains avaient même été tordus, malgré leur aspect solides. La route, sinueuse, s'égarait dans la forêt angoissante et étouffé par la puissante étreinte de l'obscurité. C'était un étrange tableau, insolite certes, mais particulièrement beau à sa manière. Il était semblable à quelques magnifiques toiles de peintres fous et talentueux que la démence avait frappé alors qu'ils cherchaient l'inspiration et que la vie avait décidé d'exiler, mais qui demeuraient gravés dans la mémoire de certains individus.

Un élément cependant apportait à cette mystérieuse peinture un ton effrayant. Pourtant, c'était quelque chose de très courant et qui n'avait rien de terrifiant en soi, mais il y avait quelque chose, en lui, de suspect. C'était un petit puits de pierres grises et blanches recouvertes d'un lichen qui escaladait les roches empilées les unes sur les autres. Ce dernier se situait à l'extérieur de la propriété, à environ une trentaine de mètres du portail. Quelque chose attira l'attention de Roka, il n'y avait ni installation de bois à son sommet afin d'empêcher les impuretés de passer, ni seaux, ni rien. Il semblait abandonné alors que son état était plus que bon.
Le môme se dit alors que c'était sans doute dû à l'épuisement des eaux ou bien au fait que celles-ci soient non-potable. Bref. Ennuyé, il se décida enfin à détacher son regard du puits et manqua de tomber à la renverse en constatant avec une épouvante sans nom que sur les murs de la petite chambre à coucher étaient accrochés quelques tableaux terrifiants. Ceux-ci représentaient d'innommables entités difformes, toutes plus repoussantes les unes que les autres. Décrire ces monstruosités hybride mi-homme mi-animale était tout simplement impossible. C'était des représentations cauchemardesques d'aberrations chimériques sorties d'un ténébreux gouffre le folie. Depuis combien de temps il contemplait ces choses affreuses, il l'ignorait, il demeurait immobile, comme en proie à une indicible horreur oubliée, comme la victime d'un terrible cauchemar éveillé.
La porte de la pièce s'ouvrit en grand, et un vielle homme barbu entra en adressant un grand sourire à Roka qui reprenait tout juste sa respiration.

-"Bien dormi ?" Lança-t-il tout en prenant le jeune garçon par l'épaule.
Le gamin jeta d'inquiets coups d'oeil partout autour de lui avant de répondre dans un sifflement :
-"Heu oui, oui, grand-père. Tout était parfait."
Le timbre de sa voix trahissait un sentiment contradictoire que le vieillard perçu sans pour autant s'attarder à lui poser d'autres questions, il lui fit juste signe de le suivre et l'entraîna hors de la pièce.
Roka se retrouva dans un long couloir dont les vieilles lattes de bois craquaient sous ses pas. Sur le plancher était disposé un magnifique tapis effiloché admirablement bien tressé. Il y avait trois pièce en tout dans le couloir, y compris celle dans laquelle logeait Roka, et un escalier de bois qui donnait sur un salon au rez-de-chaussée.
-"Allez, par ici." Fit Emmet tout en descendant lentement les escaliers. "Le déjeuner va être servi d'ici quelques minutes, en attendant j'ai à te parler."
Le jeune homme emboîta le pas, il traversa le grand salon dans lequel une longue table avait été dressé, et pénétra dans une salle adjacente parsemée de bibliothèques.
-"Tu as vécu des choses difficiles, Roka, et c'est pourquoi tu es ici, mon enfant."
Le garçon demeura silencieux, tandis que son grand-père poursuivait de sa voix morne et inquiétante.
-"On t'a chassé de chez toi parce que tu en sais trop. Trop sur la magie. Magie qui a coûté la vie de ta soeur. Et oui les nouvelles vont vite par ici." Il s'arrêta un instant. S'assit sur une longue chaise de bois magnifiquement fabriquée puis reprit. "Je suis le seul sur qui tu peux compter. Comme une bouée qui t'ai jetée alors que tu te noie dans l'océan. Tu as pris goût à la magie, Roka, tu le sais. Tu sais aussi que maintenant ça va te torturer, ton corps va en demander plus, plus encore. Et pour faire taire ça il faut lui offrir cette magie. Je peux t'aider, je peux t'apprendre. Je peux te montrer qui il faut servir pour acquérir le pouvoir, comment il faut les honorer."
Le jeune homme ouvrait de grands yeux ébahis et restait toujours sans voix.
-"Je vais te montrer les arcanes de la magie, tu apprendra à la maîtriser, à t'en servir pour plier tes adversaires à ta volonté, pour tout tes desseins..."
Une cloche tinta doucement, annonçant que le déjeuner était désormais servit.
"Nous parlerons de tout ça après le souper. J'ai des invités aujourd'hui, fais moi honneur. Ah et je vais aussi t'apprendre à te comporter comme un gentilhomme, les Noirbois sont une famille noble. Mais tes parents font exception à ça." Ajouta-t-il avant de se diriger vers le salon.
En effet, une bonne quinzaine de personnages, hommes comme femmes venaient d'entrer dans la pièce et commençaient à prendre place. Toutes races confondues; du nain à l'elfe, de l'humain à l'orc, du troll au gnome... Bref. Tout le monde prit place sans vraiment remarquer Roka qui s'était docilement posé sur une chaise. Rien ne semblait vraiment unir l'étrange assemblée, si ce n'est un habit identique que tous portaient et sur lequel était dessiné un oeil blanc sur un fond noir; et qui devait leurs servir d'emblème ou de blason.
Au bout d'un long moment, lorsque chacun eut fini son repas, Emmet Noirbois se mit debout et annonça la chose suivante :
-"Camarades, nous avons l'honneur d'accueillir parmi nous quelqu'un que j'affectionne particulièrement, mon petit-fils, Roka Noirbois."
Puis d'un geste de la main il désigna le jeune homme et poursuivit : "Il a lâchement été chassé par sa famille il y a quelques jours de cela et repoussé par les habitants de son village. C'est ici son seul refuge et il semble être un jeune sorcier qui souhaite aiguiser sa connaissance de la magie. Aussi, je pense qu'il serait envisageable de l'intégrer dans notre organisation. Je vous rassure il est quelqu'un de particulièrement doué et qui ne recule devant rien, ou presque."
Les voix des personnes présentes s'élevèrent, il semblait que nombreux était-ceux qui s'opposait à son admission au sein de l'organisation en question. Pourtant, Emmet les calma d'un geste de sa main et annonça que de toute manière il avait prit sa décision, que Roka passerait le test. Il semblait qu'Emmet était le leader de cette organisation, car lorsqu'il parlait les autres faisaient silence et buvaient ses paroles, aussi sa décision était incontestable.
-"Bon, allons-y." Fit une jeune femme avant de se placer derrière Roka et de lui nouer un bandeau sur les yeux.
Ses autres sens éaient en éveil, à en croire ce qu'il avait senti et entendu et les odeurs mystérieuses qu'il avait sentit, il était sous terre, dans une crypte ou une cave, accessible depuis la maison à en croire son ouïe.
On lui ôta le tissu des yeux et il put distinguer qu'il était dans une salle sombre, faiblement éclairée par des torches et de courtes bougies, dont les flammes dansantes vacillaient dangereusement. Les murs, eux, étaient fait de grosses pierres froides, grisâtres et noires. A la place des fenêtres il y avait de magnifiques vitraux colorés, représentant quelques créature difformes et, rarement, quelques hommes qui semblaient les implorer.
Une table d'un matériau inconnu était disposée au centre de la pièce et tout autour de celle-ci se tenaient des individus encapuchonnés. Tous les regards étaient posés sur lui. Il se tenait seul, face à cette assemblée de personnages tout à fait inconnus. Un silence de mort régnait dans la pièce et pire encore, Roka ignorait totalement ce qu'il devait faire.
"Bien, nous sommes réunis ici pour accueillir parmi nous un nouveau membre." Fit une voix, brisant le silence. "Selon moi, poursuivit la voix, il est parfaitement apte à intégrer l'ordre. Il a réussi à acquérir de solides bases en matière de magie noire, et d'occultisme, je donne donc un avis favorable à son admission."
-"C'était pas le froussard de la nuit dernière ? Ce petit morveux a fait un malaise en apercevant Kalgolath, non mais sans rire on peut pas permettre ça. Il en a même trop vu selon moi." Rétorqua froidement un autre.
-"Il marque un point là." Ajouta un individu à la voix grinçante.
-"Silence !" Reprit le premier en frappant sur la table. "Rares sont ceux qui sont en mesure de soutenir le regard avec ceux que nous servons. Ils les craignent parce qu'ils sont différents, aberrants pour certains. Ils défient les idées que certains se font de l'épouvante, ils prouvent à tout le monde que les véritables horreurs ne résident pas dans l'imagination, mais dans notre univers. Maintenant, si vous n'avez rien d'autre à ajouter j'exige que vous occupiez des serments."
Certains grommelèrent un peu mais ils finirent par s'exécuter. Quelqu'un lui fit alors signe de s'approcher. Le jeune homme s'exécuta et s'approcha lentement de celui qui l'invitait à le rejoindre. Lorsqu'il fut assez près, le fanatique esquissa un geste de la main pour lui signifier qu'il pouvait s'arrêter.
-"Promets-tu, Roka Noirbois, de servir aveuglement, d'obéir à tes supérieurs sans contester ?" Questionna enfin celle qui se trouvait devant lui. Sa voix était douce et cruelle, chaque son de celle-ci semblait rebondir mystérieusement contre les murs avant de parvenir aux oreilles du garçon.
"-Je le promet." Bégaya le jeune homme.
-"Es-tu prêt, Roka Noirbois, à tuer si on te l'ordonne ou si l'un de nous est en danger ?"
-"Je suis prêt."
-"T'engages-tu, Roka Noirbois, à donner ta vie si cela est nécessaire ?"
-"Je m'y engage."
-"Assez !" Coupa un autre. "Il ignore tout ! Il ne sait pas qui nous servons, ni pourquoi, c'est trop !"
Il y eut quelques approbations et à nouveau un silence stupéfiant retomba sur l'assemblée.
-"En effet, fit Roka, j'en sais peu sur vous. Mais même si j'en sais peu j'en ai déduis que vous formez une organisation secrète, une secte peut-être. En outre il est évident que comme nombreuses sectes vous aspirez à l'obtention de pouvoir ou à quelque chose qui s'en rapproche. D'autre part vous avez prononcé tout à l'heure le nom de Kalgolath, c'est une entité très peu connue à laquelle Uwar-Mathil fait tout de même allusion dans ses écrits. Les vitraux représentent des créatures méconnues de nombre d'individus, cependant elles me font penser à des descriptions d'êtres anciens, descriptions que l'ont peut trouver dans le Compendium des ombres et dans les Manuscrits ésotériques. Livres que vous possédez dans votre bibliothèque. A part ça, je ne sais rien d'autre, je l'avoue."
On dévisagea longtemps le jeune garçon. Certains semblaient stupéfaits, d'autres réticents bien que surpris. Bien qu'un abîme séparait les sectateurs érudits du jeune garçon novice, tous ne purent s'empêcher de se dire qu'il était particulièrement avancé. Enfin, l'un des membre déclara :
-"Notre organisation se nomme L'ordre occulte de Shudd-Abthoth, elle est une secte secrète aspirant au retour d'une entité enfermée il y a longtemps par ses ennemis et scellée dans une prison magique. Certains pensent qu'il est un des anciens dieux terrassés par les titans il y a fort longtemps, d'autres affirment qu'il est sans doute un de leur serviteur. En échange de sacrifices et de rituels Shudd-Abthoth nous offre le pouvoir, le savoir, la magie. Quand viendra l'heure de son retour, tous constateront avec une effroyable évidence que l'espoir n'est plus, et n'a peut-être jamais été. Ca sera un changement majeur dans l'histoire de l'univers, la fibre même de la nature sera modifiée. Et, NOUS, serons exaltés auprès du maître et de ses serviteurs. L'immortalité nous sera accordée et nous vivrons pour toujours, dans l'ébahissement et la gloire !"
-"Mégalomane." Pensa le garçon avant d'afficher un rictus et de leur déclarer une dernière fois : "Je suis prêt."
Les sectateurs ôtèrent leurs capuches et lui souhaitèrent tous la bienvenue. Bien que les visages de certains étaient plus que méprisants. Mais ça n'avait pas d'importance. Pour la première fois de sa vie on l'acceptait comme il était. On acceptait sa méchanceté, on acceptait son âge, son ironie, on acceptait sa fourberie et sa magie noire. Il était chez lui.
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Bøøty
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Jeu 12 Aoû - 21:29

ACTE I : Abyssus Abyssum Invocat
Chapitre IV : Carpe Diem


-"Bien, voilà qui est fait." Déclara Emmet avant d'ajouter "La bandeau, remettez lui."
Puis les ténèbres, une fois de plus. Les pas des personnes présentes résonnaient dans la galerie souterraine. Celle-ci sentait légèrement le moisi et la terre fraîche, c'était presque comme l'odeur d'un cimetière. La marche dura quelques minutes, et, lorsque le bandeau fut a nouveau ôté il était dans un petit salon. Deux personnes lui faisait face, les autres semblaient être retournées à leurs activités. Parmi les deux individus présents il y avait son grand-père qui ouvrait de grands yeux fiers, et une jeune elfe à la peau grisâtre et aux yeux luisants.
-"Ce que je ne t'ai pas dis, fit Emmet, c'est qu'en réalité les membres logent dans mon manoir. Aussi tu vas les cùtoyer longtemps, peut-être même jusqu'à la fin de ta vie. Ah, et comme tout manoir qui se respecte tu ne pourra te rendre dans toutes les pièces. Dans le premier bâtiment, celui dans lequel tu as passé la nuit, tout t'es ouvert. La bibliothèque, le salon, les chambres hormis celles qui seront occupées. En revanche, tu remarquera un second bâtiment, accessible par le salon. Interdiction de te rendre là-bas sauf si je l'autorise. Tu m'as bien compris ?"
Le jeune garçon hocha docilement la tête, il n'osait pas demander pourquoi, de peur que son grand-père s'énerve.
-"Je te présente ton institutrice. Leana, elle t'enseignera la magie, tu devra lui obéir. N'oublie jamais qu'elle est ta supérieur, donc ses désirs sont des ordres. Bon, j'ai à faire, mon garçon. A plus tard."
A ces mots il s'éloigna laissant son petit-fils seul avec la jeune femme. Celle-ci avait de longs cheveux teintés d'une étrange couleur bleutée. Ses lèvres étaient fines et rouges sang. Elle était vêtue d'une longue robe noire et souple, légèrement abîmée et qui retombait sur le sol poussiéreux. Ce qui retenait particulièrement l'attention de Roka était ses yeux gris luisants, presque blancs.
-"Qu'est-ce que tu regarde ?" Fit-elle en remarquant le regard du garçon.
-"Bah, rien."
-"Je sais pas pourquoi on m'a fichu avec un morveux dans ton genre. Très franchement j'ai autre chose à faire. Donc, ce que tu vas faire c'est ouvrir le Tome des sorcières et heu... Te renseigner sur la magie des ossements."
Le jeune homme soupira et lança enfin : "Et si je l'ai déjà lu ?"
-"Ecoute moi bien." Dit-elle en se penchant sur le visage de Roka. "Tu va faire ce que je t'ordonne de faire. Donc si tu l'a déjà lu tu le relis. Tu as déjà oublié ? Mes désirs sont des ordres." Puis elle s'éloigna sans même lui dire au revoir.
-"Si elle croit que je vais le relire..." Siffla-t-il avant de sortir de quitter la pièce et de se retrouver dans le couloir dans lequel se trouvait sa chambre.
Il éprouvait plus le besoin de prendre l'air plutôt que de s'attarder à revenir sur un chapitre inintéressant d'un énorme bouquin. Aussi il descendit les escaliers et une fois dans le salon il sortit par la porte qui donnait sur le jardin. Il n'y avait rien de très intéressant dans ce jardin. Il entourait la vaste propriété des Noirbois et était muni de quelques rares exploitations agricoles. C'était sans doute un subterfuge pour ne pas éveiller les soupçons.
Le jeune garçon tourna la tête et observa la demeure. Celle-ci était angoissante et se découpait étrangement dans le ciel ténébreux. A force de balader son regard sur le manoir, il distingua un individu qui l'observait depuis la fenêtre du bâtiment interdit. Il semblait que c'était un homme, bien qu'il était difficile de l'affirmer. On aurait pas su dire comment il ou elle était vêtu, la pièce en question n'était pas éclairée et un épais voile obscur tombait sur le visage de l'observateur. L'ombre fit alors volt-face et disparue. Roka demeura immobile quelques instants, attendant que le guetteur se manifeste à nouveau. Mais rien ne se produit. Aussi il se dirigea vers le portail et rassembla ses forces pour l'ouvrir en le poussant.
Devant lui s'étendait maintenant le sinistre bosquet, c'était un paysage à vous couper le souffle. Un tableau épouvantable, chimérique, repoussant à sa manière. Tous les arbres semblaient morts, ou presque, sur au moins dix kilomètres. Leurs branches se tordaient dans tous les sens et sans suivre aucune logique. Il n'y avait aucun bruit, aucun. Le vent lui même soufflait silencieusement, comme si tous craignait en étant bruyant, d'éveiller quelques créatures déchaînées. Ca lui plaisait, c'était ce qu'il recherchait, dans un sens. Il suivit alors la route tordue qui le mènerait dans la forêt et s'engagea sur ses détours sinueux. L'obscurité devenait étouffante à mesure qu'il avançait dans le bois silencieux. L'air y était étrangement froid, ce qui surpris le jeune homme. Et une brume, épaisse et surnaturelle planait un peu partout. Des tentacules de ce sinistre brouillard semblaient suivre un rituel cauchemardesque, dansant, s'agitant, remuant dans tous les sens avant de s'évanouir.
Les heures passèrent, et le garçon poursuivait sa promenade à travers la région. Il devait être environ 18 heures maintenant et on allait peut-être s'inquiéter de son absence. Il était préférable pour lui de retrouver le manoir dans les plus brefs délais. Mais celui-ci était fatigué par cette marche interminable et décida de s'asseoir un instant sur un gros rocher qui bordait la route. Ses pieds étaient enflés et lui faisait atrocement mal, ses jambes semblaient molles et faire un pas de plus paraissait impossible. En outre la nuit allait tomber et il n'avait aucunement envie de se retrouver seul dans l'obscurité totale.
Des bruits de sabots retentirent, c'était un son régulier et plutôt agréable, et ça semblait se rapprocher de lui. En effet, au bout de la petite route se découpa la silhouette d'un cheval gris qui tirait une petite calèche. A l'avant de celle-ci était assis un cocher qui tenait les rennes et chantonnait une vieille mélodie de la région. Celle-ci s'approchait lentement et, une fois qu'elle arriva à la hauteur de garçon, le vieil homme assis à l'avant tira sur les rennes et la calèche s'arrêta net.
Le cocher dévisagea le garçon et lui lança :
-"Salut mon bonhomme. Tu t'es perdu ?"
Roka leva les yeux sur l'homme. Celui-ci avait une longue moustache noire semblable à celle d'un rongeur. De gros sourcils gris et broussailleux, et un long chapeau haut-de-forme surplombait le haut de son crâne.
-"Oui." Bredouilla le gamin.
Le cocher lui adressa un sourire et lui fit signe de monter. Roka s'exécuta et grimpa aux côtés de l'homme.
-"Dis moi mon gaillard, qu'est-ce que tu fichais ici ? La nuit tombe vite dans c'coin là. Tu l'sais ça pas vrai ?" Questionna-t-il enfin.
-"J'habite le manoir, j'étais juste allé me promener." Rétorqua le gamin.
Le vieille homme frissonna légèrement.
-"Le manoir ? Le manoir Noirbois ?" Demanda-t-il inquiet.
-"Oui. Je suis... Un ami de la famille. Pourquoi ? Qu'y-a-til ?"
-"Rien. C'est juste que des rumeurs circulent. Sur ce vieux fou d'Emmet... Z'êtes nouveau dans la région, pas ? Hé ben figurez vous que si il y a un coin à éviter c'est bien par ici." La voix du vieux monsieur devenait maintenant de plus en plus affolante et son regard s'était perdu.
"C'est dingue tout c'qu'on peut raconter sur cette région. Tant d'horreur et d'désolation... Tout ça c'est la faute d'un seul." Il soupira longuement et secoua brièvement la tête avant de poursuivre. "C'était calme ici, il y a encore quelques années d'ça, là c'est bien trop calme. Dis moi gamin : Tu as vu quoi sur la route hein ? Tu as vu une fourmi ? Un cloporte ? Une araignée ? Non ! Pas un oiseau ! Plus rien ! Que de la mort et de la pourriture ! Que de la profanation et de la corruption ! C'est que quand l'soleil décline que ça sort de son trou. Et puis ça rampe, le long des routes, sur les troncs des arbres, dans la rivière ! Et qu'ça hurle, ça hurle, mon dieu ! " Son regard s'était maintenant posé sur Roka, dans celui-ci brûlait comme une flamme. "Tout l'monde maintenant évite ce coin là. C'est d'venu trop dangereux. La garde a déserté la forêt, elle l'a livrée aux sorciers et aux foutus occultistes. D'plus en plus de rituels et d'invocation. Des cris chaque fois que la lune est pleine ! Et des tâches noires retrouvées sur les autels quelques jours après...
Faut jamais chercher trop loin ! Ce qui est enfoui reste sous terre, c'est comme les secrets. Le monde a des secrets ! Ben le vieux Noirbois il voulait les connaître ! Il a fouillé trop profond, bien trop profond. Il en a vu des choses, moi aussi d'ailleurs. Dis tu sais ce que s'est que l'horreur ? Hein ? Moi je l'ai vue l'horreur. J'étais gosse encore, et mystérieusement, Emmet, lui était d'jà vieux. Il vieillit pas ou plus cet homme là, mon père disait que ça avait un rapport avec un pacte qu'il avait passé avec ces diablesses de créatures. Celles que les fous vont adorer près des cercles de pierres quand la nuit tombe. Un jour je suis sorti la nuit alors que je trouvais pas le sommeil. J'habitais pas loin de chez les Noirbois à l'époque. J'ai marché pas mal de temps, jusqu'à arriver d'vant le manoir. Mon dieu j'avais jamais entendu ça. Des cris, à déchirer l'âme ! De la lumière rougeâtre comme des traînées de sang qui s'échappaient de la cheminée et qui grimpaient au ciel. Les hurlement venaient du dessous. Le puits ! Grand dieu ! Ca grouillait ! Ca hurlait !"
Il s'arrêta un instant. De sa main gauche il saisit une bouteille d'alcool non loin de lui et bu goulûment.
"J'me suis enfui en gueulant comme un diable, mais il m'a entendu. Le sans sommeil ! Il me suivait j'en étais sûr, mais où que je pouvais aller à part chez moi ? Hein ? Où ?... J'suis allé me cacher sous mes draps, mais au loin j'entendais des cris. Kyagath ! Kyagath ! Ca s'approchait ! Mon père quand il a entendu ça il nous a dit de partir. Ma mère et ma p'tite soeur on a fait ce qu'il disait. Lui, il a prit un fusil et il est resté. Mon grand-frère aussi, il est resté avec lui. Bon dieu je me souviens que pendant ma fuite je me suis retourné, j'ai vu ma maison et j'ai entendu des cris et des coups de fusils. Et j'lai vu, la bête aux milles et un tentacules qui gigotait et continuait de crier ! J'ai plus jamais revu mon aîné et mon paternel, plus jamais ! Alors dis moi, qu'est-ce qu'y t'amène chez lui toi hein ?! Qu'est-ce que tu va foutre avec Emmet ? Il doit bien avoir deux-cents ans et il meurt pas ! Pourquoi ?! Hein ?!"
Roka sentit un danger, le vieille homme parlait maintenant avec véhémence et dans ses yeux rivés sur lui se mêlaient la colère et la rage. Ardemment il espérai apercevoir le manoir se découper dans le ciel rougeâtre.
"Bon dieu ! A qui il a vendu son âme pour vivre aussi vieux ?! Et le puits ! Qu'est-ce qui en sort et hurle des fois la nuit ? Pourquoi ils vivent aussi nombreux dans un seul manoir ? Non pas que j'sois raciste mais qu'est-ce qui uni un orc et un humain hein ?! Et les cercles de pierre ! Pourquoi qu'Emmet et ses amis traînent par là, je les vois ! Oh oui je les vois ! Et tu sais ce que j'ai surpris comme discussion hein ?! T'sais ce que s'est un sacrifice rituel ? Tu sais ce qu'il se passe après un sacrifice rituel ? Bon dieu ! Le feu ! La flamme ! Le vide ! L'obscur ! Kyagath ! Kyagath ! Mon dieu ! Ca sort et ça se nourri de la vie. De toutes vies ! Celle de la terre ! Des arbres ! Des animaux ! Des humains ! De tout ! Ca suce la vie de la terre et des arbres, et ça tue, ça tue tout ce qui est mordu par ses mangeurs de vies !"
Ses yeux étaient mouillés de larmes et il fixait tristement le soleil couchant.
-"Bon, je dois descendre." Bégaya Roka.
-"Non, pas tout de suite, fit le vieil homme, on est pas encore au manoir."
Puis de sa voix chevrotante et colérique il reprit :
"Tout à cesser d'pousser, les vieux arbres centenaires je leurs donnent encore dix ans puis ils vont tomber. Et la forêt s'ra morte, comme le voulait Emmet. Mais pourquoi il veut qu'tout meurt ? Hein ? Qu'est-ce qu'il prépare ? Un terrain ? Moi j'ai entendu dire qu'il y avait des choses enfouies dans la région, p'têtre bien qu'il veut les sortir de la terre, non ? Et pour ça il faut de l'espace, pour sûr ! Et le brouillard, tu le trouve normal ? Hein ?! Depuis quand la brume s'agite comme ça ? On dirait des spectres qui sortent d'leurs tombent pour masquer les atrocités de ce foutu Noirbois ! Et qu'est-ce qui escalade les troncs des arbres jusqu'à arriver à la cime, puis qui gueule et saute sur les voyageurs ! Depuis quand les ombres rampent et sont tellement grandes qu'elles peuvent atteindre la lune et la voiler ?! Dis moi petit, qu'est-ce qui t'amène dans le manoir ?!"
-"Bon, je dois vraiment y aller, j'aperçois la toiture de la demeure des Noirbois." Bégaya Roka.
Le cocher éclata de rire et le fixa longuement avec de grand yeux tristes.
-"NON !" Fit-il enfin. "Tu va rester ici jusqu'à ce que je te ramène chez toi, tu n'ira pas dans ce foutu man..."
Le cheval hennit et se cabra brutalement. La violence du choc fit chuter le jeune homme et le cocher qui s'écrasèrent sur la route. Devant eux se tenaient trois individus encapuchonnés et vêtus de longues robes noires. Roka frémit en reconnaissant le vêtement que portaient les sectateur de l'organisation de son grand-père. L'un d'entre eux s'approcha du vieille homme qui se tordait de douleur sur la route et déclara :
-"Jonathan, ton compte est bon cette fois-ci. Nous allons t'apprendre à raconter tout ce que tu vois."
Le vieillard se tût, un frisson le secoua brutalement. Son visage pâle et se figea dans une expression de peur tandis que ses yeux vomissaient un torrent de larmes. Ils le saisirent alors par les épaules et le forcèrent à suivre la route qui menait jusqu'au manoir. Roka se mit difficilement debout et emboîta le pas. Bientôt ils aperçurent la grande demeure des Noirbois se découper dans le ciel orangé. Le soleil déclinait doucement et la fraîcheur du soir envahissait la région. Une fois qu'ils arrivèrent à la hauteur du portail ils se stoppèrent net et ôtèrent leurs capuches. Le jeune homme put reconnaître son institutrice Leana, accompagnée de deux hommes grands et minces.
-"Tu as eu de la chance toi. Si on t'avais pas suivi il t'aurait amené je ne sais où." Lança l'un d'eux.
Roka se souvint alors. L'homme à la fenêtre ! C'était lui. On le suivait depuis qu'il était ici. Cette réalité le fit frémir et il baissa les yeux au sol.
Leana poussa alors le vieux à terre et fit signe au garçon d'approcher.
-"Allez, tue-le." Fit-elle en afichant un sourire cruel.
-"Non ! Pitié !" Bredouillait le vieil homme en proie à une indicible horreur.
Affolé, Roka ne réagit pas. Son corps était comme paralysé par une inexprimable terreur. Tuer ? Pourquoi ? Quel crime impardonnable avait commis ce Jonathan ? Celui de parler ? Son récit n'était composé que de choses maladroites et assurément fausses.
-"Dépêche-toi" Souffla-t-elle.
-"Tu n'a rien dans le ventre ou quoi ?" Questionna un des deux hommes. "Tu as déjà oublié le serment ? Tu dois tuer si on te l'ordonne. Alors tue-le !"
-"Tu n'es pas comme eux ! J'te reconnais, Roka Noirbois, tu vaux mieux qu'eux ! Tu veux finir comme ça ? Rappelle toi de tes parents, ils attendent pas ça de toi. Pitié !" Gémit Jonathan en sanglotant.
Roka tendit sa main vers le pauvre homme à terre, dont le visage ruisselait de larmes, puis il tourna la tête, il ne voulait pas voir ce qu'il allait lui faire.
-"NON !" Hurla Leana. "Je t'ordonne de le regarder mourir ! Plonges ton regard dans le sien et regarde le s'éteindre."
Il fit un effort considérable pour tourner la tête et fixer le vieillard. C'était injuste, cet homme ne pensait pas à mal. Au contraire, il avait peur pour Roka. Il l'avait mis en garde. Finir ainsi c'était cruel.
-"Bon, je vais le faire." Déclara l'autre homme.
Roka leva les yeux au ciel comme pour demander pardon. Son regard se posa sur le manoir et il aperçut qu'à une des fenêtres semblait se tenir son grand-père. Il l'observait. Il attendait peut-être que son petit-fils agisse. Aussi, il ne pouvait le décevoir.
-"Non. C'est à moi de le faire. C'est mon devoir ! C'est ma gloire !" Cria Roka.
-"Alors fais-le vite." Lui répondit le grand homme.
Un éclair violacé jaillit de sa main droite qu'il pointait sur le vieillard et frappa sa cible en pleine poitrine. Son corps inanimé tomba sur le sol humide et roula le long de la légère pente. Il avait infligé à cet homme ce qu'il avait infligé à sa soeur. La première fois c'était juste pour essayer. La seconde s'était pour qu'on soit fier de lui. Il était maintenant tel qu'on le façonnait. Un pantin à la botte de son grand-père. On allait l'utiliser pour de sombres desseins, il servirait l'ombre et ses créatures. Il n'était plus Roka Noirbois, seulement l'ombre de son grand-père et de ses acolytes. Seulement un monstre.
Il baissa la tête et scruta le sol. Les deux hommes ouvrirent le portail et se dirigèrent vers la grande demeure, laissant Roka seul avec Leana.
Celle-ci posa sa main sur l'épaule du garçon et lui glissa un mot à l'oreille avant de rejoindre ses camarades.
"Félicitations." Voilà ce qu'elle lui avait dit. Il avait tué et on le félicitait. Il recommencerait et on le féliciterait encore. C'était ainsi, ça allait être ainsi. Il demeura immobile et silencieux quelques minutes encore avant de suivre la route qui menait au manoir avant de pénétrer dans celui-ci. Il était si fatigué... Il ne prit pas la peine de souper en compagnie des membres de l'ordre. La seule chose qu'il avait envie de faire s'était dormir. S'allonger sur son lit et sombrer dans un sommeil sans rêves.


ACTE I : Abyssus Abyssum Invocat
Chapitre V : Révélation et abjections
Partie 1/2

Comme j'aimerai être mort des fois. Loin de la fureur des vivants... Loin de la terre... Loin du ciel... Au-delà du vide. Au delà-de la tombe.

Journal de Roka Noirbois.

Les jours, les semaines, les mois, les années passèrent. Neuf ans, deux semaines, trois jours exactement. La vie au manoir devenait de plus en plus agréable en compagnie de mes camarades. J'avais noué des liens avec eux. Je ne m'entendais pas avec tous, naturellement, et c'était mieux ainsi. On ne peut plaire à tout le monde et vis versa. De nouveaux adeptes avaient rejoint le cercle très fermé de l'ordre et s'adonnaient aux sinistres rituels de la secte. Parmi eux, le téméraire Howard Sombreastre, homme que je méprise particulièrement. La fabuleuse Cassandre Maylan, avec qui j'étais en concubinage depuis quelques temps. Dewee Noirécume, grand sorcier et ami, et bien d'autres encore. Leana, elle, est toujours mon institutrice et ses enseignements ont portés leurs fruits. Nous avons finis par nous entendre au prix de plusieurs mois de patience.
Elle m'a appris les arcanes de la magie de l'ombre, magie incroyable, insolite, certes, mais plus que puissante. J'ai aussi survolé les magies du feu et des arcanes car celles-ci m'intéressent peu, bien que j'ai un léger penchant pour la destruction et la désolation que le feu peu occasionné. Le givre ne m'intéressait pas, je laisse ça aux vieux mages acrimonieux et faibles d'esprits. Tout comme la magie de la nature. Quel intérêt y a-t-il à cela ? Commander aux racines des arbres et réveiller des pousses d'herbes pour qu'elles vous assistent lors d'un combat. Ridicule. Aussi, aucune utilité de se pencher là-dessus.
J'aurai voulu avoir le privilège d'apprendre la nécromancie. Je n'ai eu le temps de voir que les bases de celle-ci, même pas assez pour animer un squelette. Mais selon Leana "C'est encore trop tôt et tu n'es sans doute pas encore prêt."
Si je ne l'apprend pas avec elle, les livres me l'apprendront. Mes connaissances en matière d'ombre s'accroissent de jours en jours et j'espère bientôt atteindre le niveau des grands sectateurs de l'ordre. Ca viendra, je l'espère. Mais ça n'est que chose futiles par rapport à ce dont on m'a récemment parlé alors que je me disputais encore avec cette andouille d'Howard. Il m'avait provoqué et, de nature étant quelqu'un de calme je n'avais pas répondu à ses stupidités. Malheureusement pour lui il avait aujourd'hui décidé de pousser le bouchon bien trop loin cette fois-ci et j'ai dû le corriger.
-"C'est pas parce que tu as occis ta catin de soeur que ça sera la même chose avec moi." Disait-il fièrement.
Leana m'avait appris à contrôler mes sentiments pour ne pas me laisser influencer par ceux-ci. Aussi je ne répondis point. Mais lui, semblable à un gosse surexcité ne trouvait pas le moyen de se contrôler. Sans doute énervé par mon calme il saisit une pierre et me la lança dans le dos.
-"Sombreaste, lui dis-je, en voilà assez tu es allez bien trop loin cette fois-ci."
Nous nous faisions maintenant face dans la vaste propriété de mon grand-père. Une dizaine de mètres nous séparaient et fort de sa stupidité il décida de poursuivre dans la provocation et dans la violence. Il me lança donc une boule de flammes bleutées que j'esquivai de peu mais qui brûla légèrement ma robe. En réponse je lui renvoyai une sphère violacée et destructrice qui frappa le sol juste devant lui, explosa violemment et le couvrit de terre fraîche.
-"Tu veux jouer à ça ?!" Fit-il en s'essuyant le visage. "Alors jouons !" A cet instant il disparu. C'était une technique que son père lui avait enseigné d'après les dires, incroyablement pratique et sournoise. Je tournai sur moi-même, cherchant ma cible du regard. Rien. Nulle part. Puis ma vue se troubla et je me retrouvai dans un tourbillon d'ombre et de vide. J'entrevis quelques fragments de mon passé, ma soeur, le vieil homme, ma vie d'avant. Puis je tombais à genoux, déconcerté et hanté par tous ces souvenirs tristes et obsédants qui me revenaient maintenant en mémoire. On m'avait pourtant mis en garde. Sombreastre n'est pas un novice, il est peut-être meilleur que moi et est capable de plonger sa cible dans une illusion grâce à un simple regard. Je fus frappé à plusieurs reprises et je fini par reprendre conscience. Une rage dévastatrice explosa en moi. Moi ? Ridiculisé par ce petit avorton ? Jamais ! Je brisai alors l'illusion au prix d'un effort surhumain et constatais qu'Howard se tenait juste devant moi et s'apprêtait à me frapper à nouveau.
J'esquivai de justesse et lui envoyai un énorme coup de poing au visage. Je me préparais à lui présenter mon poing gauche lorsque des flammes naquirent sous mes pieds. Sombreastre était un mage doué. Je réussi à me dégager et à m'abriter derrière un énorme rocher, le temps de réfléchir à ce que je pourrai lui infliger. Le tuer ? Non. L'humilier ? Oui, c'est ça. Je repensai donc aux enseignements de Leana. Une technique particulièrement cruelle me revint en mémoire. L'étreinte du vide. Elle demandait de la concentration, beaucoup de concentration mais si je parvenais à l'avoir il regretterait. Je récitai donc rapidement la formule et levai la tête pour le repérer en prenant soin de ne pas croiser son regard. Puis je lançai le sortilège. Les ombres rampèrent dans sa direction, inexorables et froides, glissants sur la les herbes humides du jardin. Malheureusement pour lui, il ne les distingua que trop tard. Il fut soulevé dans les airs tandis qu'une force impalpable l'étranglait lentement. Je m'approchai de lui tout en affichant un sourire triomphal.
-"Demande pardon." Lui dis-je. Il n'en fit rien. Et je resserrai l'étreinte sur sa gorge.
Mes yeux brillaient d'un éclat surnaturel, colorés par la flamme de la colère. Sans doute sentait-il un danger approcher car je pouvais sentir sa peur.
-"Pa...Pardon !" Bégaya-t-il.
Je le relâchai et il tombait sur l'herbe humide. Je me retournai pour vaquer à mes occupations quand j'aperçut que mon grand-père se tenait derrière moi tout en lançant un regard déçu à Howard. Il me demanda de le suivre et je m'exécutais. Il m'emmena dans son bureau qui lui même se trouvait au dernier étage du bâtiment interdit. J'y pénétrai enfin, c'était une petite pièce dotée d'un large pupitre de bois brillant et sur lequel étaient disposés des livres, de vieux papiers, et des dessins de sinistres créatures.
-"Mon cher petit-fils, me dit-il, tu es maintenant dans l'organisation depuis assez longtemps pour savoir certaines choses. Depuis peu je me sens de plus en plus affaibli, je crains que la mort vienne me chercher très bientôt. Le commandement te reviendra donc après mon décès. Mais ça n'est pas tout, je n'en ai encore parlé à personne. Mon enfant, je compte revenir après ma mort mais abandonner définitivement l'ordre pour vivre d'autres choses. Je suis fatigué par ses interminables réunions et études, je vais attendre la venue de la faucheuse puis plus personne ne me reverra, sauf toi. Tu me verras une dernière fois puis je disparaîtrai."
-"Mais ? Comment ?" Demandai-je.
-"Lors d'un de mes voyages j'ai trouvé une étrange tablette dans de vieilles ruines. Vestiges d'une cité qui fut il y a des siècles ou peut-être des millénaires. Il semblerait qu'un occultiste ait percé le secret de "l'immortalité". A en croire le nom de la tablette tout du moins. J'ai commencé à la traduire, mais je n'aurai pas fini avant au moins un an ou deux. Il y a cependant des contraintes mais je n'ai pas encore réussi à tout traduire. Je te ferai part de tout ça d'ici peu. Bref, il peut advenir que ma mort soit plus proche que je ne le pense. Aussi je dois te parler de la maison. Elle regorge de secrets, de caves, d'immenses couloirs connus par moi et moi seul. Il y a aussi une crypte sous la maison. Le puits est une des entrée. Il y en a une seconde, dans la colline derrière la maison. Au fond de celle-ci se trouve les tombeaux de tes ancêtres et quelques salles secrètes qui nous servent lors des invocations et des rituels. Cependant je dois te parler d'autre chose, une bête dort dans les profondeurs de la crypte, celui qu'on surnomme le Sans-sommeil. Kyagath, celui qui ère dans les ténèbres. Le monstre aux milles et un tentacules. Il est le gardien de la demeure, et celui qui veille sur mes secrets. Lorsque j'étais encore jeune j'ai réussi à extirper cet être de la prison ensorcelée dans laquelle on l'avait jeté. Sa puissance est considérable, et c'est pourquoi je l'ai enfermé dans les catacombes, au fond d'une grande salle dans laquelle sont ce qui me tiens le plus à coeur, notamment la tablette. Je vais te dire comment la trouver si je venais à mourir. Tu ouvrira les manuscrits ésotériques à la page 467 et tu lira la prière de d'Su'g'ha en prenant soin d'inverser chacun des mots. Le veilleur te laissera alors passer et t'obéira. Tu devra passer par le puits pour aller à sa rencontre, puis chercher la grande grille en or. Tu lira la prière une fois devant celle-ci. En cas d'attaque d'ennemis, tu devra protéger le repaire, Kyagath et les légions du dessous peuvent t'aider. Tu devras trouver la grille de fer et lire la prière de la page 142 du Tome des sorcières. Voilà, c'est tout ce que j'avais à te dire. Tout le reste te sera transmis plus tard."
Il esquissa un signe de la main pour signifier que la discussion était terminée et je quittai la pièce.
Milles et unes pensées se bousculaient dans ma tête. Quitter l'ordre ? Pourquoi ? Je ne voulais pas être seul avec les sectateurs. Même si je tenais à eux. Je me sentais abandonné. Seul dans le noir avec aucune lumière pour me guider. Je tentai de ne montrer aucune réaction émotive, je me contentai de quitter le bâtiment au plus vite afin qu'on ne me repère pas et qu'on ne se doute de rien. Je ne pus me retenir de verser quelques larmes et comme je rencontrai Cassandre dans le salon elle me demanda ce qui n'allait pas. Je ne répondit rien et elle me prit dans se bras comme pour m'apaiser. Je me souvins alors de notre rencontre, alors qu'elle arrivait juste. J'ai été chargé d'être son guide et de lui montrer les lieux. On s'entendait bien. Alors nous sommes allez nous promener dans le bois par un jour ensoleillé et elle m'a embrassé. C'était la première fois que ça m'arrivait, et je me demandai si ça n'allait pas être la dernière. Mais ça, seul l'avenir le sait.
Lorsqu'enfin j'ai réussi à me défaire de l'étreinte de Cassandre, je suis ensuite remonté dans ma chambre et j'ai pris mon journal. J'ai écris, pendant longtemps. Puis j'ai lu, jusqu'à tomber sur la prière que je devais réciter pour que le gardien m'ouvre la porte, et je l'ai écrite à l'envers maintes fois pour me la mettre en mémoire :
"Hu rwar shi Aif' ish-ish yas k'k'ahy-hy kathgan !"
J'étais fatigué mais je n'avais pas envie de dormir. Le sommeil est fourbe. Il vous montre des choses que vous n'avez pas envie de voir, enfin... Je ne sais plus ce dont j'ai envie. Je sens que je faibli. Si seulement je pouvais mourir, moi aussi. Mes problèmes, mes faiblesses s'effaceront avec moi. Comme j'aimerai être mort des fois. Loin de la fureur des vivants... Loin de la terre... Loin du ciel... Au-delà du vide. Au delà-de la tombe.
Ma nuit fut agitée, je fis un rêve étrange, mais révélateur. Je me voyais à la tête de l'ordre, du sang coulait de mes mains. Le sang d'un vieillard qui gisait sur le sol froid de la crypte. Et moi, je tenais la tablette en main, je la tenait fermement. J'avais le pouvoir en main, et les légions du dessous dont mon grand-père m'avait parlé en mon pouvoir.
Je me réveillai brusquement. J'étais incroyablement perturbé mais j'avais enfin trouvé un but. L'obtention de la tablette. C'était un immense pouvoir que je ne pouvais partager. Personne ne devait connaître ce terrible et fascinant secret à part moi. Moi et moi seul. Il fallait tout planifier, mais d'après les dires d'Emmet j'avais un peu plus d'un an devant moi. Et enfin, la dernière chose qui d'après certains est peut-être la plus heureuse, mais qui ne m'enchante pas vraiment : Cassandre est semblerait-il enceinte. Ca la rend contente, elle, c'est déjà ça. J'ai l'étrange impression que tout ça va mal finir. Comme tout ce que j'entreprend. C'est fatidique, c'est comme ça, c'est écrit.
J'entend maintenant Leana m'appeler. J'écrirai à nouveau quand j'en aurai le temps.


ACTE I : Abyssus Abyssum Invocat
Chapitre V : Défiance
Partie 2/2

La confiance est une faiblesse.

Quelques mois après que Cassandre ait annoncée qu'elle était sans doute enceinte, Victor Noirbois naissait. Bien qu'il soit encore très jeune il ne ressemblait que très peu à son père. Il avait de grands yeux marrons semblables à ceux de sa mère. Et semblait toujours à l'affût du moindre bruit.
-"Comme un misérable chien." Pensait Roka.
Il haïssait son fils mais pour aucune raison particulière. C'était juste de la haine gratuite. Typique chez Roka Noirbois, être en compagnie de ce qu'on appelait "ses semblables" le répugnait assez. Il n'appréciait que leurs compagnie de temps en temps. Et personne ne faisait exception à la règle. Pas même Cassandre.
Roka se souvenait qu'un jour, son père lui avait raconté une histoire qu'il trouvait assez amusante. Tout cela s'était produit le jour de sa naissance. Une vieille femme, clocharde ou vagabonde qui traînait sans cesse les couloirs de l'hôpital, assistait à l'accouchement. Rares étaient ceux qui en savaient long sur elle, elle était paraît-il, une femme qui avait perdu son mari, son père et ses enfants le même jour à la suite de différents accidents. Maladie, guerre... Depuis ce jour certains disent qu'elle a, par étrange providence, obtenu de stupéfiants pouvoirs de prémonition. Elle attendait donc, ce soir-là dans l'hôpital, en regardant la jeune Ezenathe accoucher.
A peine Roka était pondu qu'elle avait déclaré avec un air grave à son père Nathaniel et à sa mère Ezenathe
-"Votre enfant doit-être noyé."
Elle avait vu en lui un mal bouillonnant qui remonterait bientôt jusqu'à la surface et causerait bien des ennuis. Elle disait aussi qu'il allait finir seul. Et que toute sa vie il le resterait. Que son existence serait monotone et triste. Qu'il n'aimera personne et que personne ne l'aimera. La folle disait aussi qu'il ne pourrait faire la différence entre le bien et le mal et tout un tas d'absurdités. Les parents du jeune Roka avait chassé la vieille et avait rit en y repensant et en la racontant à leurs fils. Elle n'avait presque pas tort, elle avait fait quelques erreurs mais à part ça tout était juste. Il se demandait maintenant ce que ses parents pouvait maintenant ressentir en repensant à ça.
Une main se posa sur son épaule, celle de Leana.
-"Mes félicitations." Lui dit-elle. Encore des congratulations, pour quelque chose d'aussi futile que ça. Ca l'énervait, mais il ne pouvait pas en vouloir à Leana, tout ce qu'il savait ou presque sur la magie il lui devait. Et elle était quelqu'un de particulièrement sympathique avec lui, elle lui suivrait partout et donnerait sa vie pour lui. Il le savait, mais il ne ressentait rien de vraiment concret pour elle. Il avait réussi à la manipuler, à contrôler ses sentiments pour qu'elle le rejoigne dans sa quête de pouvoir. Ils n'étaient que deux pour le moment à vouloir renverser Emmet, mais il fallait que peu soient au courant, ça valait mieux pour eux. Pendant un an ils travaillèrent à la réalisation de leur sombres desseins. Ils avaient espionnés le vieux Noirbois pendant des semaines. Ils savaient presque tout de lui. Ses promenades dans la forêt, l'heure à laquelle il se levait, celle à laquelle il se couchait... Ils en savaient assez pour le prendre en traître. L'avant dernière étape de son plan consistait à rassembler quelques fanatiques qui assisteraient Roka et Leana lors de leur tentative de prise de pouvoir. Cassandre et Noirécume leurs prêtèrent allégeance, sans rien demander en retour. Mais quatre ça n'était sans doute pas suffisant, Emmet était un sorcier d'une puissance incommensurable. Moins puissant qu'un archimage, certes, mais fort tout de même. Mais ça n'était pas ça le plus grand danger. Ce qu'il fallait craindre c'était que l'un de ceux qui avaient accepté de renverser Emmet décide par la suite de les trahir et d'en faire part à celui qu'ils allaient combattre. Là tout serait perdu. La force de leur plan résidait dans l'effet de surprise. Si on les prenait eux à dépourvu tout risquait de mal tourner. Aussi pour éviter cela ils choisirent les traîtres potentiels astucieusement et avec retenue. Il fallait commencer par les novices et les membres placés en bas dans la hiérarchie de l'ordre. Il suffisait de leur promettre du pouvoir, de l'argent et toutes ces bêtises et c'était dans la poche. Les hauts-membres étaient pour la plupart rattachés à leur leader charismatique et les convaincre allait être chose difficile. Au bout d'un mois de recrutement ils étaient maintenant neuf prêt à se soulever et à détruire Emmet. Personnes ne savaient vraiment pourquoi Roka aspirait à la chute de son grand-père, si ils le savaient ça aurait pu entraîner la jalousie de certains et Roka aurait pu s'attendre à un coup bas que lui auraient portés ses camarades après avoir renversé Emmet. Il ne pouvait prendre ce risque. Il avait juste promis gloire, puissance et richesses à tout ceux qui seraient prêts à l'aider dans son ascension. Tout était maintenant planifié, ça se déroulerait le soir, alors que le vieil Emmet se baladerait tranquillement dans le bois ou dans ses environs. Ils le surprendrait alors et le tuerait rapidement. Après la mort du vieux, ils feraient arrêter les hauts-membres de l'ordre et les forceraient à les rejoindre ou à mourir. La plupart les rejoindraient, par peur de trépasser. Se servir de la peur comme d'une arme garanti la victoire, c'est ce qu'il avait apprit au fil des années passées avec ses compagnons. Puis les nouveaux membres suivraient aveuglément et le tour serait joué. Il avait tout noté sur une petite feuille de papier jaunâtre qu'il lirait à ses camarades pour leur remettre tout cela en mémoire quand le moment viendra.
L'idée de devenir maître de l'ordre grandissait en lui, surtout depuis qu'il avait obtenu la traduction de la tablette. Elle avait été rédigée dans une vieille langue que parlaient les vieux fous naguère, fort heureusement pour Roka, son grand-père était vieux et fou, ce qui consistait un avantage. Emmet lui avait donc porté une lettre expliquant les instructions à suivre pour l'obtention de cette "immortalité" :

Mon cher petit-fils,
J'ai enfin réussi au prix de longues heures de travail acharné à traduire la tablette qui détient le secret d'une immortalité partielle. Il faut d'abord suivre un rituel, la moindre erreur gâcherait tout et il faudrait recommencer. Il te faut trouver trois crâne :
-Celui d'un enfant ou d'un nourrisson.
-Celui d'un homme de vingt à quarante ans.
-Celui d'un vieille homme de plus de quatre-vingts ans.
Une fois cela fait, tu dois broyer les trois crâne jusqu'à obtenir une fine poudre à base d'ossements. Répands-la sur le sol et trace avec un grand cercle. Dispose cinq bougies sur le cercle, place-les comme tu le souhaite. Tu récitera la prière la pus courte de la page 610 du Compendium des ombres, par deux fois la réciter. En voici une copie pour te faciliter la tâche :

Ky'nefret ky'nefret ay'ga athoth
N'ghyar a-t'arh Shol'S'got
Htohta ga'ya k-k'y terfen'yk
Gh'n'aif nahr kefren !
Kal'got ! Kal'got yk tefren yk
Fia'n'hg rhan Kol goth !

Le vent répétera les paroles des anciens et soufflera les bougies. Offre lui ton sang que tu versera sur le cercle. Tu fera les serments et il t'accordera le pouvoir de vivre à nouveau. Mais attention ! Tu ne pourra revenir que si quelqu'un le souhaite et se rend sur ta tombe. Et on ne peut te faire revenir qu'une fois ! Une seule et unique fois ! ! Une seule et unique fois !. Ca peut-être des questions, des requêtes, bref. A chaque question il t'offrira inconsciemment un fragment de son âme. A l'aide d'un tu pourra te matérialiser sous la forme d'un esprit. En revanche tu ne pourra agir. Seulement répondre à sa question ou à sa requête. A l'aide du deuxième tu pourra agir. A l'aide du troisième ton corps sera relevé et ton esprit transporté dans celui-ci. Mais n'oublie jamais ceci : La personne qui te relève n'est pas forcément bonne et peu exiger de toi certaines choses dans le but de t'entraver. La bonne nouvelle c'est qu'après avoir des fragments de son âme il est presque sûr de mourir si elle n'est pas rapidement assisté. Lorsque je mourrai tu viendras là où mon esprit repose. Le mien reposera dans la tome de mon arrière grand-père dans les catacombes. Tu prononcera appellera mon esprit et lui posera trois questions.
Voilà, c'est tout ce que j'avais à te dire. Fais bon usage de ceci.

"La confiance est une faiblesse." Pensa-t-il. Cette technique était bien trop rare et précieuse pour que Roka puisse prendre le risque de voir un autre homme en posséder le secret. Si un jour, sous la contrainte ou la torture son grand-père venait à révéler le secret de cet étonnant sortilège nombreux seraient ceux qui tenterai de trouver une parade à ça et finirait par réussir à le bloquer.
Aussi il fallait agir vite, l'opération devait ce passer ce soir...
La nuit était tombée incroyablement vite ce jour là. Celle-ci déversait un flot de ténèbres considérable qui noyait la région dans l'obscurité. La lune, pâle et muette, brillait d'un étrange éclat et luisait bizarrement dans le ciel. Comme à son habitude, le vieil Emmet était sortit prendre l'air un moment avant de retourner vaquer à ses occupations. Une petite troupe quitta la demeure et partit à sa recherche. On aurait dit une concession de fantômes maléfique qui avaient quitté leurs tombes. Ils étaient au nombre de neuf et Roka Noirbois était à la tête du groupe. Il ne leurs fallut que peu de temps pour trouver le vieil homme assis sur une petite colline, les yeux rivés sur le ciel chargé d'étoiles scintillantes. Une distance réduite séparait le petit groupe du vieillard. Leurs coeurs battaient à tout rompre, c'était la victoire ou la mort. Lorsqu'ils furent assez prêts ils dégainèrent leurs épées et la pointèrent sur l'homme qui leurs tournaient le dos. Alerté par le bruit des lames, Emmet se retourna. Face à lui se tenaient neuf personne encapuchonnées et vêtues de longues robes noires sur lesquelles étaient dessinés à la peinture blanche l'emblème de l'ordre. Un oeil ouvert peint en blanc sur un fond noir.
-"Qu'est-ce que ça signifie ?" Questionna-til.
-"Emmet Noirbois ceci est une mutinerie. L'ordre vous a condamné à mort." Lança Leana.
-"Je vous ai tous formés et c'est ainsi qu'on me remercie ?" Gronda Emmet. "C'est de la haute trahison ! Vous allez tous me le payer !" Puis d'un geste rapide il projeta un énorme éclair verdâtre sur un des neufs traître avant de se saisir de son épée. Sa cible tomba et son corps sans-vie roula le long de la légère pente jusqu'à ce que les arbres stoppent l'avancée du corps défunt.
Malgré leur nombre il était très difficile de lui asséner un coup, pour un vieux débris il se débrouillait plus que bien. Après quelque secondes d'affrontements à l'épée, de parades, d'esquives et de frappes ratées ils passèrent aux choses sérieuses.
L'un des mages qui avait rejoins le complot lança une énorme boule de feu sur le vieil homme. Au lieu de l'esquiver, il la renvoya sur sa cible d'un geste bizarre de la main et repartit au combat. Deux déjà avaient péris. Leur chance résidait dans le travail de groupe, si ils ne s'unissaient pas, ils mourraient tous. Jusqu'à maintenant, la force du jeune Noirbois résidait dans sa technique : L'étreinte du vide, aussi il prit ses distances, incanta le sort le lança. Il parvint à le toucher et s'émerveilla devant le spectacle ridicule de l'homme qui se tord dans tous les sens pour échapper à la mort. Cependant ça n'était pas suffisant pour le vaincre.
-"Allez, achevez-le !" Cria Roka.
Leana, Cassandre et Dewee s'exécutèrent, tous trois lui envoyèrent ce même rayon dévastateur qui naguère, avait terrassé le vieux Jonathan. Le choc propulsa le corps du vieux sorcier à quelques mètres en arrière et une vive lumière rougeâtre illumina le ciel.
Un rictus se dessina sur le visage de Roka, il attendait ça depuis si longtemps. Et maintenant que c'était fini c'était presque triste.
-"Bon. Voilà qui est fait, on en a fini avec le vieux. Occupons-nous de ses sbires."
-"Oooh mais vous n'avez rien fini du tout." Coupa la voix caverneuse du vieil Emmet. "En fait ça vient juste de commencer." Il fit de grands gestes avec ses mains et dans le ciel s'allumèrent de petites lumières. Celles-ci brillaient d'un éclat de braise et semblaient très légère. Comme une pluie de flèches elles s'abattirent sur la colline et donnèrent naissance à de grandes flammes. Trois autres novices révolutionnaires furent brûlés par le feu dévastateur et leurs corps dévorés par les flammes. Encore une fois, si ils voulaient le terrasser il fallait agir en groupe. Ils focalisèrent alors leurs attaques sur le vieillard en prenant soin de lancer leurs sortilèges chacun leurs tours pour le déstabiliser. Bien qu'aucun d'eux ne le toucha, ce stratagème porta ses fruits. Il dut interrompre sa tornade de braises et de flammes pendant quelques instants, laissant le temps à Cassandre et à Dewee de lui foncer dessus. Malheureusement Emmet et son incroyable potentiel vinrent à bout de cette minable technique. D'un geste de la main gauche il repoussa Noirécume sans même le toucher une dizaine de mètres en arrière. Tandis qu'avec sa main droite qui tenait fermement l'épée, il entailla le bras droit de Cassandre avant de lui enfoncer sa lame dans la poitrine. Celle-ci s'effondra sur l'herbe humide sans même pousser un cri.
Roka ouvrit de grands yeux quand il vit sa bien-aimée chuter sur le sol, la lame profondément enfoncée dans l'épaule. La rage s'empara de lui et il courut vers le responsable de cette atrocité pour le lui faire payer. La punition fut la même que celle qu'il infligea à Dewee. un violent choc le propulsa quelques mètres en arrière. Tout espoir était perdu. ils avaient essayés, et avaient échoués. La douleur lui brouillait le regard, il ne distinguait que la silhouette de son grand-père qui penché sur lui, lui glissait quelques mots à l'oreille :
-"Pourquoi ?" Questionna-t-il. "Tu sais ce que va te coûter ta rébellion ?"
Puis d'un geste noble et gracieux il ramassa sur le sol l'épée d'un sectateur tombé au combat la pointa sur son petit-fils.
-"Ca va te coûter ta vie." Fit-il enfin tout en levant son épée au dessus de sa tête. La lame fendit l'air avec un bruit infernal mais se stoppa juste devant le corps du jeune homme. Leana ! Elle avait réussi à l'immobiliser l'espace de quelques secondes, assez de temps pour lui faire payer. De sa main gauche il lança un éclair sur l'assassin de sa bien-aimée tandis que de sa main droite il lui transperçait sauvagement la poitrine à l'aide de sa courte épée.
Le vieillard tomba à genoux et tenta de dire quelques mots mais rien se sortait de sa bouche. Dans moins de dix secondes tout serait fini, Emmet serait mort et l'ordre serait à Roka, il étendrait ensuite sa domination sur la région. Ils avaient finalement réussi. Mais, Cassandre Maylan était morte. Tout s'effondrait devant ses yeux, ses rêves, son avenir, tout. Leana tenta de le consoler comme elle le put et lui rappela qu'ils avaient une mission capitale à accomplir, et qu'il fallait faire vite.
-"Vas-y seule avec Noirécume, j'ai une dernière chose à régler. Ah et tâche de d'apporter à ma chambre le crâne de deux sectateurs, celui d'un jeune homme et d'un vieillard si tu trouve." Dit-il enfin en séchant ses larmes.
-"Pourquoi ?" Questionna-t-elle.
-"Fais le juste, rétorque-t-elle, et tu neutralisera les hauts-membres avec Dewee et ceux qui vous suivront."
Elle s'exécuta et rejoignit le manoir en compagnie de Noirécume. Roka demeura silencieux et immobile quelques instants avant de se diriger lentement vers le vieux puits. Lorsqu'il fut devant il plongea son regard au fond de celui-ci mais ne distingua rien tant les ténèbres étaient profondes. Prenant son courage à deux mains, il se pencha tâta à l'aveugle. Sa main toucha quelque chose qui ressemblait à une échelle qu'il emprunta en prenant soin de regarder où il mettait les pieds. Lorsqu'il toucha le sol il ne vit presque rien, mais d'après le bruit que faisaient ses pas il était évident qu'il se trouvait dans les immenses catacombes. Roka s'assit alors sur le sol froid et laissa le temps à ses yeux de s'accoutumer à l'obscurité étouffante qui semblait s'épaissir et ramper lentement vers lui. Une fois que ça fut fait il se remit en route. Les minutes passèrent, et il errait dans les cryptes sans savoir où il allait. De temps à autre ses pieds écrasaient les vieux os qui jonchaient le sol dur et dont l'affreux craquement le faisait sursauter. La marche ne s'arrêtait plus, et s'enfoncer encore plus loin dans les ténèbres épaisses de la crypte devenait de plus en plus difficile. Il allait renoncer quand il aperçut une forme singulière se découper dans la crypte dans laquelle il se trouvait. C'était une grande statue de marbre, elle représentait un homme qui tenait fermement une longue épée à la verticale. Il était vêtu d'une longue robe qui retombait devant ses pieds. Le visage du personnage représenté était froid et dur, stoïque et inexorable, mauvais comme le feu et sournois comme la glace. Ses sourcils froncés paralysaient le visage dans une expression de dégoût et de haine éternel. Il avait de longs cheveux coiffés en arrière à la manière d'un prince, et un rictus pernicieux était dessiné sur son visage. La sculpture tenait sur un socle de pierre sur lequel était gravé le nom du personnage représenté :
Sebastian Noirbois.

Fin de l'acte I. A suivre : Acte II Quelque part entre les ombres.
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Bøøty
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Jeu 12 Aoû - 21:31

ACTE II : Quelque part entre les ombres
Chapitre I :

Mémoires d'Emmet Noirbois

Je fermai les yeux et tombai sur le sol. J'entendais encore quelques voix, celle de mon petit-fils, celles de mes adeptes. Puis plus rien. La nuit, le vide, l'oubli. Je ne sais pas combien de temps j'errai dans les limbes, dans les sombres gouffres de l'espace et les insondables abîmes de la nuit. Je sombrai, je n'étais plus rien, plus qu'un souvenir noyé dans un océan de ténèbres. Je restai ici quelques temps, quelques minutes, quelques heures, quelques années, je ne sais pas. Le temps n'existait plus, j'étais loin de la fureur du monde, loin de la terre, loin du ciel. Je m'étais égaré quelques parts entre les ombres des sombres recoins de l'univers. Je parcourais à une vitesse incalculable l'espace et ses secrets, je rencontrai mon ancêtre qui fut l'un de ceux qui découvrit l'existence de Shudd-Abthoth. Je voyais les morts et ceux qui allaient naître du premier jusqu'au dernier.
Puis on m'appela et une énorme faille s'ouvrit devant moi. Je me dirigeai lentement vers celle-ci.
-"Viens Emmet." Faisait une voix, douce et caverneuse.
J'hésitai quelques instants et finis par marcher dans sa direction. Lorsque j'entrai enfin je fus happé par un tourbillon d'ombre et de lumière. Je tournoyais longtemps avant d'apercevoir un immense vortex tumescent et lumineux en face de moi, il m'attirait lentement vers lui et ses rayons brûlants fusaient dans tous les sens. Je hurlai quand l'un d'entre eux se fondit sur moi. Je tentai de me protéger avec mes bras mais rien ne pouvait me mettre à l'abris.
Je ne fus percé par le rayon. Une nouvelle sensation naissait en moi, c'était comme-ci j'étais brûlé par une flamme froide. Puis le ciel me vomit et je tombai sur le sol froid d'une vieille crypte. Au pieds d'une statue inquiétante qu'était-celle de mon arrière grand-père. En face de celle-ci se tenait un jeune homme, Roka Noirbois, assurément.
-"Emmet Noirbois !" Appela-t-il enfin. Les sons de sa voix résonnait anormalement dans le sinistre caveau, ses mots semblaient courir le long des murs avant de parvenir à mes oreilles. Je tentai alors de répondre et je remuai les lèvres. Aucun son n'en sortit. Je ne comprenais pas, je me tenais en face de lui mais il ne semblait ni me voir, ni m'entendre. Je compris enfin ce pourquoi il était venu.
-"Si ce vieux débris ma roulé..!" Jura Roka.
De toute évidence le fait de m'avoir appelé et de ne pas me trouver l'embêtait beaucoup, j'espérai juste qu'il se décourage et qu'il finisse pas partir. Mais il n'était pas homme à se laisser faire. Le pire dans toute cette histoire c'est que je l'ai façonné, je ne peux aujourd'hui m'en pendre qu'à moi-même. Mon petit-fils tentait alors sa chance, que je ne sois là ou pas il essayait. Je me souviens parfaitement de ce qu'il m'a imposé, j'aurai préféré rester mort plutôt que de subir ça à ce moment là.
-"Je t'interdit Emmet Noirbois, gronda-t-il, de pratiquer la magie sous toute ses formes, et ça pendant 100 ans et un jour."
Un rictus cruel se dessina alors sur son visage. Assurément j'étais maintenant visible car il regardait dans ma direction.
-"Je t'ordonne, Emmet Noirbois, d'oublier tout ce que tu sais sur la tablette et la magie noire." Fit-il l'air grave. Sa voix devenait de plus en plus faible et son visage était maintenant blême. Ses jambes tremblotaient comme si elles allaient casser à tout instant.
Puis d'une voix tremblante il déclara :
-"Je t'ordonne, Emmet Noirbois de me venir en aide."
Je fus parcouru d'une sensation étrange et singulière, j'avais l'impression d'exister à nouveau. On m'avait tiré de l'oubli, je me souvenais maintenant de tout ce que la mort m'avait ôté. Le goût, l'amour, la joie, la haine... Je regardai le corps de mon jeune petit-fils tomber lourdement sur le sol. Il y avait enfin une justice. Puis ma volonté m'abandonna, mes pieds marchèrent dans sa direction et mes bras le placèrent sur mes épaules. J'obéissais à sa troisième volonté. J'errai dans les catacombes à la recherche de la sortie. Je cherchai pendant longtemps lorsqu'enfin je découvrit une lourde porte de bois, la salle de rituel et de réunion était derrière. Je poussai la porte et pénétrai dans le long rectangle de pierre, j'aurai voulu l'abandonner sur un autel et le laisser mourir mais mes gestes ne m'appartenaient plus. Je me dirigeai alors vers le fond de la salle qui menait à la sortie et je poussai à nouveau une porte. Je me souviens que j'ai escaladé une échelle et que j'ai déposé le corps de Roka sur le seuil de la porte avant de fuir la propriété. MA propriété, et de courir, pendant des heures jusqu'à ce que le sommeil vienne me prendre. Puis plus rien, le noir à nouveau. Lorsque je m'éveillai j'étais allongé dans un lit inconfortable et puant. Une vieille femme en m'apercevant me lever apporta dans un bol craquelé un ragoût répugnant et suintant tout en bêlant d'une voix forte :
-"Il est debout ! Il est vivant !"
C'était sans nul doute un vieux paysan qui m'avait retrouvé quelque part dans le bois et m'avait ramené chez lui. Je déteste les pouilleux. Si j'en avais eu encore la force je les aurait tués, ces miséreux. Mais je sombrai dans un sommeil agité, une nouvelle fois.

Journal de Roka Noirbois

J'ouvris de grands-yeux quand je découvrais que j'étais dans ma chambre. La maison semblait étrangement agitée, j'entendais les voix normalement si silencieuses des sectateurs résonner dans la demeure. Je fis un effort pour m'extirper de mes draps et me mettait debout. Combien de temps avais-je dormi ? J'ouvrai grand ma porte et distinguai qu'au fond du couloir deux personnes discutai à voix haute. Ca ressemblait beaucoup à une dispute, les deux acteurs de celle-ci étaient Leana et cet idiot de Sombreastre.
Lorsqu'ils m'aperçurent ils s'interrompirent et me saluèrent. Puis Howard se dirigea vers les escaliers et me bouscula délibérément au passage.
-"Mon seigneur, fit Leana, nous avons de grave nouvelles."
-"Lesquelles ?" Demandai-je spontanément.
-"Il semblerait qu'un traître avait infiltré notre ordre. Il s'est... Emparé de quelques documents de l'ordre, de votre bureau, dans la bibliothèque, un peu partout en réalité. On peut craindre une attaque de la milice ce soir."
Mon coeur explosa. Mes documents ? Volés ? Tout cela pouvait entraîner ma chute, si ils prenaient connaissance de la tablette ! Je me précipitai vers mon bureau qui se trouvait au rez-de-chaussée non loin de la bibliothèque. Leana emboîta le pas tout en tentant de me rassurer.
Quand j'entrai enfin j'aperçut que ma fenêtre avait été brisée et que tout était en désordre. Je me ruai alors sur le pupitre à la recherche de la lettre et la trouvai finalement sous un des mes énormes bouquin. Ca eut pour principal effet de légèrement me rassurer mais j'étais toujours dans une colère noire.
-"Qui est-ce ?!" Grondais-je. "Qui a fait ça ?"
-"Il disait qu'il s'appelait Francis Mc.Caleb." Bégaya Leana.
Je frappai du poing sur mon bureau pour évacuer ma rage, une attaque sur le manoir pouvait être fatale. Et le fait d'avoir été roulé par un petit avorton m'énervait encore plus. Lui qui était tellement faible d'esprit ! Il ne savait même pas contrôler ses sentiments, j'aurai dû m'en douter. Moi qui naguère le considérait comme un ami ! Nous qui étions si proche dès l'enfance. je me souviens de nos rêves : Devenir de grands mages reconnus partout, chassant les ténèbres et leurs serviteurs. Tsss, quelle stupidité quand j'y repense. Il m'avait ensuite affirmé que tout ceci était du passé pour lui et que ce qu'il voulait maintenant c'était le pouvoir et rien de plus.
-"Essaye de te calmer." Dit-elle doucement en me voyant dans tout ces états.
Me calmer ? J'avais tout perdu ! Mon grand-père, ma femme, mon ordre ! Tout ! Tout sauf mon "immortalité" bien entendu. J'eus alors une idée, et je devais me mettre à l'ouvrage tout de suite. C'était certes, un peu fou, mais je devais tenter.
-"Tu as trouver le temps pour les crânes ?" Lui demandai-je.
-"Heu oui, oui, fit-elle, j'ai les deux. Mais enfin, pourquoi ?" Répondit-elle.
-"Dépose les dans cinq minutes sur mon lit. Et va me chercher celui d'un gosse ou d'un nourrisson. Pour ça tu as deux heures grand maximum."
-"Où veux-tu que je trouve ça ?" Questionna-t-elle.
-"J'ai un fils." Dis-je, amusé.
-"A ce propos, il l'a emmené avec lui. Il se disait sans doute que ça n'était pas une vie pour en gosse."
-"Tant mieux." Dis-je froidement. "Mais trouve moi ça quand même, il doit bien y avoir des gosses dans la région." Puis je quittai la pièce, avec la lettre en main et prenais soin d'en déchirer une partie. Ne laissant que :
"Tu ne pourra revenir que si quelqu'un le souhaite et se rend sur ta tombe. Et on ne peut te faire revenir qu'une fois ! Une seule et unique fois !. Là, il devra t'ordonner ou te demander de lui rendre trois services."
Je me dirigeai vers la bibliothèque et saisissait tous les livres qui me seraient nécessaire. Le tome des sorcières, les manuscrits ésotériques, le compendium des ombres. A force d'écrire les formules je les connaissaient par coeur et j'étais presque prêt. Je relisais le tout et attendais patiemment la venue de Leana. Qu'elle vienne ce soir, cette foutue milice ! Je l'attendais de pied ferme. Les sectateurs encore en vie se battraient jusqu'à la mort. Ca n'est quand même pas une misérable bande de gueux armés de fourches qui vont défaire des sorciers.
J'avais tout planifié si je venais à mourir. Je les attendaient ces foutu pouilleux, ils n'avaient qu'à venir.

Journal de Francis Mc.Caleb

C'est terminé ! J'ai réussi ! Cinq années passées dans ce foutu manoir à écouter les sermons du vieux débris sur les anciens dieux et leur pseudo puissance. Mais ce soir tout sera fini ! Tout ! Sombreastre, Rougemont, Mortebrume, Noirécume...
Tous allaient tomber. La nouvelle de ma réussite a fait le tour de la ville. J'ai été accueilli en héros, c'était tout simplement épique. Au moins deux cents villageois ont prit les armes et sont prêts à partir, et leur nombre ne cesse de grandir. Malheureusement dans ce genre d'opération au moins trois villageois sur dix se dégonfle au moment de partir. Et en plus ils trouvent toujours une excuse bien débile. Il y a aussi ceux qui fuient en voyant leurs camarades se faire décimer, ce qui est un peu plus normal Bref, les chefs de l'expédition seront :
-Dexter Nesscht, il guidera ses hommes jusqu'à la porte du manoir, une fois devant ils défonceront tout ça et s'occuperont des sorciers.
-Charles Hartman, lui il s'occupera d'encercler avec sa troupe le manoir et la propriété.
-Elie Wrooz qui sera chargé d'aider les groupes en difficultés. Si quelque chose cloche il lancera ses hommes à l'assaut.
Et le meilleur pour la fin !
-Winston Ward et moi-même, nous devrons nous charger des catacombes, en passant par le puits. Nous aurons la majorité des hommes puisqu'avec ce que j'ai vu dans les catacombes : Notamment ses horribles monstres mi-hommes mi-animals, pourvus de longs tentacules.
J'ai aussi entendu parler d'une entité qu'ils nommaient Kyagath, j'ose espérer qu'elle erre dans le bois, je n'ai pas le coeur à terrasser une créature titanesque.
J'espère ramener Roka en vie, nous qui étions si proche naguère. Je ne veux pas le détruire, je ne l'ai jamais voulu, juste le remettre sur le droit chemin, comme tout le monde en ville, on attribuera ses crimes à Emmet et tout redeviendra comme avant. J'aimerai vraiment voir le Roka que j'ai connu alors qu'il avait treize ans. L'être sympathique qui voulait devenir mage plus tard. Rêve que nous partagions. Cependant j'ai été le seul à le voir se réaliser. Je prie pour qu'il retrouve la raison, puisse-t-il la retrouver ce soir. Je regrette d'avoir emmené avec moi son fils mais il était hors de question que celui-ci reste dans la maison alors qu'un événement horrible se préparait.
Voilà qu'on sonne le cor ! Je vois dans les rues les cavaliers et les combattants se préparer ! La lumière soit avec nous !


ACTE II : Quelque part entre les ombres
Chapitre II : Le calme avant la tempête

Journal de Roka Noirbois

Lorsque je remontai dans ma chambre je découvrais avec étonnement et soulagement que sur mon lit était disposés deux crânes humains. Deux seulement, mais le reste n'allait pas tarder à arriver. Je l'espérai tout du moins. Aussi je me mettais directement à l'ouvrage, le travail permet d'oublier ses problèmes, et des problèmes j'en avais des tonnes. Tiens en parlant de ça je n'ai toujours pas enterré le cadavre de Cassandre, mais enfin bon, j'avais bien plus important à faire. Je posais alors les deux crânes dans une sorte de grand récipient et à l'aide de la crosse d'un vieux fusil de chasse -qui naguère avait appartenu à mon arrière grand-père- je commençai à broyer le tout. Au bout de trente minutes d'effort j'avais éliminé le plus gros de mon travail, il ne restait plus que quelques fragments d'os, noyés dans un océan de poussière de cadavre. Je continuai sans relâche pendant encore une vingtaine de minute jusqu'à ce que la fatigue ne m'oblige à cesser. Mais que faisait Leana ? Je commençai à m'impatienter ! Mais enfin, j'avais encore du pain sur la planche pour me permettre de tuer le temps. Et le fait de savoir qu'une bande de gros débiles allaient débarquer ici-même cette nuit me rendait nerveux. Je savais comment j'allais les accueillir, de toute évidence ils allaient emprunter la route qui traverse la forêt et qui mène ici. Il y avait d'ici jusqu'au village au moins vingt kilomètres. J'en déduisais donc qu'en arrivant ici ils seraient fatigués et peut-être feraient-ils une pause, qui sait ? Malheureusement pour eux ils ne devaient jamais atteindre le manoir. La mort allait les frapper alors qu'ils parcourraient le bosquet.
Bref, je me remettais à mon travail morbide tout en attendant "patiemment" le retour de Leana. J'ouvrai de grands yeux quand je l'aperçut marchant tranquillement en direction du portail, sans se presser. Je lui avait pourtant dit que c'était important ! Mais bon, elle semblait avoir quelque chose comme un crâne en main, je l'espérai tout du moins.
-"Voilà, fit elle en me tendant le crâne, c'est ce que tu voulais, non ?"
-"Tu es bien sûre que c'est celui d'un enfant, hein ?" Lui demandai-je.
-"Ah, zut, non. J'ai juste pris ce crâne dans la tanière de l'ours que les vieux ploucs appellent le Croque-mitaine." Rétorqua-t-elle.
J'émettais un petit cri aigu, je lui avait pourtant dit un crâne d'enfant !
-"Ca va, je suis pas débile j'en ai pris plusieurs au cas où." Fit-elle en me présentant un sac de toile puant la mort.
Je les inspectai rapidement et je jugeai que - d'après leurs formats- ils ne pouvaient être que ceux de gosses, de gnomes ou bien de nains. Je tentai alors ma chance. Je pris le plus petit et commençai à le broyer.
-"Bon, maintenant tu va répondre ? Tu fais quoi là ?" Questionna-t-elle surprise par l'étrange rituel que je suivais.
-"Hein, rien, rien. Va parler aux sectateurs. Dit leurs que tout est dans la poche, que Shudd-Abthoth épargnera leurs âmes et qu'ils renaîtront de leurs cendres si ils tuent au moins vingt personne. Enfin, toutes ces conneries là tu vois ce que je veux dire ? Pour qu'ils donnent le meilleurs d'eux même lors de l'affrontement. Au fait, il reste combien de membres ?"
-"On doit bien être soixante, la moitié est à genoux en train de prier dans le salon. Les autres sont dans leurs bureaux ou s'entraînent." Dit-elle froidement.
Je ne répondis point et je continuai d'abattre la crosse de mon arme sur les crânes. Le temps passait, il devait maintenant être dix heures du matin. Une fois que j'eus fini je verrouillai la porte de ma chambre afin que personne ne puisse me perturber lors de mon rituel et je tentai de me souvenir des instructions de mon grand-père. Il fallait ensuite - d'après mes souvenirs - répandre la poudre d'os de manière à tracer un cercle sur le sol. C'est ce que je fis, je commençait par ôter le tapis tressé à la main, déposé sur les lattes de bois de la vieille chambre, dans le but de gagner un peu de place. Une fois cela fait je déposai la moitié de la poussière de cadavre sur le plancher et tentai de tracer une figure relativement ronde. Lorsqu'enfin le résultat me satisfit je me plongeai dans les tiroir de ma commode à la recherche de quelques bougies. J'en trouvais six, et les sortaient toutes. Puis je les posai doucement sur le cercle grisâtre. Il me fallait maintenant une flamme. Je l'obtins aisément en créant une légère étincelle au bout de mes doigts, allumer la mèche était ensuite un jeu d'enfant. C'est aussi pour ça que j'aime la magie du feu. Il ne me restait plus que la formule, je la trouvai aisément dans le Compendium des ombres, le numéro de la page ne m'avait pas échappé : 610.
Je m'assurai donc que le couloir était vide et je me mis à psalmodier doucement les vers de l'incantation blasphématoire :

Ky'nefret ky'nefret ay'ga athoth
N'ghyar a-t'arh Shol'S'got
Htohta ga'ya k-k'y terfen'yk
Gh'n'aif nahr kefren !
Kal'got ! Kal'got yk tefren yk
Fia'n'hg rhan Kol goth !

Un nuage passa devant le soleil éclatant du matin. L'air se refroidit brusquement et j'aperçut depuis le jardin les étranges arbres de la propriété, leurs feuilles se détachaient bizarrement des branches et entamèrent une danse diabolique. Tournoyant et s'élevant jusqu'à atteindre ma fenêtre. Je replongeai mon regard dans l'ouvrage interdit et relis d'une voix plus forte cette fois-ci :

Ky'nefret ky'nefret ay'ga athoth
N'ghyar a-t'arh Shol'S'got
Htohta ga'ya k-k'y terfen'yk
Gh'n'aif nahr kefren !
Kal'got ! Kal'got yk tefren yk
Fia'n'hg rhan Kol goth !

La fenêtre s'ouvrit en grand et les feuilles entrèrent. Elles semblaient chuchoter dans un langage démoniaque que je ne saisissais pas. La tornade ne cessait de tourner et je cru voir deux yeux jaunes se découper étrangement au centre de celle-ci. Je demeurai immobile, j'assistai à un spectacle impie, une entité innommable se manifestait. Tout droit sortit d'un ténébreux abîme insondable.
-"Tu m'a convoqué moi, guetteur du vide et maître des gouffres de la nuit, par le rituel d'Ishi-zrho. Offre moi ton sang et tu obtiendra ce que ton coeur désire." Déclara une voix caverneuse qui fit légèrement trembler la maison.
Je restai sans voix, il me fallu au moins dix secondes avant de me précipiter sur mon tiroir, de sortir une paire de ciseaux rouillés et de me l'enfoncer dans la paume de ma main. Je présentai ensuite mon poing ensanglanté à celui qui me faisait face attendant qu'il se manifeste à nouveau. Ca ne tarda point, je découvris avec horreur que mon sang s'échappait de ma plaie pour flotter bizarrement vers les deux yeux jaunes qui me fixaient méchamment. C'est alors qu'un épisode prodigieux s'opéra. Les bougies furent instantanément soufflées par un vent glacial. Des gueules noires et béantes se dessinèrent dans les feuillages et se mirent à bêler des phrases incompréhensibles dans une langue oubliée. Le ciel s'assombrit dangereusement tandis que les chuchotements des feuilles s'intensifiaient. Je perdis connaissance, mon seul souvenir fut celui d'une bête hideuse qui se penchait sur moi.
Je rêvai d'un paysage étrange et morne, le sol tait fait de cendres et une brume étrange planait au dessus de celui-ci. Des corbeaux, posés sur les arbres tordus croassait en me toisant, je voyais dans leurs yeux livides et froids une immense flamme bleutée brûler étrangement. Je tentai de les ignorer et suivi une petite route sinueuse de gravier qui me mena jusqu'à une grille rouillé qui me fit frémir. Ma volonté m'abandonna soudain, mes mains poussèrent le portail tandis que mes jambes s'animaient et continuaient de suivre la route. Devant moi s'étendait une bonne centaine de tombe grises et lugubres qui suscitèrent en moi la crainte et la satisfaction. Je sillonnai encore les pierres tombales quelques minutes et ma marche cessa, me plantant devant un monument particulier. C'était une tombe de pierres noires et sinistres, une gargouille surplombait la tombe et son regard dédaigneux elle semblait me toiser. Gagné par l'épouvante je baissai les yeux et sursautai en découvrant qu'il était inscrit sur la pierre tombale les mots mystérieux :
Ici gît Roka Noirbois
Je demeurai silencieux quelques instants et contemplai cette inscription bizarre. Je la relu une seconde fois, puis un troisième pour m'assurer que mes yeux ne me jouaient pas de tours et tombai dans un silence et une immobilité mortelle. Une griffe se posa sur mon épaule et la serra violemment. Je fus tenté de me retourner mais quelque chose m'en dissuada.
-"Tu es perplexe." siffla quelqu'un derrière moi. C'était un murmure désagréable semblable à celui d'un serpent sournois. Sa voix était calme et il y avait une assurance presque désagréable dans celle-ci.
-"Le rituel que tu viens de suivre te permettra de survivre plus longtemps que la plupart des autres, il allongera ton espérance de vie et t'offrira la possibilité de te relever une nouvelle fois après ta mort. Il ne garanti en aucun cas la véritable immortalité. La mort... Elle viendra inexorable et invincible, elle te fauchera et tu rejoindra les trépassés, à l'instar de ceux qui se sont adonnés à ces rites impies. Et ton âme torturée par cette pratique immorale et infâme errera dans les limbes, déchirée par le remords et le chagrin de tes actes à venir."
Je ne répondis point et attendis patiemment.
"Le serpent. C'est l'animal qui te ressemble le plus. Fourbe et trompeur, vil et cruel, c'est ce que tu reflétera aux autres. Tout le monde te fuira et te méprisera. Tu oubliera alors l'amour, l'amitié, la joie. C'est pourtant ça qui sépare l'homme de l'animal. Le voilà le résultat de ton expérience."
J'ouvris enfin la bouche pour demander :
-"Je n'ai jamais connu la joie. Je n'ai jamais connu l'amour. Je n'ai jamais connu autre chose que la colère. Qu'importe les sentiments, quand on a la puissance, la renommée, le prestige. Au diable tout ce qui me sépare du serpent, la défiance et la puissance sont invincibles. Je serai invincible, je ne regretterai rien."
Il marqua une longue pause et je sentis une griffe se poser sur mon épaule. Puis sa voix résonna de nouveau, toujours aussi provocatrice et mauvaise, elle me glissa quelques mots à l'oreille.
-"Ainsi soit-il." M'a-t'il dit avant de disparaître.

Puis je m'éveillai. Dewee, penché sur moi me secouait vivement et lorsqu'il me vit ouvrir les yeux il m'informa qu'il était maintenant midi, et que je devais parler aux membres, je n'en fis rien, je devais descendre aux catacombes pour m'occuper de quelques petites choses. J'empruntai donc le vieux puits et me rendais dans les profondeurs froides et obscures des vieilles cryptes impies. Je cherchai quelque chose de bien précis : La grille de fer qui abritait ceux que mon grand-père nommait : Les légions du dessous. La prière se trouvait dans le Tome des sorcières à la page 142. Ne trouvant pas la grille après au moins vingt minutes de fouille je pris la décision de lire la formule à voix haute pour que les bêtes en questions se manifeste. A peine avais-je prononcé la dernière syllabe qu'une clameur formidable s'éleva des profondeurs. Les cris étaient aigus et irréguliers, rappelant les plaintes de morts tourmentés. En même temps que la désagréable cacophonie continuait d'énormes bruits de chocs collosaux se firent entendre. C'était comme-ci la porte était forcée. Il y eut ensuite un craquement semblable à quelque chose qu'on brise puis les cris reprirent. Ils se rapprochaient de moi, résonnaient dans les galeries, j'espérai que la formule servait à les dominer. Au bout d'un certains temps ils apparurent, ils étaient grands et répugnants. Ceux-ci étaient pourvus de longs tentacules destructeur et humide et leurs têtes têtes semblables à celle de pieuvres suffisaient à décourager les plus braves héros. A ma grande surprise ils ne me firent aucun mal, ils me fixaient avec leurs yeux minces et ovales attendant sans doutes mes ordres. C'est ainsi que je mettais mon plan à exécution.

Journal de Winston Ward

Nous voilà partis depuis maintenant une ou deux heures, j'écris en même temps que mon cheval avance aussi je cesserai bientôt. Nous devons bien être deux-cents-cinquante hommes comme femmes. Parmi nous Francis Mc.caleb, Nathaniel et Ezenathe Noirbois qui n'en veulent pas vraiment à leur fils, ils soutiennent qu'il a été possédé par les sorciers de la clairière il y a maintenant neuf ans de cela. C'est ce que je prùne moi aussi, je suis sûr qu'il a encore de bons côtés. C'est fou comme le bois se transforme arrivé à un certain niveau. Je peux l'observer depuis les collines rondes et verdoyantes que nous empruntons maintenant. On dirait que tout est mort ou agonisant. Les hauts arbres me font penser aux monstre dont je rêvais quand j'étais encore gamin. Il y a aussi certaines légendes qui circulent sur le bois. Qui parlent de bêtes qui dorment dans les lacs depuis des temps immémoriaux. Qui se cachent dans les galeries secrètes creusés sous les arbres. Qui hantent le ciel et les astres, et contemplent la terre depuis l'espace inexploré. Je me souviens de tout ceci, tant d'horreurs et de légendes chimériques qui me glace le sang. Non pas que je sois quelqu'un de peureux mais j'ai entendu des récits terrifiants qui impliquaient la présence d'êtres monstrueux et impétueux que seul les sorciers peuvent dominer. Nous voilà dans le bosquet sinistre, la route est la proie du temps et des intempéries, elle semble complètement s'effacer à mesure qu'on s'enfonce pour réapparaître un peu plus loin. A croire que la nature a reprit le dessus.
Autre chose étrange : L'absence de bruits ou de présence animale. C'est à peine si on entend le vent, et quand on l'entend il sembla nous apporter un chuchotement lointain qui aurait traversé les âges. Apparemment je ne suis pas le seul à l'entendre. Bien, nous voilà maintenant devant une rivière aux eaux scintillantes de qui coupe le terrain en deux. Un grand pont de pierre permet de passer par dessus. C'est bizarre, j'entends un bruit particulier. un piétinement furieux et des cris de rage. Ca s'approche de nous, tout le monde l'entend ! Grand dieu ! La forêt grouille de


ACTE II : Quelque part entre les ombres
Chapitre III : Confrontation


Une épaisse fumée noire et âcre s'élevait du bois mort. La brise apportait aux narines des voyageurs le délicieux parfum de la chair et du sang. Des flammes s'élevaient, rongeant les grands arbres et les faisant s'écrouler sur la route. Des coups de feu retentissaient, suivit de cris de désespoir et d'agonie.
-"Ils gagnent du terrain ! Ne les laissez pas passer le pont ! Tuez les tous !" Faisait la voix du jeune commandant Winston Ward.
Les mousquets crachèrent une salve de balle qui frappèrent les envahisseurs et les envoyèrent rejoindre la tombe. Une nouvelle vague de démons hurlants déferla de l'autre bout de la route, se précipitant et se bousculant pour passer le pont de pierre. C'était des créatures difformes et répugnantes dotées de quatre long tentacules qui traînaient sur le sol boueux. Ils se tenaient sur deux pattes mais se déplaçaient à la manière de bêtes animales telles que le loup ou l'ours. Une énorme tête de pieuvre était grossièrement posée sur leur corps et leurs yeux jaunes semblaient lancer des éclairs. Six gueules humides et pleines de dents s'ouvraient sur leurs corps repoussants. C'était des abominations tout droit sortie d'un gouffre de l'enfer que seuls les fous peuvent décrire lors de leurs délires.
-"Tirez bon sang !" Beuglaient les combattants en proie à la panique.
Une salve de balles partit et tua encore quelques unes de ces monstruosités, pas assez malheureusement pour écarter le danger qui fondait sur eux. La horde hurlante déferla sur le pont, balayant à l'aide de leurs griffes molles les quelques résistants qui n'avaient pas encore perdu espoir. Ils piétinèrent sauvagement les pauvres blessés qui rampaient pour s'en sortir. En l'espace de quelques secondes, la marée ténébreuse avait défait au moins trente hommes.
-"Faut se replier !" Hurla un vieux paysan paniqué. "Le vieux Noirbois se laisse pas faire ! Il a convoqué les chiens des enfers pour nous retarder !"
La voix de Francis Mc.Caleb triompha du vacarme assourdissant de la bataille et s'éleva dans les airs "Non ! Maintenez vos positions et repoussez les !"
Les braves combattants redoublèrent d'efforts. Ils se lancèrent sur ces légions de cauchemar et tentèrent tant bien que mal de les terrasser. La mêlée tourna au carnage, les pauvres soldats en première ligne furent repoussés en arrière avec une force cyclopéenne. Ceux qui étaient alors encore en retrait cédèrent à la panique en s'apercevant de la mort atroce de leurs camarades que les bêtes avaient propulsés à une vitesse folle sur le arbres et leurs branches, en empalant ainsi la moitié.
-"Vous !" S'écria le jeune Ward tout en pointant du doigt un cavalier "Retournez à la ville ! Qu'ils amènent des renforts au plus vite !" L'homme au destrier s'exécuta et fondit comme une flèche en direction du village. Le bruit piétinement régulier et mélodique des sabots du cheval blanc sur les pierres diminua jusqu'à disparaître.
L'armée des enfers progressait toujours, faisant reculer les quelques deux-cents combattants restant. A chaque seconde un nouveau combattant perdait la raison ou bien fuyait la bataille, en proie à une indicible terreur. C'est alors, tandis que tous avaient perdu espoir, que le jeune Mc.Caleb invoqua sur ses ennemis une pluie de grêlons meurtriers qui les transpercèrent et abattit nombre des atrocités. Les villageois retrouvèrent leur courage et chargèrent furieusement les créatures démoniaques. Complètement surpris par cette nouvelle ardeur les aberrations reculèrent en chancelant.
-"FEU !" Hurla le vieux commandant Hartman.
Les mousquets crachèrent le feu une nouvelle fois et allongèrent de nombreux démons. "Reprenez le pont ! Faites les reculer ! Courage mes frères !" Poursuivait le vieil Hartman de sa voix forte et tremblante. Les derniers molosses des abysses furent terrassés et le pont reprit. Les dernières créatures rebroussèrent alors chemin en hurlant.
-"Rassemblez vous !" Ordonna un homme ivre de joie. Les braves survivants s'exécutèrent et se rassemblèrent devant le pont. Puis d'énormes cris de joie s'élevèrent "Victoire ! Victoire !" beuglaient-ils joyeusement.
-"Ne criez pas victoire trop tôt, coupa Mc.Caleb, ils ont fuit, ils n'ont pas dit leur dernier mot."
Les paysans marmonnèrent quelque propos incompréhensibles et les cris cessèrent.
"Vous savez que j'ai infiltré la secte pendant plusieurs années. Et je crois que le pire reste à venir. Ils... Ils parlaient de temps en temps d'une créature issue des abîmes insondable de l'océan. Dans leurs voix se mêlaient la peur et le respect.... Ils l'appelaient Kyagath. Celui qui ère dans les ténèbres. J'ignore où ils le cachent ou si il est nécessaire de l'invoquer mais quoi qu'il en soit soyez prêt. Tenez vos fusils à portée de mains et v..."
Un hurlement mi-humain mi-animal interrompit le jeune commandant et replongea la troupe dans la crainte.
-"Ygh.. N'g Mas-s-s-sacrez les !"
La terre trembla. Le ciel s'assombrit. Une clameur s'éleva et une nouvelle horde d'êtres répugnants progressa rapidement en direction du pont. Tous les mousquets crachèrent au même moment et l'air fut empli d'une désagréable odeur de poudre. De nombreux géants s'effondrèrent mais chaque fois qu'un autre succombait un nouveau prenait sa place. Les bêtes infernales bondirent alors sur leurs cibles et les piétinèrent . Une nouvelles fois les humains durent céder le pont. Leur nombre diminuait dangereusement tandis que celui des monstruosité de la terre ne cessait de grandir. Grand dieu ! Quel gouffre obscure vomissait ses entités mi-humaine mi-démoniaque ? Quand cela allait-il cesser ? L'odeur de la mort et de la profanation blasphématoire envahissait la forêt, se mêlant à la puanteur des cadavres de démon. La région retenait son souffle, comme en proie à une ineffable épouvante.
Tout espoir était maintenant perdu, ils n'atteindraient jamais le manoir Noirbois. Roka était perdu. La bataille était perdue. La forêt était perdue. La ville l'était aussi. L'invasion des démons seraient stoppée par les paysans des autres villages, mais eux allaient périr.
Cependant ils ne s'enfuirent point, si il fallait mourir autant le faire en héros. Les épées et les fourches s'abattaient brutalement sur les bêtes et leur sang noir ruisselait sur le pont et se mêlait parfois à l'eau claire de la rivière. C'est alors qu'un cor retentit, produisant un son semblable aux plaintes des anciens rois des montagnes oubliées. Loin, une centaine de mètres derrière eux une véritable marée humaine s'était mise en marche. Le cavalier était aller chercher de l'aide en ville et avait rassemblé quelques nouveaux combattant. Quelques ? Que dis-je ? Une centaine ! La fureur de leurs pas faisait trembler le sol et frémir les affreux assaillants. La mêlée qui suivit fut d'une violence sans nom. Les chevaux lancés à toute vitesse sur les monstruosités cauchemardesques les renversèrent tandis que les soldats les achevaient. La peur qui paralysait les combattants avait laissé place à la colère et à la haine implacable. La nuée maléfique fuyait en hurlant, poursuivie par les combattants victorieux. De nombreux coups de fusils partirent et tuèrent quelques monstres en déroute.
-"Finissez les ! Ils ne doivent pas atteindre le manoir !" Fit la grosse voix de Dexter Nesscht.
La course durait depuis maintenant une bonne dizaine de minute. Tout ça sous l'oeil attentif des hauts arbres courbés. Au bout d'un certain temps la forme inquiétante de la demeure des Noirbois se découpa érangement dans le ciel. Froide et puissante, semblable à une citadelle imprenable renfermant les pires horreurs. Soudain un épais brouillard naquit, il rasait le sol et se déplaçait lentement. L'air se refroidit et les cris de joie cessèrent. En même temps que la légère brume avançait un vent glacial chuchotait d'étranges phrases dans un langage démoniaque.
-"Arrêtez vous, ordonna Nesscht, c'truc là n'est pas naturel."
La traque cessa et les chasseurs se stoppèrent. Puis dans la sinistre brume se dessinèrent une dizaine de formes tout de noir vêtues. Des cris de colère et de haine s'élevèrent tandis que l'un des hommes sorti du brouillard s'avançait.
-"Mes félicitations, mes amis. Vous vous êtes plutôt bien débrouillés et j'ose espérer que votre esprit est solide car, ce que vous avez affronté jusqu'à présent n'est qu'un avant-goût de ce que je vous réserve, fit-il de sa voix calme et cultivée, cette bataille illustrera un nouvel âge de ténèbres pour la région."
-"T'es qui toi pour parler ainsi ?! Vous croyez que vos p'tites bêtes vont nous défaire ? Ha ! On va les écraser comme on vient d'le faire !" Rétorqua un vieil homme sur un ton désobligeant.
Le sorcier esquissa un sourire et ôta sa capuche avant de déclarer gravement :
-"Mon nom est Roka Noirbois. Votre ténacité est admirable, tout comme l'est votre courage. Mais les choses que j'ai lancé à vos trousses pour stopper votre avancée ne sont rien comparé à ce que vous allez affronter. Je vais vous montrer ce qu'est la véritable horreur, et ce que vous appelez l'épouvante. Nous vous attendons derrière ces grillages. Sachez que là où vous combattrez il n'existera pas de lumière, juste l'obscurité et vos pires cauchemars. L'ombre sera juré, juge, et votre exécutrice."
Une fois qu'il eut fini son discours la brume se dissipa et à la grande surprise de tous, les sorciers s'étaient éclipsés. Silencieusement les combattants reprirent la route jusqu'à l'imposant manoir. Leur moral était au plus bas. Combien étaient morts dans la bataille ? Combien encore allaient mourir ? D'innombrables questions se bousculaient dans leurs têtes tandis qu'ils s'approchaient lentement des grilles. Comme une procession de fantômes. Ils remarquèrent un étrange signe peint sur celle-ci, un oeil blanc qui semblait briller d'un éclat maléfique. Bien décidé à venger les trépassés la horde humaine déferla en direction du portail, cependant personne ne parvint à l'atteindre. Tout les paysans qui avaient le malheur d'approcher le signe perdaient la raison et dévalaient la pente en hurlant. Les commandants ouvrirent de grands yeux en apercevant cette manifestation de sorcellerie blasphématoire.
-"Repliez vous !" Hurlèrent-ils en même temps qu'ils faisaient de grands gestes avec leurs mains. Les soldats s'exécutèrent et rejoignirent les meneurs.
-"Faut passer par la crypte, on a pas le choix ! Il y a une entrée, derrière la demeure. Un passage étroit qui mène directement dans les catacombes." Fit une voix.
-"Non, c'est un piège. Je soupçonne l'entité de se trouver dans les souterrains."
Des cris retentirent suivit d'énormes explosions.
-"Les sorciers nous bombardent depuis les fenêtres ! Il faut s'abriter dans la crypte ! Faites le tour ou on meurt tous !"
Mc.Caleb protesta :
"N...Non ! C'est un piège ! Tirez leurs dessus ! Maintenez vos p...."
Trop tard, la marée humaine en déroute le bouscula et l'entraîna avec elle en direction des catacombes....
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Bøøty
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Jeu 12 Aoû - 21:32

ACTE II : Quelque part entre les ombres
Chapitre IV : Celui qui ère dans les ténèbres

"Et des mondes sous-marins émergera à nouveau celui qui ère dans les ténèbres. Son courroux balayera la terre et retournera le ciel. Sa main frappera les cités des hommes. Son souffle fera s'effondrer la citadelle. Ses yeux que l'obscurité a rendu vitreux et aveugles guettent, calculent et analysent. Car il n'ignore rien de ce qu'il se passe au dessus. Viendra le jour où il sera de nouveau invoqué pour régner là où il régnait jadis."
Extrait du Tome des sorcières.

Nous courions maintenant depuis plusieurs dizaines de minutes. De toute évidence il valait mieux emprunter les obscurs souterrains des catacombes que de s'exposer aux tirs des sorciers, cachés derrière les longues fenêtre du manoir. Nous devions encore être environ cent à cent-cinquante mais malgré notre nombre nous désespérions. Milles et unes pensées se bousculaient dans ma tête. Qu'adviendrait-il si nous échouions ? Que deviendrait la région ?
Nous approchions donc dangereusement de l'entrée des cryptes et je sentais mon coeur accélérer. Il y avait devant celle-ci quelques sorciers qui en nous apercevant nous lancèrent d'étranges sorts destructeurs.
-"A couvert !" Criai-je tandis que je ripostai à l'aide d'énormes boules de feu.
Je tuai la majorité des occultistes qui gardaient l'entrée et les fusiliers s'occupèrent du reste.
Plus que jamais je sentais que nous venions d'être piégés. Comment une crypte dans laquelle se terrait sans doutes la majorité des sectateurs de l'ordre occulte pouvait-elle aussi mal surveillée ? Et cette entité. Ce Kyagath, ne pouvait se cacher qu'à un seul endroit. "Celui qui ère dans les ténèbres" C'était évident. Le lieu le plus sombre de la région ne pouvait être que les sous-sols obscurs des catacombes. Tout avait été soigneusement étudié et planifié par les fanatiques de la secte. La braise du couchant déclinait maintenant, teintant l'horizon d'un rouge sang. La nuit arriverait bientôt, nous plongeant inévitablement dans les ténèbres. L'avantage était à l'ennemi.

Je me souviens de l'entrée des catacombes. C'était un passage de pierre qui s'enfonçait dans la terre. Celui-ci était assez étroit, et inquiétant, il était fait de marches de marbre qui menaient aux cryptes. Un à un nous descendîmes dans les sombres profondeurs de la terre. Il faisait froid, tellement froid que ça semblait presque surnaturel.
Au bout d'une minute de marche nous arrivâmes dans une large salle sentant la mort et la profanation. C'était un long rectangle d'environ quarante mètres de longueur sur trente de largeur. Le sol était tapissés de vieux ossements rongés par les rats et une légère brume planait au dessus du sol. Nous marchâmes lentement vers le fond de la salle. A mesure que nous avancions l'obscurité semblait s'épaissir doucement. Au bout de quelques minutes de marche nous distinguâmes que trois passages s'ouvraient devant nous, tous aussi terrifiants les uns que les autres. Ward, moi-même et un nombre très réduit de combattant choisirent celui de droite. Hartman, Wrooz et nombre de soldats prirent la galerie de gauche. Le reste s'engouffra dans celle de droite.

Au bout d'un certain temps mes yeux s'accoutumèrent à l'obscurité. Nous marchâmes longuement, prenant soin de ne pas écraser les ossements qui traînaient sur le sol de peur qu'on nous entendes. Nous pénétrâmes alors dans une salle faiblement éclairée et au fond de laquelle j'aperçut une énorme grille en or. Bien qu'il était possible que mes yeux me jouaient des tours j'aurai juré avoir vu quelque chose bouger au fond. Une indescriptible puanteur régnait dans la pièce et l'un de nous manqua de s'évanouir en respirant l'air pestilentiel. C'était comme l'odeur de mille cadavre en décomposition, rongés par des vers nécrophages gloutons aussi répugnants que les corps morts qu'ils déchiraient. Lorsque nous fûmes tout prêt de la large herse, une voix brisa le silence en récitant une incantation démoniaque et interdite. Chaque syllabe pénétrait mon esprit et brûlait ma cervelle en plus de me paralyser. Jamais je n'oublierai cette formule impie, et retranscrite ça ressemblait grossièrement à :
"Hu rwar shi Aif' ish-ish yas k'k'ahy-hy kathgan"
La lumière faiblit légèrement et un vent glacial souffla dans la galerie. La voix venait de derrière nous et je pus voir très clairement un homme qui s'enfuyait en riant. Je n'eus pas le temps de faire un geste, un immense cri retentit et nous restâmes paralysés. Je tentai de bouger mais mon corps n'obéissait plus. Puis le lourd portail en or fut brisé par un immense tentacule noir. Une masse informe s'avança alors. C'était un monstre horrible légèrement masqué par l'obscurité. D'immenses gueules pleines de dents s'ouvraient sur ce qu'on pourraient appeler son corps, dont une immense qui semblait être à l'origine du hurlement. La bête s'approchait lentement jusqu'à presque nous toucher et je pus sentir son souffle nauséabond sur mon visage. Comme l'avait prédit Roka j'apercevais pour la première fois ce qu'était la véritable horreur. Un de ses membre titanesque saisit un paysan affolé et le jeta contre le mur. Son gémissement de souffrance me fit reprendre mes esprits à moi et à mes camarades. Les fusiliers firent feu sur l'aberration. Ca ne sembla lui faire aucun effet, si ce n'est le mettre en colère car il m'agrippa moi et un autre par la cheville et me plaça juste au dessus de sa gueule grande ouverte.

Mon premier réflexe fut de me débattre avant de lui envoyer une énorme boule de feu dans le gosier pour lui couper l'appétit. Là encore, aucune réaction de sa part. Ward a alors décidé d'agir. Il tira son épée et frappa de toute ses forces sur le tentacules qui me retenait prisonnier. La bête hurla et me lâcha. J'eus juste le temps de m'accrocher à un de ses crocs pour ne pas me retrouver au fond de sa gueule. De toute évidence il n'a pas aimé et s'est mis à remué dans tous les sens pour me faire lâcher prise. Je redoublai d'effort pour rester accroché et hurlai à mes compagnons d'armes de s'attaquer à ses tentacules. Ils s'exécutèrent et firent feu sur ses étranges membres qui gigotaient et s'abattaient sur tout ce qui bougeait. Bizarrement, chaque fois qu'un tentacule tombait, un autre sortait du sol pour prendre sa place. Et moi, je commençai peu à peu à lâcher prise. Puis il s'arrêta, leva la tête comme si il recevait des ordres chuchotés dans un langage oublié puis d'un geste violent ses tentacules balayèrent les hommes présents. Cinq moururent sur le coup, écrasés par le poids de ses puissants membres. Winston ne fut que gravement blessé car je l'entendais encore gémir. Une de ses griffes molles me saisit alors et me cogna plusieurs fois contre le mur jusqu'à ce que je perde connaissance. La dernière chose que j'ai vu c'était l'atrocité cyclopéenne saisir mes compagnons et se diriger vers le fond de la salle, à l'opposé de la porte dorée.

Lorsque j'ouvris les yeux je me trouvais dans une salle vieille salle de pierres, humide et faiblement éclairée par de rares torches accrochées aux murs, dont les flammes dansantes faiblissaient et frémissaient; de longs vitraux colorés étaient alignés sur les flancs de la salle et sur le plafond, représentant des scènes blasphématoires et sinistres d'une insanité sans nom. Je mis un certain temps avant de comprendre ce qu'il m'arrivait, le monstre ne m'avait toujours pas lâché et j'étais suspendu par la cheville, fermement agrippé par un des tentacules de la bête noire et puante. En face de moi se tenait un homme de taille moyenne, encapuchonné et vêtu d'une longue tunique noire.
-"Ah ! Francis ! Winston ! Enchanté de vous voir ici. Qu'est-ce qui vous amène ?" Dit-il ironiquement.
-"Très amusant, Roka." Lui dis-je.
-"En effet. La fin le sera nettement moins. Abrégeons. Allez, en garde !"
La créature me posa au sol et replongea dans son trou. Je me remis difficilement debout et dégainait lentement ma lame, Winston en fit autant bien qu'il avait l'air incroyablement faible. Roka tira son épée de son fourreau et la disposa verticalement devant son visage à la manière des nobles suzerains. Je le chargeait brusquement et tentai de lui asséner un coup au flanc gauche. Il esquiva de peu et abattit en retour sa lame juste à côté de mon pied.
-"Arrêtes ! Nous sommes venus ici pour te sauver !" Criai-je.
-"Me sauver ? Fit-il tout en levant son épée au dessus de sa tête pour me frapper. Me sauver de quoi ?! J'ai tout ce qu'un homme désire ! La richesse ! La puissance !"
Sa lame se heurta violemment à la mienne, me faisant perdre l'équilibre. Son prochain coup allait être fatal si je n'agissais pas. Je rassemblai donc mes forces pour le repousser au loin à l'aide d'un puissant sort. Son corps fut projeté en arrière et il tomba lourdement sur le sol avant de se remettre debout.
-"Il y a choses plus importantes que la puissance, Roka. Rappelle-toi de l'époque de notre enfance. Rappelle toi de tout nos bons moments."
Je ne distinguais pas son visage, seulement ses yeux verts qui brillaient dans l'ombre de sa capuche. Il tendit sa main vers moi et des éclairs verts et violacés jaillirent de celle-ci. Je sautai sur le sol pour esquiver ses sombres sortilèges et me remettait debout, près à recevoir un nouvel assaut. Ward marcha difficilement vers sa cible et frappa violemment. Les épées s'entrechoquèrent dans un fracas infernal. En temps normal Winston ayant suivi un entraînement de paladin aurait aisément défait Roka au corps à corps mais la frappe du monstre l'avait incroyablement affaibli.
-"Je me souviens de ça, dit-il gravement, mais tout ceci importe peu. C'est terminé. Les choses ne seront plus jamais les mêmes."
-"Détrompe toi ! Hurlai-je. Si tout le monde est venu c'est pour toi, c'est pour te revoir."
-"Tu mens !" Siffla Roka en assénant un rapide coup de pied à Winston suivit d'une frappe à l'épaule.
Ward laissa s'échapper un cri étouffé avant de tenter de frapper son ancien ami une nouvelle fois.
-"Trop lent !" Dit-il avant de dévier la frappe maladroite de Winston et de l'envoyer à terre. "Tu es pitoyable Ward, ajouta-t-il avant de tourner la tête et de me fixer d'un air méprisant, maintenant que l'idiot est à terre passons aux choses sérieuses toi et moi. Je suis impatient de voir comment tu te débrouille depuis l'école de magie."
-"Quand vas-tu retrouver la raison ? Tu as tout oublié du passé ? Tu as oublié tes rêves ?" Dis-je attristé. Je sentais quelques larmes courir le long de mes joues rougies avant de s'écraser sur le sol.
La salle délabrée retomba dans un silence de cimetière. Les flammes frémissantes des torches faiblissaient peu à peu, laissant les ténèbres s'engouffrer lentement dans la pièce. Je sentais peser sur moi le poids de la faucheuse et j'entendais l'appel incessant et lugubre de la tombe. Je frémis à l'idée de me retrouver seul dans le noir face à celui que naguère, j'avais appelé "Mon ami".


ACTE II : Quelque part entre les ombres
Chapitre V : Requiem

"N'est pas mort ce qui pour toujours dort dans l'Eternel, et d'étranges éons rendent la mort mortelle."
(Howard Philips Lovecraft)

Quelques gouttes de sueur perlaient le long de mon front. Je haletai et je sentais que je ne pourrai vaincre mon adversaire. Cependant je devais subsister le plus longtemps possible afin de laisser le temps aux combattants restants l'opportunité de fuir ces lieux obscurs et corrompus.
-"Mon passé ? Mes rêves ? Je me suis rendu compte que je me suis voilé trop longtemps la face. Et une fois qu'on serait devenu mages adeptes qu'est-ce qu'il se serait passé ? On aurait été envoyé dans le bois pour combattre ce qui a décimé les villageois aujourd'hui ? Et puis quoi ? On serait mort. Tu t'es fais avoir par les promesses de tes professeurs, ils affirmaient que tu deviendrai quelqu'un de puissant et de reconnu, c'est cela ? Hé bien non ! Tu n'es rien, tu n'a jamais été grand chose et tu ne sera rien de plus qu'un cadavre pourrissant sur le sol humide d'une vielle salle de pierre. Tu sera un mort dans un paysage prosaïque parce que tu as cru pouvoir défaire des choses qui te dépasse ! Rien de plus qu'un cadavre qui deviendra poussière !"
-"Et toi qu'es-tu ?" Hurlai-je alors. "Un sorcier qui s'est laissé attiré par les promesses de l'ombre et de ses démons. Tu as fais surgir des noirs abîmes de la terre et des océans des aberrations qui font ta force. Mais de ces insondables abîmes surgira quelque chose pour t'engloutir ! C'est ainsi que ça fonctionne. Si on craint la magie de l'ombre c'est pour des raisons bien précises. Oui, c'est vrai, tu as gagné en puissance, c'est indéniable. Mais à quel prix ? Tu as perdu ta sœur, tu as perdu tes amis, et enfin, quand ceux qui tiennent à toi viennent te chercher te les repousses. Souviens toi comme Ward, toi, moi étions unis, cela ne te manque pas ? Tu as encore une chance de te racheter, utilise la !" Répondis-je.
-"J'ai perdu ce que me rendait plus faible..." Dit-il froidement.
Je frémis en m'apercevant de ce qu'était devenu mon ancien camarade. C'était un monstre sans-cœur, façonné par l'ombre, berné par ses promesses mais gâté par sa puissance. C'était tout ce que nous voulions combattre, c'était ce pourquoi naguère nous suivions des entraînements de mages. Pour nous défendre et protéger les autres. Pas pour les anéantir !
-"Viens, fit-il, viens Francis. Que ce combat illustre notre séparation."
Il m'approcha lentement en tenant fermement son épée dans sa main, prêt à frapper lorsqu'il serait à portée.
-"Non ! Reste où tu es !" Criai-je.
En un clin d'œil il fondit sur moi. Je reçu un déluge de coup que je réussi à parer au prix de beaucoup d'efforts. Nos lames s'entrechoquèrent brutalement, créant de temps à autre quelques étincelles sur celles-ci. Mais déséquilibré par son dernier coup je lâchai mon glaive. Je le vit alors lever son arme au dessus de sa tête pour m'asséner une frappe mortelle. Aussi rapidement qu'il m'avait chargé j'envoyai un éclair de braises et de flammes sur sa lame qui se mit à rougeoyer dangereusement et brûla légèrement ses doigts. Ceci me laissa assez de temps pour ressaisir mon épée et frapper violemment la sienne. Son arme éclata et la violence du choc le fit chuter sur le sol.
-"Mes félicitations. Et maintenant ? Tu attends quoi pour m'exécuter ?" Demanda-t-il, confiant.
Soudain, mon bras trembla. Il était parfaitement conscient que je le considérait encore comme un proche et que je n'aurai jamais la force de le tuer. Il ôta sa capuche, esquissa un sourire et se mit debout. Tandis que moi, je demeurai impuissant face à lui.
-"Tu es faible Mc.Caleb. C'est aussi ça qui nous empêchera toujours d'être de nouveau amis. Un abîme nous sépare désormais. Tu combats ce que je sers et vis versa. Allez finissons-en !" Ajouta Roka avant de réciter une incantation à voix basse.
Lorsqu'il eut fini les vitraux explosèrent et les verres meurtriers fondirent comme des flèches dans ma direction. Je laissai échapper un cri et créai rapidement une barrière magique pour me protéger. Les éclats s'enfoncèrent dans celle-ci puis une fois qu'ils eurent perdus leurs vitesse ils retombèrent sur les dalles de pierres froides. Je n'eus pas le temps de souffler, déjà une orbe ténébreuse lancée par mon adversaire me repoussait au fond de la salle.
-"Peut mieux faire. Tes efforts ont été décevants ce trimestre. J'attend mieux la prochaine fois. Enfin tu connais la chanson." Dit-il ironiquement.
-"Très amusant, voyons ce que toi tu vaux." Répondis-je sur le même ton.
Je lui lançai alors une boule de feu pour analyser sa réaction. Comme je l'avais prévu il esquiva en faisant une roulade sur le côté droit et en ripostant par le même sortilège qui m'avait repoussé tout à l'heure. J'esquivai moi aussi et relançai une première boule de feu suivie d'une seconde en prenant soin de viser légèrement sur la droite. Il roula sur le sol mais ne vit arriver mon trait ardent que trop tard et fut repoussé au loin.
-"Efforts décevants ce trimestre, peut mieux faire et caetera. Enfin, tu connais la chanson." Fis-je fièrement.
Je n'eus pas de réponse ce qui m'intrigua de la part d'un orgueilleux comme l'était Roka, aussi je restai sur mes gardes.
La lumière faiblit. Un vent froid souffla dans la salle et j'eus l'impression de voir des ombres glisser sur le sol et contre les murs. Puis, brusquement elles fondirent sur moi et une force titanesque me saisi à la gorge et me souleva à environ un mètre du sol.
-"Voilà qui devrait te faire réfléchir, dit-il en sortant de sa cachette et en m'approchant lentement, tu pensais me vaincre avec tes sorts minables de novices ? Encore une fois tu as été bien trop arrogant en venant ici me défier. Et cette arrogance te coûtera la vie. Peut-être que lorsque tu sera mort, tu prendra conscience de tout ça et tu regrettera d'avoir été aussi confiant, qui sait ?"
Mon corps fut parcouru par un frisson, je ne pouvais me défaire de l'étreinte mortelle et impalpable des ombres. Des larmes perlèrent sur mes joues. Mon rythme cardiaque diminuait et ma vue commença à se troubler. J'avais échoué, les autres ne trouveraient pas la sortie à temps et ils mourraient avec moi.
Roka laissa échapper un cri étouffé et me relâcha brusquement. Une longue épée ensanglantée dépassait de son torse et il tremblait bizarrement tout en crachant des filets de sang. J'ouvrai de grands yeux ébahis en voyant ça en même temps que j'inspirai pour reprendre mon souffle. Ward s'était relevé et m'avait sauvé. Ce que je n'avais pas eu le courage de faire, il l'avait fait.
Winston ôta la lame du corps de son jeune ami et vint à ma rencontre et me demanda si j'allais bien. Je hochai gravement la tête et regardai mon ancien compagnon tomber lourdement sur les dalles de pierre de la crypte.
-"Il faut le ramener avec nous au village. Va chercher les autres et rejoins moi ici, on trouvera une sortie après."
-"Imbéciles... La sortie est juste derrière la porte au fond de la salle. Malheureusement pour vous tous vos compagnons vont mourir." Dit Roka en haletant.
-"Vite Ward ! Ramenez les ici ! Je m'occupe de lui."
Winston s'exécuta, contourna le large trou qu'avait fait la bête en s'enfonçant dans la terre et disparu dans les galeries.
Rassemblant mes forces je pris le corps de mon ancien camarade et le soulevait. J'avais toujours dans l'idée de le sauver, je ne pouvais l'abandonner après toutes ces années passées ensembles. Il se mit alors à rire et déclara :
-"C'est fou comme vous pouvez être stupides. Le rendez-vous dans la crypte c'était un piège. Les sectateurs sont dans le manoir et ont quittés les lieux depuis le temps. J'ai fais passé le message aux autres, je reviendrai et je reprendrai la tête de l'ordre."
Je soupirai et secouai longuement la tête.
-"Quoi qu'il en soit, il n'y a plus d'espoir pour vous. Tant que je vivrai je pourrai contrôler Kyagath, alors même vous parvenez à sortir je l'attirerai dehors, puis je me laisserai mourir. Et le monstre déchaîné ravagera la région avant de retourner au fond de l'océan. Vous allez tous périr."
Je frissonnai et espérait plus que jamais le retour de Ward, que faisait-il ?
-"Je ne sais pas pourquoi tu te donne tout ce mal pour moi. Tu sais très bien que même si je survis je recommencerai. De toute manière je vais mourir ici."
-"Ne dit pas de sottises, on s'occupera de toi, tu verra !"
Il soupira longuement et déclara :
-"C'est seulement maintenant que je prend conscience de mes erreurs. Ecoute moi. Ward sait comment sortir, il va mener les autres ici et ils quitteront les lieux. Je retiendrai la bête au fond de son trou pour leur laisser le temps de fuir. Maintenant écoute bien, tu va m'emmener dehors, en empruntant cette porte nous sortirons par le puits. Une fois dehors, rends-toi dans mon bureau. Tu prendra tout les papiers qui se trouve sur mon pupitre, les trois livres, et mon journal avec. Ensuite cherche quelque chose qui pourrait les enfermer, un coffre ou bien quelque chose dans le genre. Puis tu le rapportera avec toi et tu viendra me voir."
J'écoutai ses instructions avec un étonnement croissant et prenais soin de tout enregistrer.
"Quand tu me reverra je serai mort, mais ça n'aura aucune importance. Je tenterai de résister le plus longtemps possible pour empêcher le monstre de sortir. Brûlez ensuite la maison, de toute manière tout le monde l'aura quittée. Puis vous me trouverez un cercueil et le confierez à ma famille. Une fois que ça sera fait, tu leurs ordonnera de quitter la région. Tu devra en faire autant, et tes amis aussi. Ca deviendra trop dangereux dans quelques temps. Emmenez ma tombe avec vous, prenez la mer et enterrez moi là où vous accosterez. Ainsi, tout le monde sera en sécurité. Tu m'as bien compris ?"
Je hochai gravement la tête tout en versant quelques larmes et me mis à marcher difficilement vers la porte de sortie. Il semblait tellement sincère, il n'aurait pas pu me piéger. Une fois devant celle-ci je la poussai avec mon pied et poursuivais ma route. Nous empruntâmes un sombre couloir archaïque avant de trouver un escalier de pierre en colimaçon qui grimpait vers la surface. Je comptai environ une cinquantaine de marche et arrivé en haut nous nous retrouvâmes devant une échelle noir et verte de gris que j'escaladai avec le corps de mon ami sur l'épaule. Ma tête se heurta à une grille de fer que je soulevai difficilement et rassemblant mes forces je parvins à gravir les derniers échelons.
Au loin je pus distinguer le soleil se lever doucement, teintant le ciel bleuté d'une couleur rougeâtre. Sa lente élévation semblait annoncer la fin d'une époque sinistre et le prélude à l'ascension d'un âge bien plus joyeux. Je m'extirpai enfin du puits et déposai Roka sur l'herbe que la rosée du matin avait rendue légèrement humide.
-"Allez ! Vas-y ! Fais vite !" Ordonna Roka en esquissant un signe gracieux de la main.
Je m'exécutai et courrai en direction de manoir qui se dressait juste devant moi. Il semblait comme y avoir une influence maléfique persistante sur ce lieu de blasphème et de profanation impie. Une sorte de contenance terrifiante innée qui me forçait à détourner le regard. Une fois devant la porte je me ruai sans ménagement sur celle-ci et la brisait aisément. A en juger des marques sur le sol et des bougies encore allumées mais presque consumées, les ritualistes qui avaient bloquer le portail étaient partis depuis longtemps. Aussi je ne craignais plus d'assaut et cherchais le bureau de Roka. Je le trouvai rapidement et m'engouffrait dans celui-ci. Je trouvai comme prévu sur le pupitre quelques uns de ses papiers et les trois livres dont il m'avait parlé. Je glissai donc les feuilles dedans pour qu'elles de s'envolent point et baladai mes yeux partout dans la pièce à la recherche d'un coffre. Au bout d'environ une minute de recherche j'abandonnai et sortais au plus vite, pressant le pas pour rejoindre mon compagnon.
Son état était déplorable, il agonisait et perdait beaucoup trop de sang. Je redoutai qu'il n'eut pas la force de parler mais tentai quand même.
-"J'ai tout trouvé sauf le coffre, dis-je en lui présentant les livres, Tes papiers sont à l'intérieur."
Ses lèvres remuèrent et il murmura :
-"Bien. Mais cache les livres, il ne faut pas que les autres voient ça. Ils les brûleraient et ça risquerait d'entraîner des réactions magiques dangereuses. La seule chose à faire c'est les enfermer dans ma tombe, avec moi. Les autres sortiront bientôt, j'ai poussé le monstre à les faire reculer jusqu'à la sortie, ils seront ici dans une petite minute."
Je coinçai alors les épais volume sous mon bras et continuai de dévisager mon ancien camarade. Que s'était-il passé ? Comment expliquer ce changement si brutal ? Tout cela cachait sans doute quelque chose. Quelque chose de plus grand, peut-être. Je chassai cette idée de ma tête, il s'était tout simplement rendu à l'évidence. Bien trop tard, malheureusement. Il y eut alors une succession de bruits étouffés. Des chuchotements, des murmures et des cris qui semblaient venir du dessous. Quelque seconde plus tard, une tête de paysan aux yeux fous et ébahis émergea du puits avant de s'arrêter net pour m'observer.
-"Bon ! Qu'est-ce que tu attends pour monter idiot ? La bête peut revenir à tout moment !" Hurla une voix au fond du puits.
L'homme se pressa de sortir, imité par une foule d'hommes et de femmes sales et tremblants. Bientôt, une quarantaine de personnes avaient quitté les lieux et nous regardait fixement.
-"C'est tout ce qu'il reste ?" Demandai-je.
-"Non, non. Les autres ont préférés sortir par le tunnel qui passe dans la collines." Rétorqua un paysan.
Je souris, soulagé, et posai mon regard sur le corps de mon ami. Ses yeux étaient grands ouverts et encore légèrement humide. Du sang tâchait son vêtement et sa bouche entrouverte était ensanglantée. Je posai ma main sur son épaule comme pour le réconforter et lui signaler que maintenant tout irait bien. Mais ses yeux ne bougèrent point, son regard était toujours rivé sur le vieux manoir qui se découpait dans le ciel écarlate du petit matin. J'ouvris de grands-yeux et le secouait plus fort. Son corps semblait raide et froid. Son visage était d'une pâleur mortelle et je su que s'était la fin. Mes mains tremblèrent alors et mes yeux versèrent des larmes.
-"Ecartez vous du puits !" Criai-je. "Prenez son corps avec vous et attendez moi devant les grilles."

Ils s'exécutèrent et suivirent silencieusement la route qui descendait en légère pente vers le portail, comme une concession de spectres. Mes yeux brillants se tournèrent en direction de la demeure du vieil Emmet Noirbois et rassemblant ce qu'il me restait de force et de rage je lançai dans un carreau d'une des fenêtres à du premier étage une énorme boule de feu. Les flammes prirent et rongèrent lentement le bois; elles grandissaient de plus en plus jusqu'à atteindre le plafond et à le brûler lui aussi. Une fumée noire et âcre s'éleva dans les airs. Puis le sol trembla violemment, et des cris s'élevèrent encore. Ils venaient du dessous et résonnaient anormalement. C'était un rugissement assourdissant émit par quelque chose de contre-nature qui ne pouvait être autre que ce Kyagath. les secousses continuèrent quelques temps et quelque chose s'effondra car il y eut un bruit infernal. Ce fracas semblait venir de sous la terre et les cris cessèrent. Je demeurai longtemps immobile, contemplant ce sanctuaire de terreur brûler lentement et s'écrouler, rongé par les flammes furieuses.

Je rejoignis enfin mes camarades et sauta de joie en m'apercevant que la majorité de ceux qui étaient descendus dans les catacombes en étaient sortit vivants. Quelques uns pleuraient les morts et les mourants, la plupart étaient rassemblés autour du corps du défunt Roka Noirbois qu'on avait allongé sur le sol. Ses parents qui avaient survécus prirent ses mains, les serrèrent quelques instants et les disposèrent gracieusement sur la poitrine de leur fils, à la manière des nobles rois que la vie avait exilé. L'affaire Noirbois était terminé et nous nous mîmes tristement en route. Sur le chemin je donnais les instructions à Ezenathe et Nathaniel Noirbois qui m'assurèrent qu'ils allaient quitter la région au plus vite. Nombreux étaient-ceux qui allaient le faire. Sur le chemin nous rencontrâmes tous les cadavres à moitié dévorés par les charognards de nos anciens camarades. Je retins mes larmes et m'efforçaient de ne pas regarder. Cet événement allait marquer la région pour les siècles à venir et je crois que moi aussi je vais l'abandonner de peur qu'un jour, Kyagath émerge à nouveau des profondeurs de la crypte pour se venger.
Une fois arrivé en ville je rentrai chez moi et j'écris longtemps, jusqu'à ce que mon poignet me fasse souffrir et que je n'eus plus la force de tenir la plume. Le lendemain même j'eus des nouvelles des Noirbois, ils avaient trouvé le cercueil et partiraient dans l'après-midi. Je me hâtai de venir les trouver pour leurs faire mes adieux et ajouter à la tombe de mon jeune ami ce dont il m'avait demandé d'enfermer avec lui.
Lorsque tout cela fut fait je les accompagnait jusqu'au port le plus proche et leur attendis leur départ. D'après leur dire ils allaient s'installer chez l'oncle qui vivait dans un coin que l'on appelle la Forêt des pins-argentés. J'ose espérer que tout se passera bien pour eux. Je me souviens de la voix criarde du capitaine du navire qui a hurlé qu'il était temps de partir. J'ai salué une dernière fois mes amis et ai lancé un dernier regard à la tombe de mon ancien camarade. Le bateau s'est ensuite lentement éloigné, me laissant seul, sur les dock dont l'oppressante odeur de poisson me perturbait. Le vénérable navire disparut soudain, en même temps que le soleil vespéral disparaissait à l'horizon.
Un vent frais et vif les accompagne et apporte à mes oreilles une étrange mélodie. Celle-ci est mélancolique et amère, comme un requiem, comme une longue complainte...

Fin de l'acte II. A suivre : Acte III L'héritier de l'ombre

ACTE III : L'héritier de l'ombre
Chapitre I :

"Nombreuses pernicieuses sont les horreurs qui hantent et rongent lentement notre univers. Elles se dissimulent dans les vieux sanctuaires souterrains que le pied de l'homme n'a jamais foulé; elles se tapissent au fond des abîmes insondables des océans oubliés. Elles s'enferment dans les tombes que personne n'osera fouiller et attendent patiemment, comme l'araignée dans sa toile, qu'une proie vienne docilement se poser sur celle-ci. Rares sont ceux qui les ont jamais aperçues, mais ceux qui en ont eut le malheur les qualifient de d'aberrations, de monstres, d'hommes... Nombreux sont les érudits qui affirment que la majorité résident dans nos rêves les plus fous; chimères monstrueuses, elles s'embusquent au fond de notre imagination et hantent nos songes. Nahahel Dagegis a dit un jour, que l'imagination est en réalité un arme à double tranchant, car, bien que les fantasmes les plus terrifiants sont enfermées dans les recoins les plus sombres de nos esprits, et guettent en attendant; il peut arriver que par l'enchaînement d'étranges et ténébreux événements ou par l'accomplissement d'expériences d'une criminelle nécromancie et d'un occultisme impie; un cauchemar surgisse des sombres abysses de la pensée et prenne forme dans notre monde."
Uwar-Mathil, extrait de "Les manuscrits ésotériques".


Extrait du journal de Joseph d'Holonay
Père, mère, mon frère, quand vous lirez ceci je ne serai sans doute plus. Je suis désolé de mon comportement et de mes activités étranges tout au long de ces années. Je vous demande de me pardonner et de vous souvenir de celui que j'étais avant ces événement tragiques. Sachez que malgré ce que j'ai pu dire ou faire je n'ai jamais cessé de vous aimer, et que je vous aimerai toujours. Mais je me dois maintenant de réparer une faute grave et même si cela doit me coûter la vie. J'ai fais surgir d'un ténébreux abîme de la nuit quelque chose qui n'aurait plus dû être depuis bien trop longtemps. Et cette infamie que j'ai tirée de l'oubli s'est retournée contre le monde et contre moi. N'essayez pas de comprendre car tout vous sera vaguement expliqué, certes, mais je vous demande de me faire confiance. Je me suis renseigné sur des choses que personne ne devrait savoir. Je me suis adonné à des pratiques interdites et barbares qui ont causées ma perte. Le mal était fait et je dois maintenant tenter de le réparer. Vous devez maintenant bien suivre mes instructions. Dans un jour exactement vous viderez ma chambre et brûlerez tous mes livres, qu'il ne reste aucune traces de ces ouvrages impies. Rendez-vous ensuite sur la tombe de mon ancêtre, placée dans la douzième rangée du cimetière, c'est la neuvième en partant de la droite, et détruisez la ainsi que toute traces de son existence et de la mienne. Puis, lorsque les voisins se demanderont enfin ce qu'il est advenu de moi quand ils ne me verront plus, vous pourrez leurs dire que j'ai fugué ou que je suis parti faire de longues études très loin, et que je ne reviendrai jamais. Comprenez bien que je suis désolé et que même si tout cela est difficile à accepter il faut faire face. Soyez forts et faites moi confiance. Votre cher Joseph.

Personne ne pouvait vraiment affirmer ce qu'il s'était réellement passé avec ce Joseph d'Holonay, il était issu d'une famille de riches paysans dont les origines étaient assez ombragées et obscures. En effet on parlait de choses étranges sur les D'Holonay, de cas de folie et de sorcellerie que la petite famille qualifiait de balivernes et de stupidités pour vieilles femmes aigries. On savait cependant Joseph garçon passionné par "ce qui doit rester méconnu de tous" et qui selon certain est l'affaire des démons et des fous. Il était donc né dans la forêt des pins argentés, en plein hiver paraît-il alors que la neige tombait gracieusement et formait une mince couche blanche éclatante sur le sol. Sa mère, était une jeune femme sensible, plutôt jolie d'après les dires, qui se prénommait Alicia. Son père lui, se nommait Gastold, il était un grand homme travailleur et attentionné comme on aimerait en voir plus souvent. Tout au long de sa vie, Joseph, avait eut pour meilleur ami son grand et robuste frère, Léandre, avec lequel il s'entendait à merveille. En effet, le jeune Joseph était un garçon taciturne et solitaire qui éprouvait beaucoup de difficultés à se faire des amis, on eut dit qu'il était trop différent bien qu'incroyablement courtois, ce qui semblerait-il, rappelait à certains vieillards acrimonieux de sombres souvenirs d'un passé rongé par la corruption blasphématoire. Les habitants du village le décrivait comme quelqu'un d'intelligent, de sympathique mais de légèrement étrange, et c'est justement ce que les villageois remarquait chez lui : Sa différence et son incroyable similitude avec certains personnages à éviter.

"C'était un élève doué et respectueux. Très travailleur, je n'ai rien eu à lui reprocher sinon le "petit" incident qui s'est produit en classe." C'était les dires de sa maîtresse d'école, Mademoiselle Agathe d'Orginac. Elle avait en effet surpris ,alors qu'elle enseignait à ses élèves, Joseph en possession d'étranges livres qui n'étaient sûrement pas ceux que l'école demandait d'avoir.
-"Tout ceci débuta en plein cours, explique Mademoiselle Agathe, il devait alors être 16 heures. Je faisais le tour des allées, circulant entre les tables, pour vérifier le matériel des élèves et m'assurer de certaines choses. Je fais ça depuis maintenant deux ans, et pour cause j'ai déjà surpris des élèves qui apportent en douce des baguettes magiques à l'école pour jouer des sales tours aux professeurs. Alors maintenant je vérifie. Je passai donc devant le pupitre de Joseph et m'aperçut qu'il avait quelque chose sur ses genoux et qu'il était plongé dedans, sa feuille était encore vierge, il n'avait rien noté depuis le début du cours.
-"D'Holonay Joseph ! Qu'est-ce que vous faites ?" Dis-je agacée.
Il bredouilla quelques excuses et s'apprêta à ranger son bouquin dans son sac. Je retins sa main et lui prit le livre. A cet instant il laissa échapper un petit cri puis baissa la tête. Je frémis en lisant le titre du livre qu'il avait en sa possession, c'était un ouvrage abîmé, dont la couverture noire et rongée suscitait la crainte, le livre était comme hanté par une aura terrifiante et persistante. La reliure était en argent je crois bien et de petits reliefs en or entouraient le titre du bouquin.
-"Le compendium des ombres !" M'exclamai-je.
Il ne répondit point et garda la tête baissée. Je l'entraînai alors dans le couloir pour m'entretenir avec lui.
-"Joseph qu'est-ce que cela signifie ? Vous savez que ce livre là, que vous possédez, est un ouvrage interdit. Il y a eu des autodafés pour anéantir ce genre de livres. Alors expliquez moi comment ça c'est retrouvé entre vos mains."
-"Je l'ai trouvé." Répondit-il avec assurance. "Trouvé dans.. la mer."
Je lui fis la leçon quelques minutes, et je lui confiai que moi aussi j'avais, dans un passé lointain, lu une petite partie des Manuscrits ésotériques d'Uwar Mathil, mais que pour éviter de graves ennuis, il m'a fallu abandonner. En revanche je ne lui ai pas parlé de ce qui m'avait attiré dans ce genre d'ouvrages et je ne l'ai en aucun cas incité à poursuivre, je lui ai même suggéré de le brûler. Ce qu'il en a fait ensuite je n'en ai aucune idée. Quoi qu'il en soit, à partir de ce jour là je n'ai plus eu à le reprendre."

C'est à peu près le seul témoignage que Gastold, Léandre et Alicia d'Holonay parvirent à obtenir en un peu plus d'un mois de recherche. Convaincre la jeune éducatrice de parler s'était avérer être bien plus difficile que prévu, en effet, le seul fait d'avouer avoir lu ou d'avoir tenu en main un livre tel que le Compendium des ombres, Les Manuscrits ésotériques, le Tome des sorcières, L'indicible, Occultisme et démonologie... pouvait résulter d'une lourde peine, en plus d'être la cible des villageois furieux qui tenteraient de vous lapider. En réalité ils avaient eu l'occasion de se renseigner sur les activités de Léandre en s'autorisant de lire son journal après le décès de leur fils. Mais tout ce qu'il y écrivait était bien trop sombre et compliqué, sur les premières pages témoignants de sa "métamorphose" tout du moins. La première était celle-ci :

Les vieux documents que j'ai trouvé dans notre grenier se sont avérés être vérifiés. Il semblerait que les arbres généalogiques, bien que sabotés pour la majorité, prouvent bien qu'il est mon arrière grand-père. J'aimerai bien en parler à ma famille mais les connaissants ils ne comprendraient pas ou m'interdiraient de poursuivre mes recherches. Surtout avec ce que Mr.Carl à eu l'occasion de me dire sur lui. D'après ses dires tout cela remonte à environ cent ans et s'est déroulé sur une petite île peuplé par les humains, dont le nom lui a échappé. J'ignore si Mr.Carl fut l'un des habitants de l'île et si ses récits sont des vieilles histoires racontées par ses propres parents, d'après son âge et il semble être un vieux monsieur, il devait être tout jeune quand cela s'es produit. Ce qu'il m'a dit m'a vraiment intrigué, si je me souviens bien c'était quelque chose comme :
"Joseph, je te sais garçon curieux et très intelligent. Tes parents m'ont aussi dit que tu es quelqu'un de tenace qui a dû mal à abandonner. Mais il faut vraiment que tu mette de côté toutes ces choses du passé qui t'obsède. Tu n'aimera pas ce que tu trouvera là-bas. Et je sais de quoi je parle. Il y a des choses qu'il ne vaut mieux pas savoir. Fais moi confiance."
Comment ne pas être tenté de pousser les recherches après ça ? De toute manière si quelque chose m'arrivait je n'hésiterai pas à sortir ma baguette et à corriger celui ou celle qui aurait dans l'idée de m'agresser. Bref, je suis donc allé à la bibliothèque consulté les archives de la ville, les rubriques nécrologiques tout ça... Pour m'éclairer un peu. Je crois avoir trouvé quelque chose, enfin j'espère ne pas m'être trompé. J'écrirai là-dessus un peu plus tard. Mon frère s'apprête à partir loin, très loin, pour commencer un entraînement de paladin. J'aurai bien aimé moi aussi mais il me manque encore deux années et les épées, les massues, les boucliers et tout ça, ça ne me plaît pas énormément.

La famille d'Holonay n'eut pas la force de continuer, Alicia et Gastold fondirent en larmes avant d'être arrivés au bout de l'insolite phrase du vieux Carl. Léandre, qui lui voulait paraître plus stoïque ne put tout de même s'empêcher de verser quelques larmes qui perlèrent le long de ses joues et virent s'écraser sur les pages souillées par l'encre noir et archaïque; tout cela sous les yeux attentifs du soleil vespéral du midi, bien haut accroché dans le ciel bleu d'été.

Léandre est maintenant parti depuis plus de deux semaines, je n'ai pas vraiment trouvé le temps d'écrire ces derniers jours. Je suis complètement absorbé par mes recherches. Je touche presque au but, j'ai presque tout retrouvé, son nom, son âge, sa tombe, il ne me manque plus qu'une seule chose : Le courage. En effet si je veux parfaitement me documenter sur mon aïeul il faut que je l'exhume. Mr.Carl m'a confié, alors qu'il était légèrement saoul, que je cite :
"Ce vieux fou a gardé ses secrets au fond d'sa tombe, l'salaud. L'vieux Mc.Caleb qu'est maint'nant à Hurlevent il paraît, il dit qu'il sait qu'est-ce qu'y a dans sa tombe, mais qu'il le dira à personne."
Après avoir déclaré ça, il s'est endormi. Aussi, voilà ce que je compte faire cette nuit : Sortir la tombe de mon ancêtre et la remplacer par une autre. Je la cacherai dans le grenier, personne n'y va. Il faut que je me prépare pour tout à l'heure, j'ai tout planifié. C'est sans doute pas très correct mais bon. Il y a un homme dans le village, qui ne tient pas, mais alors pas du tout l'alcool. En revanche, et paradoxalement il raffole de ça. Je vais donc lui en proposer gratuitement quand le soleil se sera couché. Si tout va bien il va se mettre tout nu et crier très fort. La force n'était pas le seul de ses avantages, il sera difficile aux habitants de le maîtriser. La dernière fois que c'est arrivé il a fallu trente minutes pour le maîtriser. Largement suffisant. Bon, j'écrirai encore si je réussi.

Tout s'est très bien passé. Transporter la tombe s'est avéré plus dur que prévu. Le pire était que j'avais en réalité oublié quelque chose de fondamental, une autre tombe pour remplacer la première. J'ai paniqué mais j'ai trouvé à proximité de grosses pierres que j'ai envoyée au fond du trou avant de recouvrir le tout de terre. Si je ne l'avais pas fait, le fossoyeur aurait vu la différence et aurait alerté les autorités. J'ai ensuite transporté le cercueil que j'avais caché sous un long draps jusque chez moi. Et c'est là que j'ai rencontré un second problème : Mes parents étaient encore dans la maison. Ils m'avaient pourtant dit qu'ils allaient boire un verre chez les voisins, je suppose que le vieux débris complètement ivre que j'ai lâché sur la ville est venu contrarié leurs plans. Quoi qu'il en soit il fallait agir vite avant d'être repéré. Je suis donc passé derrière la maison et j'ai brisé la vitre. Comme prévu, mes parents ont débarqués et j'ai dis avoir vu quelqu'un s'enfuir en direction du cimetière. Ca m'a laissé le temps de monter le cercueil au grenier et de l'ouvrir. C'est là que c'est devenu étrange. En effet je m'attendais à trouver un squelette ou un cadavre décomposé mais ce que j'ai aperçu était bien plus surprenant. Le personnage que j'ai trouvé au fond de la tombe était dans un état parfait, bien que son visage était très blanc, on aurait pu croire qu'il était mort à l'instant. Et le corps ne sentait pas qui plus est, et il ne sent toujours pas. Mes parents sont ensuite rentrés et m'ont appelés. Je m'apprêtai à descendre et à cacher le cercueil quand j'ai remarqué qu'il y avait quelque chose sous ses mains. Je m'empressai de saisir le tout et fermai la tombe avant de me retirer. En passant devant ma chambre je jetai mes trouvailles sur mon lit avant de descendre pour aller à la rencontre de mes parents. Apparemment leur sortie n'était pas réellement annulée et ils m'expliquèrent que le vieux Franck avait fait du grabuge en ville. Ils m'ont ensuite salué et sont partis. Une fois seul, je suis monté dans ma chambre et j'ai inspecté les trésors de la tombe de mon arrière grand-père. C'était une pile de bouquins, assez abîmés pour la plupart. Il y avait parmi eux des livres que je savais interdits, je parle notamment du : Compendium des ombres, du Tome des sorcières et des Manuscrits ésotériques, en plus d'un petit carnet noir qui ressemblait à mon journal. Si j'en avais eu la force j'aurai ouvert un de ces ouvrages et j'aurai lu, mais mon aventure m'avait épuisé. Je rangeai donc rapidement mes bouquins dans ma commode et m'allongeai sur mon lit. Le sommeil vint vite, plus vite que d'habitude, et au lieu des rêves habituels dans lesquels je plonge chaque nuit, j'eus droit à un fantastique cauchemar.

Mon rêve en réalité, débuta par un réveil. Je devais alors être allongé car je me souviens de m'être mis debout. Il me fallu quelques instants pour commencer à distinguer quoi que ça soit. En effet, mes yeux, éblouis par la lumière aveuglante d'un soleil vespéral accroché dans un ciel bleu d'été, durent demeurer entrouverts quelques instants tant l'éclat du disque ardent m'aveuglait. Lorsqu'enfin je pus les ouvrir je commençai par distinguer que je me trouvai dans une vaste plaine assaillie par l'herbe folle qui ployait docilement sous le vent vif et frais qui soufflait dans mon dos. De rares arbres avaient poussé, çà et là, et servaient d'abris aux oiseaux colorés qui chantaient gaiement, accrochés aux branches tordues de ceux-ci. Paysage fantastique ! Symbole d'une poésie et d'un lyrisme d'une autre époque que cet instant magique avait fait revivre ! Havre de paix et d'indicible harmonie, sanctuaire de la nature dans toute sa splendeur et de son infinie volupté !
Mon regard s'était égaré dans le fabuleux paysage qui s'étendait devant moi. Je m'avançai, légèrement intrigué par l'ineffable beauté de ce paysage cosmique. Le vent m'accompagnait et guidait mes pas presque irrésolus à travers cette vaste et magnifique campagne; vers le centre de cette fantastique prairie vers lequel quelques insectes gracieux convergeaient. Féerie surnaturelle et paradoxalement réelle, territoire incroyable doté d'une beauté et d'une grâce sans pareille; paroxysme délicieux de beauté et de fascination chimérique.
Lorsqu'enfin j'arrivai au centre de cette majestueuse plaine, mes yeux furent attirés par une large cavité. Un immense fossé, creusé dans la terre, destiné à abriter quelques stupéfiantes créatures chimériques des siècles passés. Je me penchai alors sur celui-ci et demeurai quelques instants immobile. Tendant l'oreille et portant mon regard, loin, loin au fond du trou qui m'intriguait beaucoup. Au bout d'un certains temps je pus ou cru entendre une succession de chuchotements étouffés et de murmures insidieux, semblables à d'innommables incantations dont les syllabes démoniaques jaillissaient du bizarre trou sans perdre de leur puissance. C'est alors que les oiseaux cessèrent leurs chants et s'envolèrent tous au même moment pour tourbillonner au dessus de ma tête. Si près que je cru qu'ils allaient me toucher, me piquer avec leurs becs pointus et sales, m'emmener avec eux pour chevaucher les vents, pour courir sur les zéphyrs et les blizzards, me prendre avec eux pour partir loin, au dessus de la terre et du ciel. Au delà des espaces sombres et inexplorés, au delà de la vie et de sa continuelle épouvante et de la mort lugubre et cruelle. Pour m'emmener avec eux, plus loin qu'aucun être sain n'est jamais allé, m'emmener au-delà de la tombe, dans les limbes, dans le vide.
Je hurlai et me couvrit le haut du crâne avec mes mains pleines de terre et de boue, mes mains qui ne m'offrait qu'une faible protection très peu rassurante.
Le bruit du battement d'ailes lourd et rythmé des milles et uns oiseaux immortels cessa bientôt pour laisser place à une série de cris stridents et surnaturels. J'eus pour réflexe de lever les yeux au ciel et distinguai que les fourbes animaux ne tournaient plus, juste au dessus de ma tête, mais haut, très haut dans le ciel. Ciel qui à vue d'œil s'assombrissait jusqu'à engloutir la cohorte sauvage dans d'insatiables et profondes ténèbres. Le vent souffla alors plus fort, me forçant à baisser la tête et les yeux vers le trou semblable à une gueule béante. Mes yeux furent ensuite attirés par quelque chose de singulier et d'insolite, qui brillait au fond de la large cavité. A première vue on aurait pu qualifier ces "choses" de lanternes vertes à la lumière faible qui luisaient d'un éclat sinistre. Mais en y regardant de plus près je pus m'apercevoir que c'était des... yeux ?
Je reculai, horrifié et m'apprêtai à quitter ce monde de féerie impie, quand soudain, une énorme brèche s'ouvrit sous mes pieds et me fis plonger dans un obscur souterrain. C'était une galerie extrêmement étroite, elle communiquait sans doute avec celle dans laquelle j'avais vu briller ces étranges lumières vertes. Je me mis alors à avancer, à avancer en rampant car on ne pouvait presque pas se tenir à genoux dans ce sombre souterrain. Je redoutai de manquer d'oxygène pour poursuivre et accélérai machinalement, poussé par le besoin naturel et bestial, celui de survivre. Dans la vive obscurité je heurtai quelque chose, quelque chose de légèrement mou qui gigota lorsqu'il me sentit. Les deux lueurs verdâtres s'allumèrent à nouveau juste en face de moi, leurs éclats étaient si vif, si puissant, que je pus enfin distinguer ce que j'avais en face de moi.

-"AHH ! Un serpent !" Hurlai-je paniqué avant de tenter de faire demi-tour.
Fort de sa rapidité il se jeta sur moi et s'enroula rapidement autour de mon corps. Je ne pouvais plus le voir, seulement le sentir glisser sur mon corps convulsé de terreur, seulement l'entendre siffler méchamment.
-"Depuis le temps que j'attendais ça !" S'exclama-t-il. "Enchanté de te connaître enfin, Joseph, tu vas pouvoir m'aider à sortir." ajouta-t-il avant de relâcher légèrement sa mortelle étreinte.
-"Qu'est-ce que vous me voulez ?! Qui êtes vous ?!" demandai-je apeuré.
-"Je suis ton ancêtre, Roka Noirbois, enfin, son esprit. Mais passons, tu dois m'aider à sortir d'ici."
-"Roka Noirbois ?! Mais vous êtes mort... Mort il y a près d'un siècle ! Et votre esprit ne peut.. Enfin vous êtes mort !" balbutiai-je.
-"Je sais, je sais, j'ai une vie plutôt active pour un défunt. Et puis la magie peut faire de grandes choses." fit-il malicieusement.
-"De la magie ? Mais alors... De la nécromancie ! Non, c'est interdit ! Et...et si vous êtes mon ancêtre pourquoi vous êtes un serpent ? Et où est-ce que je suis ? Quoi qu'il en soit c'est hors de question, je ne pratiquerai jamais la nécromancie !" Hurlai-je indigné.
Il se mit à me serrer violemment et déclara :
-"Ahh... Joseph, mon enfant, chaque chose en son temps. Voilà la première : Tu te tais et tu fais ce que je te demande !"
Je me débattis vivement et lui criait :
-"Mais vous êtes un malade !"
-"Oooh, bien plus que tu ne l'imagine !" affirma-t-il fièrement.
Je lui ordonnai de me lâcher, puis mon ordre se transforma vite en supplice ce qui sembla le mettre en colère car il me hurla en serrant un peu plus fort :
-"On ne supplie pas ! On ordonne d'une manière explicite ! Tu dois dire : Je t'ordonne, Roka Noirbois, de me lâcher immédiatement. C'est ainsi qu'on s'exprime quand on est instruit !"
-"Je t'ordonne... Roka Noirbois...de...de me lâcher ! Merde mais lâchez moi !"
Il s'exécuta et ajouta d'un ton moqueur :
-"A bientôt l'ami."
J'eus la désagréable impression qu'on m'avait ôté quelque chose, qu'une main impalpable comprimait lentement mon pauvre coeur. Puis je m'éveillai en haletant et en suant à grosses goûtes. J'ôtai ma couette d'un geste rapide et sursautai violemment en m'apercevant que de grosses marques, pareilles à celles d'une large corde qu'on avait serré autour de mon buste, parcouraient mon corps et me brûlaient légèrement. Et c'est là que je su que je devais obéir.


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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Jeu 12 Aoû - 21:46

J'laime ton histoire.
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Jeu 12 Aoû - 21:53

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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Jeu 12 Aoû - 22:10

ben je dis : respect , pour avoir le courage d'écrire autant , je ne l'ai pas encore lu je suis en train. Moi j'ai pas d'imagination pour BG enfin bref je m'égare , qu'une chose a dire : bravo.
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Sam 14 Aoû - 17:30

ACTE III : L'héritier de l'ombre
Chapitre II :

-"Arrête !" Coupa Alicia D'holonay avant de fondre en larmes. "Je ne peux pas croire ça. C'est impossible, jamais Joseph n'aurait pu faire ça ! C'est... c'est faux, tout est faux ! Je t'en prie arrête !"
Léandre s'arrêta et dévisagea sa mère. Elle tremblait bizarrement, en proie à une peur indicible, une peur de la réalité, d'une horrible réalité certes, indéniable, authentique et cruelle; pernicieuse et vile, une vérité inexorable et inévitable qui rampe lentement, rampe dans votre direction comme la brume rampe sur le sol froid et boueux des vieux cimetières. Rampe pour se montrer, pour qu'on puisse la contempler, s'horrifier en lui faisant face, qui rampe et vous dévore comme un serpent dévore sa proie.
Gastold entraîna sa femme dans le jardin pour l'aider à se calmer et laissa Léandre seul, dans ce salon de la demeure d'Holonay, si vivant d'habitude, si joyeux en temps normal, joie que la faucheuse avait fait taire. Bien décidé à en apprendre plus sur l'histoire de son frère, Léandre poursuivit sa lecture :

Je ne pus me déplacer pendant trois jours, trois jours durant lesquels je restai au lit en attendant que mon étrange affliction se dissipe. Dimanche j'ai dormi, longtemps, très longtemps pour plonger dans un sommeil agité, fort heureusement l'immense serpent qui se disait être mon arrière grand-père, ne vint pas me hanter pendant que je me reposai. C'est Lundi que tout a commencé à devenir étrange. Ma chambre étant située juste en dessous du grenier, je cru entendre, alors que je patientai dans mon lit, d'étranges bruits venant de celui-ci. Des bruits d'objets qui chutent, des cris aigus et étouffés et de bizarres sifflements. Je n'avais alors ni l'envie, ni la force de bouger. Patiemment j'attendis le retour de mes parents, leur présence me réconforte, autant que celle de mon grand-frère. Lorsqu'ils furent enfin rentrés ils me demandèrent comment j'avais passé ma journée et se renseignèrent sur mon état. Je mentis en affirmant que tout s'était bien passé, je voulais à tout prix éviter de les affoler avec ce qui pouvait être une hallucination.
-"Il te faut encore du repos, mon fils, tu es tout blême et encore chaud." disait mon père.
C'est ce que je fis, je me reposai mais tentait cependant de rester éveillé. La nuit vint plus tôt aujourd'hui, chose qui m'inquiéta beaucoup. Je craignais maintenant le sommeil, j'avais peur de me retrouver une nouvelle fois dans le terrier obscur de la belle prairie. Il vient la nuit. Plus facilement la nuit que le jour. Il n'était pas présent ce matin, ni cet après-midi, il le sera ce soir. Je réussi à combattre le sommeil durant deux heures, pendant ce long laps de temps je lus, je réfléchis et passait le temps en regardant à la fenêtre ouverte de ma chambre qui donnait sur mon jardin. D'étranges et lugubres ombres glissaient sur l'herbe sous ma fenêtre, enfin j'en avais l'impression, elles rampaient, comme des vers nécrophages qui cherchaient quelque chose pour se nourrir. Elles guettaient, comme si elles attendaient quelque chose. Que je m'endorme peut-être ? Les minutes s'enchaînèrent, je restai encore éveillé en me répétant que les ombres ne vivent pas, elles n'observent personne, elles ne peuvent me voir. Le ronflement lent et rythmé de mes parents assoupis dans leur chambre fini par me bercer et doucement, tout doucement le sommeil que j'avais bravement combattu pendant plusieurs heures pris le dessus et je m'évanouis dans mes draps blancs.
J'avais maintenant quitté le trou, mais je me trouvai maintenant entre quatre murs de marbre, froids comme la glace, lugubres comme la mort. Je devais me trouver dans un caveau. Une voix triompha du silence infernal de la minuscule salle, la voix était douce bien que légèrement désagréable car morne et trop calme. Mais pas n'importe lequel, un calme dont fait preuve une personne mauvaise et froide comme la glace, stoïque, qui apporte le malheur.
-"Aimes-tu la vie ?" fit la voix.
Je me retournai mais ne distinguai derrière moi, sinon un tombeau, un sarcophage dont la roche épousait parfaitement les contours du corps défunt qui gisait à l'intérieur.
-"Oui." Dis-je.
-"Moi pas, je la déteste. Je déteste ceux qui l'aime, je déteste ce que les autres appellent la joie, le bonheur... J'ai en horreur tout ce dont je n'ai pas eu la chance de goûter au cour de ma misérable existence. La vie est horrible, le monde l'est aussi. Le monde empeste la gaieté et l'allégresse. Il grouille de gens qui puent eux-aussi, qui hurlent et rient, qui dansent et qui chantent. Je déteste le monde. Je déteste ce que vous appelez la joie. Quand j'étais jeune je m'imaginai que je pouvais trouver mon bonheur dans la mort. Malgré ça je n'ai jamais sauté le pas. Si je ne me suis pas suicidé c'est par pur orgueil et narcissisme, rien de plus. Si je déteste la vie, je haïs la mort. Sa désolation, son effroyable épouvante. Je préfère la vie à la mort. Toi, tu peux me donner la vie. Tu peux me redonner une nouvelle chance. Si j'ai été infâme dans mon ancienne vie, vil et mauvais dans mon ancienne vie, je m'en excuse. Aide-moi Joseph, tu es mon seul espoir. Aide-moi je t'en prie."
-"Comment ?" demandai-je.
Sa voix résonna de nouveau, reprise en écho par les épais murs.
-"Mes secrets me viennent des documents que tu as trouvé dans ma tombe. Laisse de côté mes livres, ils ne te seront d'aucune utilité. Promets-moi de m'aider. En retour je t'aiderai à réaliser un projet qui te tiens à coeur. Que désires-tu ?"
-"Je promet de vous aider si vous arrêtez de me hanter dans mes rêves."
Je cru entendre le son étouffé d'un soupir puis il déclara :
-"Ca n'est pas ainsi que tu dois ordonner. Je vois que tes parents ne t'ont rien appris des bonnes manières, de la bienséance, de la noblesse en quelque sortes."
Je soupirai à mon tour et dit enfin :
-"Je t'ordonne, Roka Noirbois, de ne plus me harceler dans mes rêves, en échange de quoi je vous aiderai."
La tombe s'effaça peu à peu jusqu'à disparaître dans les ténèbres profondes qui s'approchèrent dangereusement de moi. Les ombres glissaient, comme elles le faisaient dans mon jardin. Lorsqu'elles me touchèrent, je m'éveillai avec un mal de tête atroce, toujours torturé par cette bizarre impression qu'on m'avait volé quelque chose. Puis l'étrange affliction qui me coulait au lit devint encore plus insoutenable, mon corps s'agitait bizarrement, mes doigts tremblaient frénétiquement comme si ils tentaient d'agripper quelque chose d'impalpable. Je suai beaucoup et j'avais mal, atrocement mal. Mes parents étaient déjà partis travailler et m'avaient apporté mes médicaments et de quoi manger dans ma chambre. Je saisi le flacon et en versait quelque goûtes dans une cuillère en argent que je portai à ma bouche. Il y eut soudain au dessus de ma tête un énorme bruit qui semblait venir du grenier qui me fit brutalement sursauter.
-"Père ?" Criai-je. "Mère ?" "Léandre ?"
Pas de réponse. Il y avait pourtant quelqu'un en haut. C'était certain, j'avais cette désagréable impression d'être observé ou espionné. L'envie de monter pour voir ce qui était à l'origine de ce bruit me pris, c'était comme un appel, une force invincible et irrésistible qui m'incitait à m'approcher, à grimper les marches unes par unes en titubant, à pousser la porte du grenier et à m'engager dans son obscurité étouffante et omniprésente qui m'envahissait comme le brouillard envahit les vieux ports.
-"Il y a quelqu'un ?" Questionnai-je.
J'eus en guise de réponse un étrange cri aigu. Puis une souris passa devant moi et se terra entre les vieux documents de mon oncle. C'est à ce moment que la peur me saisit à la gorge et insuffla la douloureuse et épuisante épouvante qui m'a paralysé pendant quelques minutes. Une voix résonna, étrange et froide comme la glace, sournoise, vile et mauvaise. Je l'avais déjà entendu, dans mon rêve, dans la tombe.
-"Ah, Joseph. Je t'attendais." Fit la voix.
Je me tournai brusquement et distinguai les même lueurs verdâtres qui dans le noir brillaient. Je demeurai immobile et me préparait à me défendre. Il était cinglé, et dangereux, on peut s'attendre au pire avec ce genre de déséquilibrés.
-"Tu as déjà trouvé dans mes papiers ce qui pourra me ramener à la vie ?" Demanda-t-il.
Je bégayai que non et que malade comme je l'étais je ne pourrai pas faire quoi que ça soit avant un certain temps.
-"Comme c'est dommage, dit-il méchamment, tu as, il me semble bien, trouvé la force nécessaire pour te lever et venir jusqu'ici. Tu veux essayer de me faire croire que tu n'es pas en mesure de promener tes yeux sur un bout de papier. Entendons-nous bien, je te laisse deux semaines, après quoi je m'attaquerai aux membres de ta famille."
Ma peur se transforma en colère, je serrai le poing et ma respiration s'accéléra.
-"Oh intéressant. Je l'ai foutu en colère. Allez, viens me montrer ce que tu sais faire." Dit-il amusé.
Rassemblant ce qu'il me restait de force je m'avançais vers lui d'un pas décidé et m'apprêtai à frapper juste en dessous de ses deux yeux qui luisaient comme des lanternes empoisonnées. Lorsque je fus tout près je levai le poing pour l'abattre sur mon adversaire; celui-ci fut plus rapide que moi, en un clin d'œil sa main glaciale fut sur ma gorge et la serrait.
-"Tu es un idiot, Joseph." Fit-il en me repoussant jusqu'au seuil de la porte. Puis il ajouta "Deux semaines Joseph, pas un jour de plus." Il esquissa ensuite un geste de la main pour me signaler que la conversation s'arrêtait là et disparu à nouveau dans les ténèbres du grenier.
Je descendis dans ma chambre en titubant et en haletant, pas le temps de manger ni de prendre des médicaments, je devais m'y mettre tout de suite. Appeler la garde ou les voisins ne serait d'aucune utilité, de toute évidence il serait déjà parti et viendrait me tuer pendant mon sommeil. Je me jetai alors sur ma commode et ouvrait les tiroirs. Je saisi les livres et ouvrait le premier, intitulé le Compendium des Ombres. Glissé dans celui-ci il y avait des feuilles jaunies et froissées que mes mains saisirent délicatement.
Il y avait sur les premières des dizaines et des dizaines de dessins, de pentagrammes, de signes étranges, des yeux, des figures géométriques que je n'avais jamais rencontré. Des croquis de créatures cauchemardesques et bestiales. Je les feuilletai rapidement jusqu'à tomber sur les premières couvertes d'écriture minuscule.
-"Du charabia" pensai-je en lisant les quelques premières lignes. Je n'ai pu rassembler que quelques extraits, le reste était parfaitement illisible.
"Et des mondes sous-marins..... Jour viendra où le dormeur s'éveillera pour... N'gha n'gha nay Shudd-Abthoth... Démons aux visages tordus que l'obscurité a rendu si familière. Loué soit Uwar-Mathil et ... des sombres espaces ils reviendront... Hurlement déchirera la terre et le monde flamboiera... Flammes créatrices dévoreront lentement... d'un holocauste ténébreux et sauvage... Soit-il à jamais, gloire à Kyagath et Umhr-Athon gardiens du vide et des ombres, loués soient-il à jamais."
Ca ressemblait en fait beaucoup à une prière, mais je n'eus pas le temps de m'attarder là-dessus. Un paquet de feuilles abîmées m'attendait. Je passai deux heures à rechercher les foutus documents de mon arrière grand-père et mettais de côté tout ce qui était susceptibles d'être les papiers en questions. A la fin de mon tri j'étais sûr que la solution de son problème se trouvait dans l'une des feuilles mises de côté. Je commençai donc par lire la première. Elle parlait des rites bizarres et impies que certaines tribus qui hantaient de vieilles îles posées sur les noirs océans, il semblait qu'elles avaient trouvée le secret de l'immortalité. Mais personne n'avait pu vérifier, des fanatiques étaient d'après les notes de mon grand-père, venus pour voler les secrets des indigènes. Comme ils ont refusés d'obéir ils ont invoqués les innommables entités M'ghaar et Z'rho'aif qui ont décimé la population.
Aucun intérêt à ça. Je regardai la seconde. Elle traitait de la nécromancien et de la possibilité de donner la vie une seconde fois. "Résultat très peu concluant, le cadavre a bougé les doigts à trois reprises avant d'éclater en milles morceaux" était-il écrit au bas de la feuille.
La troisième n'était qu'une large feuille jaunies et déchirée. La majorité du texte avait été arrachée et je ne pouvais lire que les mots mystérieux :
"Tu ne pourra revenir se rend sur ta tombe et te soumette à trois requêtes, ordres ou questions. Et on ne peut te faire revenir qu'une fois ! Une seule et unique fois !"
Je relus la phrase une seconde fois, puis une troisième. Elle demeurait toujours aussi obscure. Mes lèvres s'articulèrent machinalement et je répétai la première phrase à voix basse :
"Tu ne pourra revenir se rend sur ta tombe et te soumette à trois requêtes, ordres ou questions."
Revenir si on se rend sur ta tombe et soumettre à trois requêtes, ordres ou questions ?
Des bribes de souvenirs me revinrent alors en mémoire, je revis le trou, froid et humide dans lequel j'avais rencontré le fourbe animal. Je me souvenais de son ordre, de son insistance :
"On ne supplie pas ! On ordonne d'une manière explicite ! Tu dois dire : Je t'ordonne, Roka Noirbois, de me lâcher immédiatement. C'est ainsi qu'on s'exprime quand on est instruit !"
J'étais dans le sombre caveau maintenant, entre les quatre murs de marbre. Je me souvenais de ma phrase :
"Je t'ordonne, Roka Noirbois, de ne plus me harceler dans mes rêves, en échange de quoi je vous aiderai."
Des ordres ! Je lui avais donné des ordres, deux sur trois ! Il m'avait piégé, à deux reprises. J'ignore comment il comptait me piéger à nouveau et je n'avais aucune envie de le savoir. Mais le fait est qu'il pouvait me forcer à le faire. J'avais peur et il le savait. Il allait tuer mes parents si je ne m'exécutai pas. J'avais deux semaines, non pas pour lui venir en aide. Mais pour le faire revenir et le tuer. Et si j'avais appris quelque chose au cours de ces dernières années, c'était que les livres sont les meilleurs instructeurs qui soient. Durant ma convalescence je passai mes journées penché sur les livres de mon arrière grand-père, si il fallait le combattre je devais utiliser les mêmes stratagèmes que lui. J'explorai donc brièvement les arts sombres et faisais d'étranges découvertes. Au moins trois fois par jour je sortais discrètement et me rendais dans la forêt pour m'exercer. Je ne sais pas trop si l'entraînement a porté ses fruits, je l'espère.
Mon mal disparut subitement pendant la nuit du mardi au jeudi, le lendemain je retournai malheureusement à l'école mais je ne manquai pas d'emporter les bouquins de mon ancêtre que je lisais discrètement en classe. Il va sans dire que ma maîtresse m'a repéré, mais fort heureusement elle ne l'a dit à personne.
Lorsque je suis rentré je me suis encore disputé avec mes parents. Ca arrive de plus en plus régulièrement ces temps-ci, depuis que je me suis mis à apprendre les arts ténébreux, je me sens comme changé. Cette fois-ci c'était ma mère qui avait trouvé un lapin égorgé je ne sais plus où dans ma chambre. Je lui ai expliqué que je l'avais trouvé encore en vie et l'avais ramené à la maison pour le garder, mais qu'il avait dû se blesser alors qu'il gambadai. Il fallait que je lui cache la vérité. Des sacrifices. La vie d'un animal pour sauver celle de mes parents. Je n'aime pas faire ça mais je n'avais pas vraiment le choix. Les deux semaines s'écoulèrent enfin, plus vite qu'à l'habitude on aurait dit. Le jour J je gravis une par une les marches qui menaient au grenier. Je soufflai et prenait mon courage à deux mains puis j'entrai.

ACTE III : L'héritier de l'ombre
Chapitre III :

L'obscurité était incroyablement froide et épaisse, je voyais à peine devant moi.
-"Roka Noirbois ?" Appelai-je enfin.
Les deux yeux verts brillèrent juste en face de moi et me toisaient, reflétant toute la haine de mon horrible aïeul.
-"Ah, Joseph, voilà ce que tu va..." articula-t-il. Je ne lui laissai pas le temps de finir sa phrase et coupais brutalement par :
-"Oh, ne gaspillez pas votre salive, Noirbois. J'ai compris votre petit jeu. Les ordres que vous me forciez à formuler, tout ça. Je suis au courant de tout."
Il plissa légèrement les yeux et je cru voir sa tête s'incliner sur le côté comme si mes aveux l'étonnait.
-"Le Compendium des ombres.. Les Manuscrits ésotériques... Le Tome des sorcières... Ils sont des ouvrages uniques, incroyablement bien rédigés. Ils m'ont.. Bien renseigné sur vos pratiques. Pas autant que votre journal intime dont je n'ai lu que les dernières pages, mais je sors de ces lectures, assez éclairé. La corruption du rêve est une technique singulière, je dois dire qu'elle aurait pu m'échapper si vous ne vous étiez pas autant "vanté" des enseignements de votre ancienne instructrice. Leana ? "Et tant que l'esprit sera en vie, il pourra, entrer en contact avec celui que l'influence démoniaque aura marqué, et ce, jusqu'à la destruction de l'esprit." C'est un extrait du Tome des sorcières, vous devez le connaître. Je présume que vous avez appliqué la marque des ténèbres ou la marque démoniaque sur votre journal intime, car vous redoutiez votre mort, mais, calculateur comme vous êtes vous aviez tout prévu, et vous avez appliqué cette aura; cette... Marque sur votre journal, attendant patiemment la venue de la faucheuse. Et c'est là que j'ai eu la mauvaise idée de vous déterrer, poussé par le désir d'en savoir infiniment plus sur vous, sur mes ancêtres qu'on disait fou ! Et lors de notre dernière rencontre vous avez cru bon de m'interdire de toucher à votre journal, vous saviez que curieux comme je suis je n'aurai pu résister ! Si je fais une chose aussi... Aussi débile que de sortir de la terre une tombe, pourquoi je n'ouvrirai pas un journal ?! C'est ça que vous avez pensé ! Et vous aviez tout prévu depuis le début, vous êtes mort depuis plus de quatre-vingt ans, et pendant ces longues années vous prépariez votre retour, attendant juste que quelqu'un soit assez... Assez con ! Assez con pour venir vous déterrer."
Il applaudit chaleureusement et demanda :
-"Reproche-t-on au serpent de chasser ?"
-"Vous êtes un monstre ! Vous êtes vil, sournois, mauvais ! Ca ne m'étonne pas que vous détestiez la vie ! Vous la détestez parce que vous faites tout pour qu'on vous haïsse ! Comment peut-on vivre heureux dans un monde où tout le monde nous haït ?! Il y a ceux qui sont du côté de l'amour et ceux qui sont du côté de la haine, vous êtes de celui de la haine et vous mentez quand vous dites que vous allez changer !"
-"Et alors quoi ? Gronda-t-il. Qu'est-ce que tu compte faire ? Tu as peut-être dans l'idée de ne pas me venir en aide ? De me laisser moisir c'est ça ? Et alors, les oiseaux chanteront gaiement, le monde déchiré par les incessants conflits, se tiendra la main, et les gens riront, danseront et chanteront, tout ça sous l'œil d'un soleil vespéral et tumescent; les vénérables forêts se soulèveront, les arbres arracheront leurs racines pour se joindre à cette joyeuse célébration. Et le monde, libérer du fardeau que je suis, le monde d'habitude si farouche, continuera son chant toute la nuit, jusqu'à créer un paroxysme d'hilarante harmonie ! C'est comme ça que tu vois les choses hein ? Tu suppose que ça va te sauver ? Si tu es dans cette logique là, tu va devoir regarder tes parents mourir ! Tu crois que je n'en suis pas capable ? Je peux te détruire sur le champ ! Si tu es en vie c'est uniquement parce que je le désire."
Je secouai frénétiquement la tête pour signifier que non, puis je m'écriai :
-"Non ! C'est faux ! Si je meurs vous ne pourrez revenir, vous serez condamné à errer jusqu'à ce qu'on vous remarque et qu'on détruise votre esprit ! N'importe quel prêtre en est capable !"
Il pouffa de rire et j'attendis que son hilarité cesse d'elle-même. Puis il reprit :
-"Espèce d'idiot ! Tu ne comprend donc pas que lorsque tu va mourir, on videra ta chambre ? Quelqu'un touchera forcément mon journal intime et si c'est ton abruti de père ou bien ta catin de mère je vais me faire un plaisir de les torturer chaque nuit, jusqu'à ce qu'il me supplie de les achever une fois qu'ils auront exécuté ma volonté !"
Il avait raison. Il avait tout planifié, depuis le début.
-"Vous me faites détester le monde. J'avais encore confiance en l'homme avant de vous rencontrer ! Vous êtes monstrueux !"
-"Mais il n'y a rien à aimer dans ce monde, dit-il froidement, le monde pue. Il empeste, il empeste tellement qu'on ne peut le décrire que comme une immense fourmilière, un terrier à l'odeur ignoble et oppressante; lourde et omniprésente ! Dans ce joyeux pandémonium que nous nommons notre terre, s'agite d'innombrables créatures, pour ne pas dire des hommes, qui se bousculent, hurlent, se battent et se méprisent ! Et ces bestioles, que tout le monde s'évertue paradoxalement à appeler des hommes, puent eux aussi. Ils sentent l'urine, l'échec, la pauvreté et la saleté ! Fantastique pestilence, odeur de gaieté et de joie, mêlée au subtil parfum délicat de la mort. Mais même la mort est paresseuse et injuste, sinon elle aurait depuis longtemps débarrassé de notre univers tous ces misérables déchets sans-cervelle ! Il n'y a rien à aimer dans le monde ! Il n'y a jamais rien eu ! Ceux qui prétendent être heureux vivent dans une placide illusion, mais ce masque derrière lequel ils se réfugient, se fragilise, se craquelle et s'apprête à se briser. Car, bientôt le monde changera, lorsqu'ILS l'auront décidé et ce jour-là, lorsque la terre brûlera, lorsque les infidèles seront sacrifiés en leurs noms au cour de nos rituels, ce jour-là, les hommes pourront prétendre être parfaitement heureux et comblé ! Quand la justice aura enfin un nom et un visage, les leurs !"
De toute évidence il était complètement frappé. Le contredire ne servait à rien, il démolirait mes arguments aussi aisément qu'il balayait un château de cartes. Je tentai donc de le provoquer.
-"Dites moi, lui dis-je, est-ce que ça vous arrive souvent de... Délirer comme vous venez de le faire ? Votre dérèglement verbal est, je dois l'avouer, assez intéressant mais si vous voulez vous... Faire une place au sein de la société d'aujourd'hui il va falloir vous prendre une bonne douche froide."
Je crus distinguer un visage dans l'épaisse obscurité et celui-ci arborait fièrement un sourire.
-"Ecoute moi bien. Je n'ai pas vraiment de temps à t'accorder, je suis pressé et toi aussi. Cependant, si tu t'avise de persévérer dans la provocation, je me verrai dans l'obligation d'occire ton père, ce qui serait fort dommage, n'est-ce pas ?"
Je laissai s'écouler quelques secondes. Le temps de réfléchir et de gagner du temps. Puis je lui demandai :
-"Pourquoi être du côté de la haine ?"
Il hésita quelque instants, comme si il cherchait à trouver les mots justes puis il déclara :
-"Parce qu'elle s'oppose à l'amour et à la joie. Parce que la haine est réelle, elle existe. L'amour non. La joie non plus. La haine vie parce que je la ressent, je la sent circuler en moi. L'amour n'est qu'une illusion. Il n'y a rien à aimer sinon sois-même; mais la majorité des gens sont trop stupides pour s'aimer eux-mêmes. Il en est de même pour la joie, c'est une pâle chimère. Elle n'existe pas, elle n'a jamais existé."
-"Peut-être, dis-je, que vous n'avez jamais vraiment connu ces sentiments que vous qualifiez de chimères et de fantasmes. Vous les avez effleurés, ou brièvement aperçu."
-"Il m'arrive parfois de me dire que ça peut-être ça. Il est vrai que, j'aurai pu, si je l'avais vraiment souhaité, bifurquer vers ce que vous appelez le bonheur, l'amour, la joie. J'aurai pu si l'enchaînement des circonstances ne m'en avait pas empêché. Il est vrai que j'ai légèrement côtoyé l'amour, mais dans un sens seulement. Quand j'ai rencontré ton arrière grand-mère je l'appréciait, je ne l'aimait pas. Elle si. Et donc notre "amour" n'avait aucun sens. Et c'est parce qu'il était dépourvu de sens que je n'ai jamais pu goûter à ce.. Ce bonheur dont vous me rabattez sans cesse les oreilles. Mais je ne regrette rien au final.... Bon, il suffit, passons à la dernière étape. J'ai beaucoup de choses à vivre."
Je soupirai longuement et rassemblait ce qu'il me restait de courage pour m'adresser faire mes adieux à mon ancêtre.
-"Bien, fis-je, alors... Allons-y. Me voilà en fait partagé, vous avez été plutôt désagréable voir mauvais avec moi, mais je ne m'attendais pas à mieux de votre part. En revanche, la pression que vous avez mise sur moi m'a permis une chose : Apprendre les bases de la magie. Hmm.. Magie noire, mais je crois que ça me servira. Alors voilà, je vous ordonne, Roka Noirbois, de laisser mes parents en paix, quoi qu'il arrive, en plus de vous éloigner de la maison pour une période d'un an grand minimum . Ca sera tout. D'ici cinq minutes vous devrez être parti."
Je n'entendis plus rien pendant quelques instants. La lueur verdâtre s'était estompée, disparue dans l'obscurité du grenier, ardemment j'espérai ne plus jamais les voir briller. Mais "ses" enseignements allaient me servir. Il fallait le reconnaître.
Il y eut ensuite un énorme craquement qui me fit sursauter. Ca venait de devant moi, quelques mètres en face, ça semblait venir de la tombe !
Je me précipitai sur celle-ci soulevait difficilement le couvercle. Je m'attendais à voir surgir un serpent, à voir ce visage blême et dur que j'avais aperçu la première fois. Mais il n'y avait rien. Rien hormis les ténèbres et la délicate odeur du tombeau. Un rayon de soleil entra par la fenêtre du grenier et se déposa sur le cercueil. Le soleil du dehors qui jusqu'à présent s'était terré derrière les sombres nuages se montrait timidement. Il était parti. Il était loin. J'ignore par quels moyens il s'était éclipsé, sans doute les sombres arts et enseignements étranges qu'il avait reçu l'avait aidé. Je souhaitai qu'il ne revienne jamais plus.
-"Adieu." Murmurai-je en faisant volt-face.
Je marchai quelques instants, puis mes jambes faiblirent, ma vue se brouilla, et je tombai sur le seuil de la porte, inconscient et incroyablement faible. Je me souviens avoir rêvé, de la clairière dans laquelle mon ancêtre m'avait emmené, mais le trou n'était plus-là. Il n'y avait que la noble faune et la majestueuse flore, eux, et moi. C'était bon, j'avais trouvé le bonheur. La joie et l'allégresse. Sentiments que mon ancêtre avait cherché, en vain.
Quand je me mis debout j'étais dans ma chambre, le bruit de ma chute avait dû attirer mes parents, et alertés par mon état ils avaient contacter un médecin. Je restai au lit une semaine, incapable de me déplacer, seulement d'attendre et de rêver. De ces vertes prairies, de ces vénérables oiseaux, de ces grands arbres fleuris...
Lorsque j'eus assez de force pour me mettre debout je m'emparai du journal intime de Roka Noirbois et créai au bout de mes doigts, une légère étincelle. Le papier se courba, rongé par les flammes créatrices. Tout ceci allait prendre fin, dans une minute, ce livre maudit ne serait plus qu'un petit tas de fine poussière grise...
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Yuri Boyka
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Dim 15 Aoû - 20:44

silver80 a écrit:
ben je dis : respect , pour avoir le courage d'écrire autant , je ne l'ai pas encore lu je suis en train. Moi j'ai pas d'imagination pour BG enfin bref je m'égare , qu'une chose a dire : bravo.

Bah tu sais quand on n'a que ça à faire... Rolling Eyes
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silver80
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Dim 15 Aoû - 21:08

et? il a quand même bien réussi je trouve

HS: première fois que je vois yuri pas parler en kikoo '_'
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Dim 15 Aoû - 21:10

Fail ce n'est pas la première fois :hap:
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Dim 15 Aoû - 21:19

silver80 a écrit:
et? il a quand même bien réussi je trouve

HS: première fois que je vois yuri pas parler en kikoo '_'

Moi aussi j'écris, enfin j'passe pas tout mon temps libre à ça, ce qui explique que mes BGs soient relativement petits par rapport au sien, mais si je m'étais beaucoup plus investi dans mes RPs(au lieu d'en écrire un tous les mois xD), j'aurais pu faire autant voire même plus... :noel:
Après, je parle de la longueur, après la qualité j'en sais rien...

Sinon : Oui, fail, j'suis loin d'être un kikoo.
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silver80
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Dim 15 Aoû - 22:14

jamais dit que tu étais un kikoo , j'ai dis que tu parler kikoo , nuance.
mais moi aussi je suis nul en BG. :'(
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Dim 15 Aoû - 22:25

"mais moi aussi je suis nul en BG. :'("
Toi et ?
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Dim 15 Aoû - 22:32

Son "frère" sûrement :hap: enfin non pas sûrement :koala:
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Yuri Boyka
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 10:08

silver80 a écrit:
jamais dit que tu étais un kikoo , j'ai dis que tu parler kikoo , nuance.

Jamais dit que c'est ce que tu avais prétendu. J'ai dit que contrairement à ce que je laisse penser de moi, je suis loin d'être ce que vous croyez.
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silver80
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 10:10

bon bref je vais laisser tomber pas envie de commencer a débattre avec tout le monde , le sujet pour l'instant c'est le BG de booty.
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Yuri Boyka
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 10:11

Bah pas ma faute si tu interprètes mal ce que je dis... Rolling Eyes
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silver80
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 10:13

bon on parle du BG de booty ou on continue de parler d'un sujet qui entrainera surement a flood?
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Yuri Boyka
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 10:13

À free post, mon ami, à free post. :noel:
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silver80
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 10:20

si tu veux , enfin bref , ta aimer le BG ou pas Yuri?
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 10:35

Citation :
j'aurais pu faire autant voire même plus... :noel:
Après, je parle de la longueur, après la qualité j'en sais rien...

Comme jerry du mec qui se la pète pas... Même si tu es mettais corps et âme tu réussirais pas un BG comme celui-là. C'est sûr, moi aussi je peux faire pareil en mettant : ge tu monstr pck ge pa noob ^^^^^^^^^^^^. Mais là c'est de la qualité hein, jamais tu feras un BG comme sa, tu en est loin, je crois qu'on en est tous très loin. Donc, évite de dire des choses que tu es sûr que tu ne fera jamais Smile
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 10:45

Merci d'arreter de parler entres vous, vous êtes sur sujet d'histoire Rp, veuillez parler de ce sujet, merci Smile.

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Yuri Boyka
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 11:16

Woozy a écrit:
Citation :
j'aurais pu faire autant voire même plus... :noel:
Après, je parle de la longueur, après la qualité j'en sais rien...

Comme jerry du mec qui se la pète pas... Même si tu es mettais corps et âme tu réussirais pas un BG comme celui-là. C'est sûr, moi aussi je peux faire pareil en mettant : ge tu monstr pck ge pa noob ^^^^^^^^^^^^. Mais là c'est de la qualité hein, jamais tu feras un BG comme sa, tu en est loin, je crois qu'on en est tous très loin. Donc, évite de dire des choses que tu es sûr que tu ne fera jamais Smile

Écoute mon très cher ami, ou plutôt erreur de la nature, tes commentaires à la con remplis de préjugés tu te les gardes pour critiquer l'acte de naissance te concernant, ça fera une chose d'utile accomplie dans ta vie, ok ?
Tu n'as JAMAIS lu mes BGs, tu n'as JAMAIS vu à quoi pouvait ressembler mon écriture dans ce genre de circonstances.
J'ai CLAIREMENT dit qu'écrire aussi long c'est aisément facile, avec beaucoup de temps libre et d'investissement. J'ai par ailleurs dit que faire un BG d'une bonne qualité était toute autre chose. Or allier les deux nécessite beaucoup de talent.

À l'avenir, tu éviteras de propager ta négativité à tout bout de champs à propos de choses dont tu ignores tout. Merci.

P.S. : Pour silver, oui, j'ai bien aimé, même si je n'ai pas tout lu, pour l'instant.

P.S. 2 : Le prochain qui se met à parler inutilement ou en H-S sera sanctionné.

P.S. 3 : Il n'y en a pas.
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   Lun 16 Aoû - 12:25

Rhoo non commencez pas. Et puis personnellement je le trouve que très moyennement réussi. Mis à part L'héritier de l'ombre qui est selon moi le meilleur acte, les autre bof bof.
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MessageSujet: Re: Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)   

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Au-delà de la tombe. (Histoire de Roka Noirbois)
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